La province de Jerada a connu, durant le mois de décembre, d’importantes précipitations, à l’instar de plusieurs provinces de la région de l’Oriental et du Maroc. Des pluies qui ont ravivé l’espoir chez les agriculteurs et les éleveurs, après plusieurs années marquées par la sécheresse et la rareté des précipitations.

Bien que ces pluies n’aient pas encore atteint la moyenne annuelle habituelle, leur impact positif sur l’état des sols et du couvert végétal est indéniable. Elles constituent également un indicateur encourageant pour la suite de la saison agricole, d’autant plus qu’elles ont été bien réparties tout au long du mois.

Dans ce contexte, Abdellah Lkhlifi, agriculteur dans la commune de «Takafit», plus précisément dans la zone de «Oued Al-Hay Qalb Al-Oud», a affirmé que les dernières précipitations ont sensiblement amélioré les terres agricoles et l’arboriculture.

Dans une déclaration pour Le360, il a indiqué que la luzerne est redevenue verte et vigoureuse après une longue période de souffrance, et que les sols ont retrouvé une partie de leur vitalité. «Ces pluies ont eu un effet positif sur les principales cultures pratiquées dans la région, notamment l’avoine et l’orge, ainsi que sur les oliviers et certaines cultures maraîchères, cultivées en quantités limitées en raison du manque de moyens et de l’éloignement des pistes rurales» souligne notre agriculteur.

Le même agriculteur a précisé que les retombées bénéfiques ne se sont pas limitées aux cultures, mais ont également concerné le cheptel. Les parcours pastoraux commencent progressivement à se régénérer et l’eau alimente certains puits, ce qui laisse présager un bon printemps si les précipitations se poursuivent dans les mois à venir.

Abdellah Lkhlifi a salué le soutien apporté aux agriculteurs par la Direction provinciale de l’Agriculture de Jerada, à travers la réalisation de bassins hydrauliques, la plantation d’arbres et l’adoption de l’irrigation goutte-à-goutte. Ces interventions ont, selon lui, renforcé la résilience des agriculteurs face aux aléas climatiques.

De son côté, Abderrahmane Anflous, directeur provincial de l’Agriculture à Jerada, a confirmé que la saison agricole actuelle présente des indicateurs positifs par rapport aux prévisions initiales, malgré le caractère semi-aride de la province. «Le mois de décembre a enregistré des précipitations supérieures à celles relevées durant la même période de certaines années précédentes, redonnant ainsi confiance aux agriculteurs et aux éleveurs et leur offrant un démarrage encourageant de la saison», a t-il affirmé.

Le responsable provincial a souligné que la province reste encore tributaire de nouvelles précipitations, le cumul actuel ne dépassant pas 28 mm, soit environ un quart de la moyenne annuelle habituelle estimée à 113 mm.

Il a rappelé que la saison précédente avait enregistré environ 61 mm à la fin du mois de décembre, un niveau supérieur à celui de la saison en cours, mais que la bonne répartition des pluies cette année a joué un rôle déterminant dans l’amélioration de l’humidité des sols et la création de conditions plus favorables aux cultures.

Concernant les superficies cultivées, le directeur provincial de l’Agriculture a indiqué que les céréales occupent environ 1.360 hectares, dont plus de 1.100 hectares consacrés à l’orge, une culture adaptée aux spécificités de la région et essentielle pour l’alimentation du cheptel.

Il a également fait état de près de 2.800 hectares de cultures fourragères, dominées par la luzerne avec plus de 2.700 hectares, ce qui devrait contribuer à la disponibilité du fourrage et à la réduction des coûts d’élevage.

S’agissant des parcours pastoraux, Abderrahmane Anflous a souligné que les dernières précipitations ont amorcé une amélioration progressive du couvert végétal, offrant un répit au cheptel et allégeant la pression sur les aliments pour bétail, surtout si les pluies se poursuivent dans les semaines à venir.