L’année 2025 a vu la libération de l’écrivain Boualem Sansal. L’année 2026 verra probablement celle du journaliste Christophe Gleizes. Mais pas aussi simplement qu’a pu le laisser croire la libération du premier, perçue hâtivement comme le présage d’une amélioration de la relation franco-algérienne, devant profiter à la libération du second. Au contraire, cet épisode a compliqué les perspectives du régime algérien, tant il a révélé et ravivé de contradictions et d’impasses dans sa stratégie.

Fragilisé et préoccupé exclusivement par ses impératifs de survie internes, le régime algérien n’a pas de marge pour des accommodements avec les réalités géopolitiques. Ces dernières finissent pourtant toujours par s’inviter, et le mettent face à une double impasse.

Dès lors, deux choix s’offrent à lui : continuer sa fuite en avant dans la recherche de conflictualités et d’« ennemis » contre lesquels il espère rassembler autour de lui, au risque d’accroître son isolement, qui, à un certain seuil, au-delà des dégâts infligés au pays, pourrait lui être fatal. Ou tenir compte des réalités géopolitiques pour, à défaut de les mettre à profit, éviter d’être broyé par elles, au risque, ainsi privé de l’alibi d’une « menace extérieure » largement fabriquée, de se retrouver confronté à la fragilité interne de ses assises et à la défiance bien ancrée de la population.

La libération de Boualem Sansal a placé le pouvoir algérien devant ce dilemme, qui accroît en son sein tensions et hésitations autour des modalités de celle de Christophe Gleizes. Le régime, en effet, n’avait pas mesuré les conséquences de ces arrestations. A travers ces deux personnes, il s’est attaqué à deux secteurs emblématiques et consensuels – la littérature et le football – aux résonances sociétales et politiques fortes, et rencontrant un écho à l’échelle internationale. Cela dit à la fois son aveuglement paranoïaque et la perte d’expertise suscitée par le vide fait autour de lui.

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