«Il est attendu » : De retour d’Alger où elle a été reçue par le président Abdelmadjid Tebboune, l’ancienne ministre Ségolène Royal a pressé lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de se rendre en Algérie. « Il faut que le ministre de l’Intérieur aille sur place, il est attendu », a assuré la socialiste sur TF1, alors que la coopération sécuritaire et migratoire est au plus bas sur fond de tensions profondes entre les deux pays.
Une visite de Laurent Nuñez, invité par son homologue, ne s’est pas encore concrétisée. Celui-ci a affirmé vendredi attendre d’Alger « des bougés très forts sur deux sujets » : « la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière », ainsi que « la situation de Christophe Gleizes ». « Il faut y aller, mais c’est évident que quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller », a estimé Ségolène Royal, présidente de l’Association France Algérie (AFA).
« Que monsieur Nuñez vienne comme il l’avait dit »
Ségolène Royal a dit avoir « parlé des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) » lors de son entretien avec le président Tebboune, qui sont un motif de crispation récurrent, Paris accusant régulièrement Alger de ne pas reprendre ses ressortissants sous le coup d’une OQTF. « Je lui ai dit : ”Pour les OQTF, est-ce qu’on peut faire davantage ?”. Il a dit : ”Que monsieur Nuñez vienne comme il l’avait dit” », a-t-elle affirmé.
Alors que la crise diplomatique entre la France et l’Algérie s’éternise et que les canaux officiels semblent à bout de souffle, Ségolène Royal s’est posée en médiatrice lors d’une visite à Alger en fin de semaine, à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne. Elle a obtenu l’autorisation de rendre visite en prison au journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et jusqu’à présent incarcéré en Kabylie, dont elle dit avoir « obtenu » le transfert dans un établissement pénitentiaire près d’Alger.
« Beaucoup de Français et beaucoup de responsables français, parce qu’ils exploitent politiquement cette fracture, ne veulent pas comprendre », a ajouté l’ex-ministre. « L’Algérie a beaucoup évolué. C’est un pays aujourd’hui qui investit, qui exporte et tous les pays sont là pour investir dans ce pays, sauf la France », a-t-elle ajouté, citant notamment les bonnes relations entre l’Algérie et l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou encore les États-Unis.