Le Laboratoire de traitement des eaux usées (LATEU) de l’Institut Fondamental d’Afrique noire, Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop) a tenu une exposition dédiée à la gestion durable de l’eau et de l’assainissement. Ce projet met en avant des solutions alternatives fondées sur la Nature (SfN) dans le traitement des eaux usées et des boues de vidange.
Au niveau mondial, « 80% » des eaux usées produites sont rejetées sans traitement. Ces pratiques ont un impact très important sur la santé et les écosystèmes, a déclaré Dr Nourou Diaby lors de l’exposition dans la cour du musée Théodore Monod de l’Ifan. Le chef du laboratoire de traitement des eaux usées de l’institut fondamental préconise le développement de technologies alternatives au traitement classique des eaux usées qui coûte très cher.
L’initiative vise à sensibiliser le grand public, les acteurs institutionnels et les décideurs à l’importance des Solutions fondées sur la Nature pour répondre durablement aux défis liés à l’assainissement. L’exposition de tableaux s’appuie sur des exemples concrets développés au Sénégal, ainsi que des expériences africaines et internationales, afin d’illustrer la pertinence et l’efficacité de ces solutions. Dr Nourou Diaby explique, lui, l’importance de traitement des eaux usées en milieu urbain. « Avec l’augmentation de la population, il y a une pression sur la ressource et quand on utilise une eau elle devient usée. On ne peut pas la rejeter dans la nature sans l’avoir traitée », soutient le chercheur.
Pour ce faire, il y a beaucoup de technologies, une approche classique, comme la station des eaux usées de Cambérène. Mais, ces stations coûtent très cher à l’investissement et ça demande beaucoup d’énergie. L’autre solution est basée sur la nature comme le lagunage, les filtres plantés qui sont, dit-il, très efficaces et qui demandent moins d’énergie et d’investissement.
Selon lui, le traitement de ces eaux est bénéfique pour la santé des populations et pour l’environnement. L’expertise existe en la matière. Le chef de laboratoire de traitement des eaux usées indique qu’au niveau de l’Ifan, ils ont plus de 30 ans d’expérience dans l’utilisation des technologies naturelles. Ils ont une station qui fonctionne depuis 23 ans et qui traite toutes les eaux de l’IFAN. Une autre station pilote de traitement est à l’UGB, qui a été construite par la coopération espagnole. Au niveau de l’Onas, il y a des stations qui fonctionnent selon le système de lagunage, c’est le cas à Rufisque, Louga, à Mbour et dans d’autres régions.
Alexis Duroux, responsable des projets de coopération pour l’université de Barcelone et de la fondation « Mon3 » qui collabore depuis des années avec l’Ucad, signale qu’ils se sont rapprochés de la ville de Dakar qui a une stratégie autour de la problématique de l’assainissement et des défis face au changement climatique. Cette collaboration va faciliter l’accès à la formation et à la connaissance. Promouvoir en définitive des solutions basées sur la nature sur la problématique d’assainissement.
Représentant la ville de Dakar, le maire de Dieuppeul Derklé indique que c’est parce qu’il y a tellement d’eaux usées qui sont déversées sur la voie publique, dans des zones de maraîchage et c’est un problème de santé publique. Pour y apporter une réponse en coopération avec l’université de Barcelone, ils ont décidé de réaliser ce projet qui consiste à apporter des solutions durables pour le traitement des eaux usées. Cheikh Guèye souligne que l’ambition, c’est d’étendre le prototype sur l’ensemble des 19 communes de Dakar.