L’Afrique subsaharienne devra procurer du travail aux 620 millions d’africains qui rejoindront d’ici 2050 les autres populations en âge de travailler. Mais la Chine concurrence l’emploi local artisanal et industriel en submergeant la région de ses produits. Moins isolés et plus puissants, des Etats-Unis d’Afrique subsaharienne dotés d’un projet commun pourraient ainsi mieux protéger leurs intérêts.

Les importations chinoises détruisent des emplois et l’aide publique au développement en crée peu  

Dans son rapport publié en 2025, la Banque Mondiale indiquait que « le rythme de la croissance reste trop faible pour réduire sensiblement l’extrême pauvreté et pour créer des emplois en nombre suffisant et de qualité pour répondre aux besoins d’une main-d’œuvre en plein essor. L’Afrique connaît en effet une transformation démographique d’une ampleur et d’une vitesse inégalées dans le monde. » L’institution financière estime par ailleurs que l’Afrique subsaharienne doit créer 25 millions d’emplois par an alors que seulement 3 millions d’emplois formels sont créés chaque année et prévenait déjà en 2018 que la région pourrait abriter 90 % de l’extrême pauvreté mondiale en 2050 ».

En septembre 2025, dans son article « La Chine continue l’accélération historique de ses exportations vers l’Afrique », le site d’information RFI écrivait « En Afrique, la Chine a dégagé 60 milliards de dollars d’excédent commercial depuis début 2025, soit presqu’autant qu’au cours de toute l’année précédente. » « Ce basculement illustre d’abord une réorganisation accélérée des flux mondiaux : l’appareil productif chinois, plutôt que de ralentir, déverse ses surplus vers des marchés émergents avides de produits bon marché mais cette dynamique comporte un revers : les produits chinois, imbattables sur les prix, risquent de fragiliser les industries locales africaines, incapables de rivaliser. ».

Mais alors que l’Afrique subsaharienne doit procurer 25 millions d’emplois par an à sa jeunesse, on peut s’inquiéter d’une invasion de produits souvent jetables et polluants. Ce modèle qui crée une dépendance à Pékin, est de nature à détruire des emplois informels de l’artisanat et à hypothéquer les perspectives de création d’un grand nombre de postes dans l’industrie manufacturière.

La politique d’aide au développement (APD) qui échoue en Afrique subsaharienne malgré un montant dépensé de 2 000 Mrds de dollars en 60 ans, ne permettra pas non plus d’éviter le chômage massif et le chaos humanitaire tellement redouté. Néanmoins, un nouveau paradigme de développement qui rassemblerait Etats et populations, permettrait de relever enfin ce grand défi africain du XXIème siècle.

Un Pays africain seul, surtout lorsqu’il est endetté auprès de la Chine, ne peut s’opposer à ce géant économique mais des pays unis autour d’un projet commun et se dotant progressivement d’une union douanière avec un tarif extérieur commun (TEC), préserveraient mieux leurs intérêts et souveraineté.

Des États-Unis d’Afrique Subsaharienne (EUAS) ou United States of Sub-Saharan Africa (USSA)

L’approche systémique (industrie, finance, social, démographie, échanges, géopolitique etc.) du projet États-Unis d’Afrique Subsaharienne (EUAS) ou United States of Sub-Saharan Africa (USSA), favorisera la construction d’une architecture financière dont la rigueur et la crédibilité génèreront l’afflux de capitaux publics et privés nécessaires à la réalisation du programme d’industrialisation de l’Afrique subsaharienne. La coopération avec des entreprises industrielles internationales détentrices de savoir-faire et technologies, permettra d’industrialiser la région.

Sur le plan macroéconomique, cette stratégie induit une transition des emplois informels vers des structures encadrées, favorisant ainsi mécaniquement l’élargissement de l’assiette fiscale. La multiplication d’entreprises structurées de toutes tailles permettra aux États d’accroître leurs capacités de financement des infrastructures et services publics. Cette rupture avec la dépendance à la Chine et l’Aide Publique au Développement, renforcera la souveraineté économique des nations africaines.

La dimension holistique de ce programme d’intérêt général facilitera l’émergence d’un nouveau contrat social souhaité par les populations. Il coordonnera investissement économique et aménagement du territoire. Les zones d’activités et villes nouvelles disposeront de services publics proches dont santé et éducation mais l’ensemble des populations profitera à terme de cette modernisation. En offrant des perspectives économiques concrètes et une alternative viable à l’exil, le projet s’aligne sur les réalités démographiques et les aspirations de la jeunesse africaine.

Alors que les mécanismes de régulation de l’Union Africaine (UA) se sont révélés inefficaces face aux instabilités régionales, notre projet offre une réponse. L’intégration de chaînes de valeur industrielles interdépendantes créera une communauté d’intérêts économiques entre les États membres. Cette solidarité complétée par la mutualisation d’une force de sécurité commune, constituera une cohésion de nature à réduire les tensions pour ainsi mieux assurer la protection des populations civiles.

Consultant et entrepreneur, Francis journot fait aussi de la recherche économique. Il est le fondateur des projets États-Unis d’Afrique Subsaharienne (EUAS ou USSA) et International Convention for a Global Minimum Wage ainsi que du Programme pour l’industrialisation de l’Afrique subsaharienne