par Joe Cash
Le ministre chinois des
Affaires étrangères, Wang Yi, a entamé mercredi sa tournée
annuelle du Nouvel An en Afrique alors que Pékin cherche à
développer son accès stratégique au commerce sur le continent en
sécurisant les principales voies de navigation et les lignes
d’approvisionnement en ressources.
Wang Yi, dans une tournée qui se poursuivra jusqu’au 12
janvier, se rendra en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie, et au
Lesotho.
Dans le cadre de son initiative de la Nouvelle route de la
soie (“Belt and Road Initiative”), la Chine s’efforce à mettre
en avant ses partenaires africains pour élargir ses marchés
d’exportation, en particulier dans les économies telles que
l’Éthiopie, où le FMI prévoit une croissance de 7,2% cette
année.
La Chine, premier bailleur de fonds bilatéral au monde, est
confrontée à la concurrence croissante de l’Union européenne
pour le financement des infrastructures africaines, les pays
touchés recherchant désormais des investissements plutôt que des
prêts.
“Le véritable test décisif pour 2026 n’est pas seulement
l’arrivée d’investissements chinois, mais l”africanisation’ de
ces investissements. Lorsque Wang Yi se rendra dans des pays
comme l’Éthiopie et la Tanzanie, la conversation devra porter
non seulement sur la construction de routes, mais aussi sur la
construction d’usines”, a observé Judith Mwai, analyste
politique à la société de conseil axée sur l’Afrique Development
Reimagined.
“Pour les dirigeants africains, cette tournée est l’occasion
d’exiger que les projets chinois ‘petits mais beaux’ ciblent
spécifiquement nos lacunes industrielles, en transformant les
matières premières africaines en produits finis sur le sol
africain, au lieu de simplement faciliter leur sortie”, a-t-elle
ajouté.
Au début de l’année 2025, Wang Yi s’était rendu en Namibie,
au Congo, au Tchad et au Nigeria.
PREMIÈRE MISSION DIPLOMATIQUE EN SOMALIE DEPUIS DES
DÉCENNIES
La visite de Wang Yi en Somalie sera la première d’un
ministre chinois des Affaires étrangères depuis les années 1980
et intervient alors qu’Israël est devenu le premier pays à
reconnaître officiellement la République sécessionniste du
Somaliland, une région du nord du pays qui s’est déclarée
indépendante en 1991.
Pékin, qui a réitéré son soutien à Mogadiscio après
l’annonce israélienne en décembre, souhaite renforcer son
influence autour du golfe d’Aden, à l’entrée de la mer Rouge, un
corridor vital pour le commerce chinois transitant par le canal
de Suez.
En Tanzanie, Pékin cherche à s’assurer un accès aux vastes
gisements de cuivre du pays. Des entreprises chinoises remettent
par ailleurs en état le chemin de fer de Tazara, qui traverse le
pays pour rejoindre la Zambie. Largement considéré comme un
contrepoids au corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et
l’Union européenne, ce chemin de fer relie la Zambie aux ports
de l’Atlantique via l’Angola et la République démocratique du
Congo.
En se rendant au Lesotho, Wang Yi entend souligner les
efforts déployés par Pékin pour se positionner en tant que
champion du libre-échange.
L’année dernière, la Chine a offert aux pays les plus
pauvres du monde un accès libre de droits de douane à son
économie de 19.000 milliards de dollars, conformément à la
promesse faite par le président chinois Xi Jinping lors du
sommet sur la coopération sino-africaine de 2024.
Le Lesotho, l’une des nations les plus pauvres du monde avec
un produit intérieur brut (PIB) d’un peu plus de 2 milliards de
dollars, a été l’un des pays les plus durement touchés par les
droits de douane du président américain Donald Trump l’année
dernière, allant jusqu’à 50%.
(Rédigé par Joe Cash, version française Etienne Breban, édité
par Kate Entringer)