Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
La ministre sénégalaise de la Justice Yacine Fall a rappelé jeudi 11 décembre que Paris n’avait toujours pas répondu aux demandes d’extradition de deux Sénégalais. Aucun nom n’a été donné, mais à ce jour, deux cas sont connus pour faire l’objet de ce type de procédure entre la France et le Sénégal : Doro Gaye et Madiambal Diagne. Ces deux proches de Macky Sall sont poursuivis dans deux affaires distinctes d’infractions financières.
Dans un communiqué publié vendredi 12 décembre, les avocats de Madiambal Diagne estiment que la décision cible directement leur client et vise à faire « pression » sur Paris. Le 25 novembre, la justice française n’avait pas tranché sur sa demande d’extradition, au motif qu’elle avait besoin de plus d’informations pour le faire. Cela à la fois sur les faits reprochés à cette voix critique du pouvoir actuel, mais aussi sur les garanties d’un procès équitable.
Pour les avocats de Madiambal Diagne, la posture sénégalaise « trahit l’impossibilité » pour Dakar de fournir ces compléments « compte tenu du caractère politique des poursuites ». La défense « entend bien tirer profit » du tournant diplomatique pris par le dossier, commente un professeur de droit international.
Officiellement, Dakar fait valoir la stricte application de la réciprocité. La France demande, de son côté, l’extradition de 12 personnes du Sénégal.