Le Maroc va défier le Nigeria en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, ce mercredi au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat (21h). Un choc face aux partenaires de Victor Osimhen que les Marocains abordent dans une ambiance sereine après leur succès convaincant contre le Cameroun en quarts de finale (2-0).

Un vent de soulagement et d’optimisme aux quatre coins du pays. Le succès sans appel face au Cameroun en quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, vendredi dernier à Rabat (2-0), a marqué un tournant majeur dans l’épopée du Maroc à domicile. Cinq jours après avoir terrassé leurs homologues “Indomptables”, les Lions de l’Atlas abordent leur demi-finale face au Nigeria, ce mercredi au stade Prince Moulay Abdellah (21h), dans un climat serein, loin des critiques et du scepticisme qui ont escorté leur début de tournoi.

“Ce match a rassuré tout le monde”, témoigne Amine Oubaha, journaliste pour SNRTnews. “C’était un match référence. Avant cette rencontre, on a vu une équipe du Maroc rentrer difficilement dans la compétition. Le nul face au Mali (1-1) a semé le doute. Les Marocains se sont demandé si leur équipe avait la capacité d’aller loin dans la compétition. Mais après le 8e contre la Tanzanie (1-0), Walid Regragui a revu sa copie en corrigeant quelques erreurs. Les Marocains ont mis de l’intensité en allant au duel face au Cameroun, qui reste une équipe historique du football africain.”

“Des airs de victoire fondatrice”

“On attendait les Camerounais sur l’impact physique. On s’est dit que la clé serait le milieu de terrain”, appuie Nasredine Nasri, journaliste pour La Nouvelle Tribune et Canal +. “Finalement, le Maroc a bouffé le milieu camerounais avec beaucoup d’impact et de solidarité, un pressing haut et une vista qu’on avait perdue.”

Une prestation solide et sans accroc qui a convaincu également les supporters du pays-hôte de cette CAN 2025, à l’image du streamer Wahibastos: “C’était une grosse victoire, qui a des airs de victoire fondatrice, parce qu’on gagne contre une grande équipe du continent, qui avait fait un bon début de CAN. On a répondu à pas mal d’interrogations avec ce succès écrasant. Le Maroc a eu énormément de possession, beaucoup d’occasions. C’est une victoire qui a levé de nombreux doutes. Ça rend optimiste pour cette demi-finale contre le Nigeria. On sait maintenant que le Maroc est prêt à faire de gros matchs contre des écuries importantes du continent. La performance contre le Cameroun a fait naître de la confiance chez les Marocains.”

“Je pense qu’on va aller au bout”

Un sentiment partagé par Oualid, venu de France pour encourager les coéquipiers de Brahim Diaz dans leur quête d’un deuxième trophée continental, cinquante ans après celui décroché en Ethiopie en 1976: “Franchement, ça m’a rassuré, parce que le Maroc avait battu beaucoup de petites équipes ces derniers temps, donc on attendait de savoir si on serait présent contre les grandes nations. Après ce match, je suis nettement plus serein. J’ai apprécié qu’ils ne laissent pas du tout les Camerounais respirer. Ils les ont asphyxiés durant toute la rencontre. Ça m’a tranquillisé, sachant que je suis assez pessimiste de base. Là, je pense qu’on va aller au bout, même si je me méfie beaucoup de l’Egypte au cas où on les retrouverait en finale, parce que c’est la bête noire de l’Afrique…

Interrogé en conférence d’avant-match, Walid Regragui a livré son sentiment sur ce changement de perception au sein de la population marocaine. “On pourrait croire qu’on est montés en puissance, mais on commence à avoir l’expérience des grands tournois. On sait que lors du premier tour, il y a beaucoup d’essais, des joueurs à remettre en forme”, a nuancé le sélectionneur national. “La prestation contre le Cameroun a rassuré beaucoup de gens sur le plan athlétique et de l’envie, mais pour moi, les conditions dépendent aussi de l’adversaire. Quand on joue le Cameroun en quart de finale, le degré de motivation est au top. On est depuis deux ans là-dessus, sur l’adversité. Quand on gagne un contre un adversaire qui est soi-disant moins bon que nous, les gens pensent qu’on en garde un peu sous le pied, mais ce n’est pas vrai. En tout cas, oui on est bien, physiquement et mentalement. On est en train de confirmer tout ce qu’on fait depuis plusieurs années. Maintenant, il faudra être à la hauteur face au Nigeria, dans un autre contexte et face à une équipe différente de celle du Cameroun”.

Alexandre Jaquin avec AT, à Rabat