L’extension Tanger – Kénitra – Casablanca reste le projet le plus avancé sur le plan technique. L’objectif est de relier Casablanca à Marrakech en grande vitesse, en reconfigurant un corridor où la demande dépasse déjà la capacité du réseau conventionnel. Le tracé étudié ouvre la voie à une liaison directe vers Agadir à moyen terme. Le financement se structure autour d’un montage mixte : budget de l’État, emprunts internationaux et partenariats avec des institutions de développement.
Les études d’ingénierie, complexes en raison de la topographie et des contraintes environnementales, sont en cours de finalisation. L’enjeu porte autant sur la vitesse commerciale que sur la fiabilité et la capacité à absorber une demande croissante, notamment dans l’axe Casablanca- Marrakech, l’un des plus fréquentés du pays. Le réseau classique atteint ses limites sur plusieurs segments. L’ONCF doit gérer une progression constante du trafic voyageurs, une demande soutenue en fret et une concentration urbaine qui alourdit la pression sur les nœuds ferroviaires, notamment Casablanca, Rabat et Kénitra.
L’extension de la grande vitesse répond donc à une logique d’efficience : augmenter la capacité sans multiplier les voies sur des corridors déjà saturés. Techniquement, les travaux à venir imposent une mobilisation importante du BTP national : ouvrages d’art, plateformes ferroviaires, génie civil complexe, tunnels, protections hydrauliques. La filière devra absorber des chantiers lourds, étalés sur plusieurs années, avec des contraintes de phasage pour maintenir la circulation sur les lignes existantes.
Les RER : une nouvelle échelle de mobilité urbaine
Casablanca et Rabat- Salé – Mohammédia constituent les deux pôles où les projets de RER avancent le plus. Les études intègrent la réorganisation complète des gares, la création de pôles d’échanges multimodaux et une synchronisation fine avec les tramways, bus à haut niveau de service et mobilités douces.
Cette évolution répond à une réalité simple : les grandes métropoles ne peuvent plus absorber seules la croissance du trafic routier. Le RER offre une alternative capable de déplacer massivement des voyageurs aux heures de pointe, tout en réduisant les coûts liés à la congestion et à la pollution. Sur le plan technique, la priorité porte sur l’amélioration des voies existantes, le doublement de sections critiques, l’électrification complémentaire et la modernisation de la signalisation. La mise en compatibilité avec les standards européens de gestion du trafic (ERTMS) figure parmi les chantiers clés. La stratégie ferroviaire nécessite des choix d’arbitrage lourds.
Le coût des extensions TGV et des RER urbains se chiffre en dizaines de milliards de dirhams. Les discussions actuelles portent sur des montages hybrides : financements publics ciblés, participation accrue des institutions multilatérales, instruments de financement verts pour les segments liés à la transition énergétique et contributions territoriales pour les projets RER. La soutenabilité budgétaire impose un déploiement par phases, tout en garantissant la continuité des investissements pour éviter l’effet de stop-and-go, particulièrement pénalisant dans le ferroviaire. Le Maroc prépare une transformation majeure de son réseau.
Le TGV étendu renforcera l’intégration économique du pays, en rapprochant les grands pôles productifs et touristiques. Les RER, eux, accompagnent l’évolution des métropoles vers des systèmes de mobilité plus rationnels et mieux interconnectés. Les chantiers à venir sont techniquement exigeants, car ils mobiliseront massivement le BTP, l’ingénierie, la technologie et la logistique. Mais leur impact sera déterminant avec une attractivité renforcée, une réduction des coûts de congestion et une amélioration nette de la qualité du service.