Longtemps en crise, les Léopards ont changé de visage depuis l’arrivée du sélectionneur français Sébastien Desabre, artisan d’une réorganisation profonde qui les conduit, ce mardi, à défier l’Algérie en huitièmes de finale de la CAN 2025.

Mardi à Rabat, la RD Congo affronte l’Algérie en huitièmes de finale de la CAN 2025, dans un choc entre deux des meilleures défenses du tournoi. Face à des Fennecs dominateurs dans le jeu, les Léopards assument une position d’attente, disciplinée et patiente, à l’image du projet porté par Sébastien Desabre. Mbemba, Bakambu, Tuanzebe ou Wan-Bissaka incarnent cette équipe désormais respectée, capable de rivaliser avec les poids lourds du continent.

Le chantier Desabre, enfin abouti

En quête d’une première qualification pour la Coupe du monde depuis 1974, la RD Congo sort de deux décennies de frustrations. L’arrivée de Sébastien Desabre a marqué une rupture nette. En quatre ans, le technicien français a redonné une identité claire aux Léopards, alliant rigueur défensive, transition rapide et profondeur de banc.

La motivation est aussi venue d’en haut. Selon Sport News Africa, le président Félix Tshisekedi avait promis une prime exceptionnelle d’un million d’euros par joueur en cas d’accès aux barrages intercontinentaux du Mondial 2026. Mission accomplie après des succès retentissants face au Cameroun puis au Nigeria. La CAN arrive donc à point nommé pour prolonger cette dynamique.

Une RDC attendue, enfin respectée

Quatrièmes lors de la dernière CAN, séduisants mais encore irréguliers, les Congolais ont changé de statut. Désormais, ils sont attendus. Sébastien Desabre tempère pourtant toute euphorie :

« En Afrique, rien n’est jamais acquis. Notre première mission est de sortir du groupe. Le Sénégal, le Bénin et le Botswana sont des adversaires solides. »

Mais le discours masque à peine des ambitions plus élevées. Battre le Cameroun et le Nigeria n’est pas anodin. La RDC sait qu’elle a changé de dimension, à condition de gagner en constance. Prônant l’humilité, Desabre veille à ne pas placer ouvertement la barre trop haute, bien qu’on ne se doute que les ambitions soient plus grandes que les objectifs déclarés : « En Afrique, rien n’est jamais acquis. Notre première mission sera de franchir la phase de groupes. Le Bénin, le Botswana et le Sénégal sont des adversaires solides, qui n’ont pas volé leur place. La tâche sera exigeante. »

Mbemba, symbole d’une renaissance

Le retour en grâce de Chancel Mbemba résume à lui seul cette trajectoire. Mis à l’écart à l’OM, le capitaine des Léopards a retrouvé son rang en sélection. Son penalty décisif face au Nigeria reste l’une des images fortes de cette campagne qualificative.

Leader charismatique, Mbemba incarne une RDC sûre d’elle, disciplinée, solidaire. « Rien n’a été facile, mais chaque étape m’a rendu plus fort », confiait-il récemment, saluant le soutien indéfectible des supporters.

Son influence est d’autant plus précieuse que les Léopards doivent composer sans Yoane Wissa, blessé, dans un contexte délicat lié à son transfert vers Newcastle.

La force tranquille de la diaspora

Autre marqueur du projet Desabre : l’attractivité retrouvée de la sélection. Longtemps hésitants, les binationaux répondent désormais présents, et de plus en plus jeunes. Noua Sadiki, Mario Stroeykens, Ngal’ayel Mukau incarnent cette nouvelle génération séduite par un projet crédible et structuré.

📢 𝐌𝐀𝐓𝐂𝐇𝐃𝐀𝐘 | 𝟖𝐞 𝐃𝐄 𝐅𝐈𝐍𝐀𝐋𝐄 – 𝐂𝐀𝐍 𝟐𝟎𝟐𝟓

🐆 LE XI DE DÉPART DES LÉOPARDS 🇨🇩
🆚 Algérie 🇩🇿
🏟 Stade Moulay Hassan – Rabat
🕔 Coup d’envoi : 17h00

🧤 Mpasi
🛡 Mbemba (C) – A. Wan-Bissaka – Tuanzebe – J. Kayembe
⚙️ Mukau – Moutoussamy – Sadiki
⚡ Elia –… pic.twitter.com/zmSmQdXcP2

— Fecofa RDC_Officiel (@FecofaRdc) January 6, 2026

À cela s’ajoutent des profils expérimentés comme Aaron Wan-Bissaka, Axel Tuanzebe, Samuel Essende ou Michel-Ange Balikwisha. Dernier renfort en date : Wilfried Bondo, milieu du Milan AC prêté à Cremonese. Une densité rare, reflet d’un vivier immense enfin exploité.

L’antichambre des grands… avant le grand saut ?

La RD Congo n’avance plus masquée. Elle s’installe dans l’antichambre des cadors africains, consciente que la CAN n’est qu’une étape vers l’objectif suprême : un retour en Coupe du monde, plus de cinquante ans après l’épopée du Zaïre.

Une victoire contre l’Algérie, ce mardi à Rabat, propulserait définitivement les Léopards dans une autre dimension. Et confirmerait qu’au-delà du slogan, « Debout Congolais », la RDC est bel et bien debout — et ambitieuse.