Riyad Mahrez, un leader pour l’Algérie

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Trois buts en deux matches, et pas n’importe quand. Un doublé pour commencer face au Soudan (3-0), le 24 décembre dernier à Rabat, comme il l’avait fait lors de sa première phase finale de Coupe d’Afrique des Nations le 15 janvier 2017 à Franceville contre le Zimbabwe (2-2), et un autre, sur penalty, quatre jours plus tard, lors du très attendu Algérie-Burkina Faso (1-0), synonyme de victoire et surtout de qualification pour les 8es de finale, avant même la troisième journée, bouclée par un nouveau succès face à la Guinée Equatoriale (3-1). Riyad Mahrez, laissé au repos mercredi et qui était très attendu par les supporters algériens avant la CAN, n’a pas déçu son auditoire.

Avant le début de la CAN au Maroc, l’ailier d’Al-Ahli (Arabie Saoudite) avait déjà rendu des copies à la fois satisfaisantes et rassurantes, d’abord contre la Somalie (3-0, le 9 octobre) en qualifications pour la Coupe du Monde 2026 avec un but et deux passes décisives, puis cinq semaines plus tard lors d’une victoire en Arabie saoudite en amical (2-0), avec un penalty inscrit en seconde période. “La question était de savoir comment il allait se comporter lors d’une phase finale, avec des matches de haute intensité. Car il ne faut pas oublier que sa CAN en 2024 en Côte d’Ivoire, à l’image de la sélection nationale, éliminée au premier tour comme en 2022, avait été un échec”, rappelle Nasser Sandjak, l’ancien sélectionneur de l’Algérie.

Revanchard après une CAN 2024 ratée

Les premières impressions sont donc largement positives. Même si Riyad Mahrez n’a pas tout bien fait à l’occasion des deux premiers matches de l’Algérie, il a, au moins provisoirement, mis les sceptiques de son côté. “Il ne faut pas s’attendre à revoir le Mahrez de la CAN 2019 (les Algériens avaient remporté la compétition organisée en Egypte et l’ailier, auteur de trois buts, s’était montré particulièrement brillant, ndlr), ou de ses plus belles années à Leicester et Manchester City”, intervient l’ancien attaquant Chérif Oudjani, passé par Lens et Sochaux et champion d’Afrique avec l’Algérie en 1990.

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Riyad Mahrez lors de la CAN 2025

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“Il va avoir 35 ans, il va moins vite, il n’a pas forcément quatre-vingt-dix minutes dans les jambes, il n’est plus aussi flamboyant, mais il est décisif et utile à l’équipe.” Lors de la CAN en Côte d’Ivoire, Mahrez, arrivé en surpoids, était totalement passé à côté de son sujet, et parmi les supporters et les journalistes, certains réclamaient, avec plus ou moins de nuance, qu’il prenne sa retraite internationale.

Avec Petkovic, une relation de confiance

Deux ans plus tard, l’ancien Citizen est toujours là, et la relation qu’il entretient avec Vladimir Petkovic, le sélectionneur bosno-suisse depuis février 2024, n’est pas étrangère à son retour à un niveau plus conforme avec son talent. Les deux hommes avaient eu plusieurs conversations, dont l’issue fût le retour du joueur en équipe nationale en septembre 2024.

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Riyad Mahrez après avoir marqué contre le Soudan (3-0)

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“Le Mahrez d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui de la CAN ivoirienne. Il est plus affûté, donc plus entreprenant, plus performant. Il avait sans doute été très affecté par les critiques. Oui, il peut rater des passes, des centres, perdre des duels, mais il est là, efficace et impliqué et capable de gestes de grande classe”, reprend Nasser Sandjak. “Il a la confiance de Vladimir Petkovic. Je ne sais pas si c’est la dernière CAN de Mahrez, mais je constate qu’il veut bien faire. Et puis, il a un énorme talent, et cela peut faire basculer un match en faveur de son équipe, sur un seul coup de patte.”

L’ancien joueur de Quimper et du Havre est également perçu par Chérif Oudjani comme “un relais du sélectionneur, car ils travaillent tous les deux en bonne intelligence, et un leader pour les jeunes arrivés récemment dans le groupe.” Son expérience des grands rendez-vous internationaux sera utile mardi face à la RD Congo, une des meilleures sélections africaines de ces vingt-quatre derniers mois. “Mahrez est à un âge où il faut savoir l’utiliser au mieux. Petkovic sait le faire. Mardi, l’Algérie va disputer un vrai gros test contre la RDC, qui me fait très bonne impression. L’équipe devra être très forte pour se qualifier, car ce sera un match très difficile”, prévient Nasser Sandjak. Et son capitaine aura encore une fois un rôle important à jouer au sein d’un sélection qui affrontera, en cas de qualification, le vainqueur de Nigeria-Mozambique.