Le prince héritier du Maroc, Moulay El Hassan, posant avec les joueurs de la sélection nationale avant le match de la CAN contre les Comores, à Rabat, le 21 décembre 2025.

SEBASTIEN BOZON / AFP

Le prince héritier du Maroc, Moulay El Hassan, posant avec les joueurs de la sélection nationale avant le match de la CAN contre les Comores, à Rabat, le 21 décembre 2025.

EN BREF • Moulay El Hassan, prince héritier du Maroc, s’affirme comme successeur potentiel de son père, le roi Mohammed VI, malade depuis 2023.
• Le jeune prince gagne en visibilité lors de la CAN 2025, représentant officiellement la famille royale et participant activement aux événements.
• Malgré son ascension, des doutes subsistent sur sa jeunesse et son inexpérience, certains préférant son oncle Moulay Rachid.

Doucement mais sûrement, la succession à la tête de la famille royale marocaine se dessine ces derniers mois. Le prince héritier Moulay El Hassan, âgé de 22 ans, est en effet appelé à prendre le pouvoir après son père, le roi Mohammed VI. Le sujet est devenu d’autant plus prégnant en décembre, avec l’absence très remarquée de ce dernier lors du match inaugural de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), organisée dans le pays.

Atteint depuis 2023 par la sarcoïdose, une maladie inflammatoire rare qui touche le système immunitaire, Mohammed VI apparaît désormais de plus en plus rarement en public, lui qui a dû se rendre à plusieurs reprises en France pour recevoir des soins spécialisés. Sa dernière prise de parole devant des caméras remonte maintenant au 10 octobre 2025, lors d’un discours devant le Parlement.

Si bien que le prince Moulay El Hassan prend de plus en plus d’espace au sein du pays. On devrait le voir ce dimanche 4 janvier dans les tribunes du stade Moulay Abdellah de Rabat pour le huitième de finale du Maroc face à la Tanzanie (17h).

Pour le match inaugural le 21 décembre, Maroc-Comores, c’est bien lui qui représentait officiellement la famille royale. Un cap de franchi pour le jeune prince, tant l’événement revêt d’importance au Maroc, hôte d’une CAN très scrutée et grand favori à la victoire finale. Sur la pelouse du stade flambant neuf de Rabat, les images de Moulay El Hassan, apparaissant droit, solennel et souriant, sous une pluie battante mais sans parapluie, ont beaucoup marqué dans le pays.

Un vrai supporter

Nullement décontenancé, le jeune homme a calmement serré les mains des joueurs, équipe adverse comprise, avant de prendre la pose au milieu de la sélection marocaine (voir la photo en tête d’article), puis d’effectuer seul dans le rond central une « louche » avec le ballon du match sous les acclamations des 60 000 spectateurs présents (voir la vidéo ci-dessous).

La lecture de ce contenu est susceptible d’entraîner un dépôt de cookies de la part de l’opérateur tiers qui l’héberge. Compte-tenu des choix que vous avez exprimés en matière de dépôt de cookies, nous avons bloqué l’affichage de ce contenu. Si vous souhaitez y accéder, vous devez accepter la catégorie de cookies “Contenus tiers” en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Lire la Vidéo

En vrai supporter, pendant la rencontre, il a aussi célébré avec un enthousiasme non feint l’ouverture du score de Brahim Diaz. La vidéo de la scène (à voir ci-dessous) s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux.

La lecture de ce contenu est susceptible d’entraîner un dépôt de cookies de la part de l’opérateur tiers qui l’héberge. Compte-tenu des choix que vous avez exprimés en matière de dépôt de cookies, nous avons bloqué l’affichage de ce contenu. Si vous souhaitez y accéder, vous devez accepter la catégorie de cookies “Contenus tiers” en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Lire la Vidéo

Il faut dire que depuis plusieurs mois, Moulay El Hassan prend du galon. En août dernier, il avait ainsi été promu au grade prestigieux de Colonel-Major au sein des Forces Armées Royales (FAR), rapportait le média marocain Le 7 TV. Une reconnaissance hiérarchique au sein de l’institution militaire intervenant dans le cadre des célébrations officielles marquant le 26e anniversaire de l’accession au trône du roi Mohammed VI.

Début octobre, il avait présidé la cérémonie de remise des prix d’un concours international de saut d’obstacles. Deux semaines plus tard, c’est encore lui qui recevait au Palais Royal de Rabat l’équipe nationale de football des moins de 20 ans, après sa victoire lors du Mondial organisé au Chili.

L’ombre du frère de Mohammed VI

Si sa jeunesse – il étudie actuellement les sciences politiques et les relations internationales dans un cycle doctoral – et sa présence sur les réseaux sociaux, où il est suivi massivement, sont vues d’un bon œil par une majorité de Marocains, d’autres voix restent pour le moment moins enthousiastes. « Certains craignent que le pays ne soit pas prêt a accueillir un monarque aussi jeune et inexpérimenté, et il ne serait pas surprenant qu’une solution plus pragmatique soit recherchée », écrivait ainsi le journal espagnol El Economista en mars dernier comme le relevait Courrier international, évoquant à la place le frère du roi Mohammed VI, Moulay Rachid, âgé de 55 ans et deuxième dans l’ordre de succession.

En attendant, le prince Moulay El Hassan vit clairement un baptême de feu avec cette CAN à domicile, une compétition qui doit agir comme un accélérateur d’investissements dans les infrastructures – stades, transports, hôtellerie, services urbains… – en vue de la co-organisation de la Coupe du monde 2030 (avec l’Espagne et le Portugal).

« Grâce à la vision du roi, on rayonne sur le plan économique, et je pense qu’il va suivre les pas de son père », anticipe un Marocain interrogé par Le Parisien dans le cadre d’un reportage pendant cette CAN.

Une victoire finale du pays organisateur dans ce tournoi, le 18 janvier à Rabat, pourrait aussi permettre d’apaiser un peu plus les tensions avec la jeunesse marocaine, dont une partie – la Gen Z – s’était soulevée début octobre, protestant notamment contre la corruption et les conditions de vie de la population. Depuis, le gouvernement a affirmé son engagement en faveur de réformes sociales et annoncé une augmentation des dépenses dans les secteurs de la santé et de l’éducation.