Près du littoral de Sidi Moussa, les promeneurs, souvent en famille ou accompagnés de proches, déambulent le long des rochers, profitant d’une brève accalmie météorologique et de la douceur de l’air, dans une atmosphère conviviale et détendue.

Sur place, plusieurs habitants de Salé expliquent leur attachement au bord de mer, même en période de pluie. «Nous aimons venir ici observer la mer et savourer le charme de ce temps», confie l’un d’eux, évoquant un véritable rituel urbain empreint de sérénité.

Interrogé sur l’évolution de la ville, le même habitant exprime le souhait de voir davantage d’efforts engagés par les autorités locales pour renforcer la modernisation de Salé et hisser la cité au rang des villes les plus structurées et attractives du Royaume.

À l’intérieur des murailles, notre équipe a pu constater l’avancement progressif des travaux de réaménagement de la plage. Dans ce cadre, le marché traditionnel de poissons a été transféré vers le petit port, à l’abri des zones de fréquentation touristique, afin d’améliorer l’organisation des activités halieutiques et de revaloriser l’espace public.

Ville au riche héritage historique, Salé trouve ses origines dans l’Antiquité et était mentionnée par les Romains sous le nom de Sala Colonia. Son essor s’accélère dès le 11ème siècle sous les Ifrénides, avant de connaître une période de prospérité sous les dynasties almohade et mérinide, lorsque son port devient un centre névralgique du commerce maritime et de la construction navale.

Au 17ème siècle, la cité s’illustre notamment par ses corsaires — les célèbres Sallee Rovers — inscrivant durablement son nom dans l’histoire maritime de la région.

Le déclin de la ville débute au 18ème siècle, à la suite d’un tsunami ayant modifié le cours du Bouregreg. Malgré cet épisode, Salé demeure un important foyer culturel et un bastion de résistance durant la période coloniale, conservant jusqu’à aujourd’hui une identité urbaine singulière, profondément ancrée dans la mémoire collective.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mennan

Le 03/01/2026 à 16h11