Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff
Au Sénégal, c’est une polémique qui a été relancée dimanche 4 janvier avec la livraison des 76 premiers véhicules [vraisemblablement des 4×4 Toyota Land Cruiser Prado, NDLR] au siège de l’Assemblée nationale.
« À quel prix ces voitures ont-elles été achetées et auprès de quel fournisseur ? », s’est insurgé le député de l’opposition Thierno Alassane Sall. Sur les réseaux sociaux, il dénonce un manque de transparence sur le processus d’achat de ces voitures et affirme que la procédure se serait faite sans appel d’offres ouvert.
Autre point de discorde : la décision prise en janvier 2025 par le parti au pouvoir, Pastef, de supprimer l’indemnité mensuelle de déplacement des députés — fixée à 900 000 francs CFA (environ 1 370 euros) — pour la remplacer par l’attribution de véhicules de fonction, utilisables pendant toute la durée du mandat.
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Des modèles jugés trop onéreux
Le Pastef présente cette mesure comme une mesure d’économie et de rationalisation des dépenses. Mais dès son annonce, en juin 2025, elle avait déjà fait débat, y compris au sein de la majorité, en raison du manque de consultation avec les députés.
Aujourd’hui encore, certains élus s’interrogent sur la pertinence du choix des modèles, jugés trop onéreux, alors que le pays traverse la pire crise budgétaire de son histoire.
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, dément toute irrégularité et assure avoir respecté les règles sans toutefois donner plus de détails.
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