l’essentiel
Défait pour la première fois depuis 2016 en juillet 2025, Samir Ziani (1,68 m, 36 victoires, 1 nul et 4 défaites) a eu besoin de temps pour digérer cette déception. Depuis six mois, le boxeur de Villeneuve-sur-Lot, âgé de 35 ans, a fait beaucoup de changements dans son entourage. Il a aussi entrepris un rapprochement avec la Fédération marocaine de boxe anglaise pour la suite de sa carrière. Entretien.

Invaincu depuis 14 combats, vous avez perdu contre Khalil El Hadri, le 5 juillet 2025 à Clichy. Six mois après cette première défaite depuis novembre 2016, avez-vous digéré la déception ?

C’était ma première en dix ans. Psychologiquement, ça a été dur, mais ça m’a réveillé. C’était mental. J’étais absent. Mon premier adversaire, c’était moi-même. J’avais des pensées négatives, des doutes. Ma femme, mes enfants, ma famille ont vécu ça avec moi. Ils ont vu à quel point c’était difficile. Mais cette mauvaise expérience m’a servi de leçon. Elle m’a permis de voir qui était vraiment là pour moi. Ça m’a donné un coup de pied aux fesses. Après, je suis parti au Maroc, j’ai revu du monde, j’ai retrouvé le Samir battant. Ça m’a fait du bien. C’est la première fois de ma carrière que je parle aussi ouvertement de tout ça. Mais il faut agir, sinon rien ne change.

Vous dites que vous avez eu besoin d’agir. Quels changements avez-vous opérés ?

Avec le Blagnac Boxing Club, c’est terminé. Je ne m’entraîne plus là-bas. Je ne m’entraîne plus avec personne en particulier. J’ai d’autres coachs avec qui je travaille. Je mets aussi les gants à Bordeaux, dans plusieurs structures que je connais bien. Ce que j’ai gardé, c’est mon staff de préparation physique et médicale, qui sont dans la région toulousaine. Heureusement, j’avais anticipé tout ça inconsciemment. J’ai tout sur place désormais : ma salle agrandie, mon matériel…

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À 35 ans, comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

Je devrais combattre au mois d’avril à Marseille. Je suis aussi en contact avancé avec la Fédération royale du Maroc de boxe. On m’a proposé d’intégrer le top 10 africain, mais pour ça, il faut une licence marocaine. Avec mon niveau, je peux y entrer facilement. C’est la route la plus stratégique pour revenir au top international. J’y réfléchis depuis longtemps, depuis juillet dernier.

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« Une manière de me rapprocher de mon pays d’origine pour finir ma carrière »

Concrètement, ça se traduirait par quoi ?

J’aurais accès à des structures d’entraînement en France et au Maroc, prises en charge par la Fédération royale marocaine. Des camps professionnels pour continuer ma carrière et bien la terminer. Ensuite, à plus long terme, il y aura des combats au Maroc, pour un titre continental africain. Tout ceci est encore en discussion. Pour le reste, rien ne changerait. Je reste à Villeneuve-sur-Lot. Ma famille est ici. Je ne pars pas vivre au Maroc. Je garde mes affaires, mes coachings, mes engagements politiques en Lot-et-Garonne.

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Qu’est-ce qui a motivé votre volonté de vous rapprocher du Maroc ?

Pour moi, c’est une manière de me rapprocher de mon pays d’origine pour finir ma carrière, tout en restant fier de ce que j’ai fait pour la France. Le Maroc, c’est le pays où sont nés mes parents. J’y vais pendant mes vacances. Toute ma famille est à Fès et Meknès. J’ai un bon réseau là-bas, dans la boxe et autour. Je connais le président de la Fédération royale marocaine de boxe depuis longtemps et j’ai aussi des contacts avec la famille Rahilou. Khalid, Franco-Marocain comme moi, est champion du monde plusieurs fois à Las Vegas. J’ai aussi échangé avec des responsables politiques là-bas. Ils m’ont invité à Marrakech, au Trophée des Marocains du Monde, où j’ai été félicité et mis à l’honneur. Ils étaient fiers de voir qu’un boxeur d’origine marocaine représentait la France. Ça m’a touché. J’ai été honoré sous le drapeau marocain, et ça m’a fait réfléchir.