L’expression figure dans une note publiée le 30 décembre 2025 par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) : la chercheuse Djenabou Cisse y décrit la « diplomatie des drones » d’Ankara en Afrique : « La Turquie a réussi à transformer sa base industrielle et technologique de défense en un outil de diplomatie et d’influence. Les drones Bayraktar TB2 et TAI Anka sont devenus des références sur l’ensemble du continent. » A la mi-novembre, Baykar, fabricant du premier modèle, figurait ainsi au premier rang du premier Salon Bamako Expo (Bamex’25), dédié à l’industrie de défense turque.
L’entreprise dirigée par Selçuk Bayraktar – gendre du président turc – a tissé des relations étroites avec le Mali. Dès 2022, Bamako a commencé à réceptionner des TB2 et, fin 2024, l’armée malienne a reçu ses premiers modèles Akinci.
Au Mali, la Turquie dévoile son arsenal et s’impose comme nouveau fournisseur stratégique du Sahel
D’autres sociétés d’armement étaient présentes au Bamex’25 : Aselsan, Roketsan, Sarsilmaz… Aux yeux des régimes africains, Ankara et ses industriels ont l’avantage d’ouvrir une troisième voie, entre les forces occidentales, sur le départ, et la Russie, qui monte en puissance dans la région.
La Turquie pousse ce même avantage dans un autre pan de l’écosystème de défense et de sécurité. Au Mali, le groupe paramilitaire Sadat contribuerait à la sécurité du chef de la junte malienne, Assimi Goïta. Il serait aussi actif au Niger. Fondé par l’ex-général Adnan Tanriverdi, proche conseiller d’Erdogan, il « reflète la manière dont la Turquie peut recourir à des sociétés de sécurité privées pour promouvoir ses intérêts stratégiques et sécuritaires en Afrique et au Moyen-Orient, à l’instar du groupe paramilitaire russe Wagner – quoique dans une moindre mesure », note la FRS.