Les autorités de Lagos ont rasé plus de 1.000 habitations informelles de Makoko, le plus grand bidonville flottant d’Afrique, depuis la veille de Noël. L’opération a déplacé plus de 30.000 personnes selon l’ONG Justice and Empowerment Initiative (JEI), sans préavis ni solution de relogement. Trois personnes, dont deux nourrissons, sont mortes après des tirs de gaz lacrymogène de la police, affirment les résidents et des ONG.
Alex Wusa, un enseignant de 25 ans, a tout perdu dans les démolitions. «Ma maison, mon magasin et même l’école où j’enseigne ont été démolis», a-t-il déclaré à bord d’une pirogue à Makoko. «Ils nous ont traités comme si nous étions moins que des animaux», a-t-il ajouté. La poissonnière Iyabo Olaleye a perdu deux maisons. «Cette souffrance est trop grande», a-t-elle dit, sans avoir «nulle part où aller».
Accusations contre les autorités
Les autorités de l’État de Lagos justifient les destructions par la dangerosité de nombreuses maisons construites sous des lignes à haute tension. Mais une coalition de cinq ONG accuse les autorités de démolir des habitations bien au-delà des lignes électriques et de servir les intérêts d’une oligarchie foncière et de promoteurs privés.
Moses Oguneleye, membre de l’Institut nigérian des urbanistes, questionne la finalité de l’opération : «Lorsqu’ils démolissent, construisent-ils pour ceux qui occupaient ces propriétés?»
Crise du logement à Lagos