Tournée africaine du chef de la diplomatie chinoise
14 janvier
À l’issue de sa traditionnelle tournée africaine, qui l’a conduit en Éthiopie, en Tanzanie et au Lesotho, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a réaffirmé la constance de l’engagement de Pékin envers le continent. Ce rituel diplomatique, respecté depuis trente-six ans, est présenté comme le symbole d’une solidarité durable : lorsque l’Afrique a besoin de soutien, la Chine entend être au rendez-vous. L’épisode du Lesotho, dont l’existence avait été publiquement mise en cause, illustre cette posture, Pékin ayant réitéré son appui au royaume et à sa souveraineté.
La tournée a aussi marqué le lancement officiel de l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique au siège de l’Union africaine. Avec près de 600 activités prévues, cette initiative vise à rapprocher les peuples, mobiliser la jeunesse, les milieux culturels et médiatiques, et donner une vitrine aux acquis de la coopération sino-africaine. Pour Wang Yi, il s’agit de transmettre l’amitié entre générations et d’élargir les bases sociales du partenariat.
La modernisation n’équivaut pas à l’occidentalisation
Sur le plan du développement, le chef de la diplomatie chinoise a plaidé pour une modernisation africaine « prometteuse et urgente », mais fondée sur des voies propres. L’expérience chinoise, dit-il, montre que la modernisation n’équivaut pas à l’occidentalisation ; chaque pays doit choisir un modèle compatible avec ses réalités et soutenu par sa population. Pékin propose ainsi une plateforme d’échanges en gouvernance afin d’identifier des trajectoires bénéfiques aux peuples africains, rappelant que la modernisation mondiale ne saurait se faire sans l’Afrique.
Les résultats du dernier sommet du FOCAC confortent ce discours : 90 % des actions seraient déjà engagées, avec 301 projets « petits mais beaux », une hausse de 23 % des vols, l’envoi de volontaires médicaux et d’experts agricoles, et des échanges commerciaux ayant dépassé 300 milliards de dollars en 2025. Enfin, le 15e plan quinquennal chinois est présenté comme une « liste d’opportunités » pour l’Afrique, Pékin se disant prêt à rester un moteur de croissance et un partenaire face aux défis et aux pressions unilatérales.