Depuis les tribunes, le papa ne manque pas une miette. Zinedine Zidane a pourtant connu les plus grands moments de gloire de sa carrière. Champion du monde et Ballon d’Or en 1998, vainqueur de la Ligue des champions en 2002, “Zizou” n’en savoure pas moins les matches de l’Algérie comme s’il vivait son premier bonheur. C’est la patrie de ses parents, et il a lui-même la double nationalité franco-algérienne. Que l’un de ses fils garde les buts des Fennecs dans cette Coupe d’Afrique des nations ne rend sa fierté que plus grande.
Aussi parce qu’elle vient de loin. Il y a encore quelques mois, c’était difficile d’imaginer un tel destin pour Luca Zidane. Mais tout s’est décanté à l’automne dernier. D’abord en septembre, quand la FIFA a acté son changement de nationalité. Puis en octobre, quand le gardien de 27 ans connu sa première convocation en équipe d’Algérie pour les matches de qualifications pour la Coupe du monde 2026 face à la Somalie et l’Ouganda. “C’est une fierté pour moi et je donnerai tout à 100% pour que le peuple algérien soit fier”, avait-il alors avancé, tout heureux de représenter le pays de son grand-père paternel.
“Son père ? C’est juste son papa !”
Luca fait ce qu’il faut pour ça. Dans sa personnalité, il partage quelques similitudes avec son père qui le rendent attachant, autant qu’elles facilitent son intégration dans un groupe. “Il est simple, résumait dans L’Equipe Ilan Kebbal, le meneur du Paris FC, qui a l’habitude de partager des moments avec le gardien algérien en Provence l’été venu. Le monde extérieur le traite différemment à cause de son nom, mais il est très humble, très respectueux. Son père en tribune ? C’est une légende, mais pour lui, c’est juste son papa !”
Cette prestigieuse filiation, Luca a appris à vivre avec depuis longtemps. Il n’a pas attendu la CAN pour ça, même si l’effervescence populaire et l’attention médiatiques autour de lui ont pris encore une dimension supplémentaire depuis qu’il porte le maillot de l’Algérie. Encore plus avec un statut de titulaire facilité par la blessure d’Alexis Guendouz, gardien numéro un des Fennecs depuis 2023, juste avant le début du tournoi.
Aucun but encaissé… et une qualité de pied
Encore fallait-il justifier la confiance placée en lui par Vladimir Petkovic. Ce que Luca Zidane a su faire. Si l’Algérie concède peu d’occasions avec un système défensif efficace, le gardien de Grenade (D2 espagnole) a aussi su répondre présent avec des parades importantes lors de la victoire face au Soudan (3-0) pour donner le ton de son tournoi. Jusqu’ici, il est le seul gardien à ne pas avoir concédé le moindre but dans cette CAN, où il affiche logiquement un taux de tirs arrêtés parfait (6/6) sur les trois matches. Le seul but concédé par l’Algérie est en effet venu lors du troisième match de poules face à la Guinée équatoriale, pour lequel il avait été mis au repos (1-3).
La qualité de son jeu au pied en fait également un élément fiable dans les phases de relance. Car il n’aime pas seulement avoir le ballon en mains. “Il est fin techniquement, un vrai joueur de champ, témoigne Hugo Magnetti, le milieu de Brest, dans L’Equipe. Dès qu’on le retrouve l’été pour une inauguration ou un five, il ne veut plus aller au goal. Il est le premier à se pointer sur le terrain et il ne tourne pas dans la cage, il reste jusqu’à la fin. Et c’est souvent le meilleur de son équipe.”
“On peut avoir une grande confiance en lui”
Luca Zidane combine ainsi les vertus qui lui ont permis de s’affirmer ainsi comme un maillon fort du collectif des Fennecs, de manière assez inattendue tant il n’était pas présenté comme tel avant le tournoi. “Je pense que Zidane a donné de la sécurité pour l’équipe, il a bien joué avec les pieds, et il a été bon dans ses sorties, soulignait Petkovic après la victoire face au Soudan. C’est l’un de ses premiers matchs en sélection. Je suis satisfait de sa performance. Je pense qu’on peut avoir une grande confiance en lui.”
La suite lui a donné raison. Mais la pente s’accentue. Le Nigeria proposera en quart de finale l’opposition la plus relevée pour l’Algérie depuis le début de la CAN. Et un sacré test pour Luca Zidane. Les Super Eagles présentent en effet la meilleure attaque du tournoi avec 12 buts inscrits et disposent de deux des individualités marquantes de l’épreuve en attaque avec Victor Osimhen (3 buts, 1 passe décisive) et Ademola Lookman (3 buts, 4 passes décisives). Mais l’Algérie a aussi ses atouts. Et son dernier rempart en fait partie.