Achraf Hakimi a remporté une double victoire ce dimanche : en guidant ses coéquipiers vers la qualification en quarts de finale de la CAN 2025, d’abord, mais en étant titularisé pour la première fois depuis 61 jours et sa sortie en pleurs au Parc des Princes après avoir subi un tacle dangereux de Luis Diaz (0-2). Le Parisien a disputé l’intégralité de la rencontre avec le brassard de capitaine, porté par Bounou au cours des deux dernières rencontres du Maroc après la blessure de Romain Saïss lors du match d’ouverture.
La performance du latéral droit du PSG peut se résumer à sa contribution décisive de la 64e minute : le numéro 2 marocain a servi idéalement Brahim Diaz en profondeur sur le côté droit, avant que l’ailier du Real Madrid ne trompe Hussein Massalanga sur une frappe du pied droit dans un angle fermé. Une passe simple mais dans le bon tempo qui illustre l’application et la capacité d’Hakimi à créer des décalages en combinant avec ses coéquipiers.
Le Ballon d’Or africain a même été tout proche de marquer en catapultant sur la barre transversale un coup franc puissant du pied droit (60e), alors que des « Hakimi ! Hakimi ! » venaient de retentir dans un Stade Prince Moulay Abdellah entièrement acquis à sa cause. Il a également été à l’origine des principales situations intéressantes des Marocains en participant à une combinaison collective proche d’être conclue par une tête d’El Kaabi (24e), et délivré un centre idéalement dosé qui aurait mérité d’être décisif à l’avant-centre spécialiste des retournés (55e).
« Il a grandi pendant le match »
Le capitaine des Lions de l’Atlas avait pourtant débuté son match sur la réserve, sans oser les projections qui font habituellement sa force au PSG, préférant s’intégrer dans l’arrière-garde marocaine. Sur le plan défensif, il a également lâché d’entrée le marquage au second poteau sur l’attaquant tanzanien Simon Nsuva, qui aurait ouvert le score seul face au but vide s’il avait cadré sa tête à la réception d’un centre puissant d’Abdul Suleiman (3e). Si Hakimi s’est ensuite rattrapé en récupérant des ballons précieux (4e, 28e), le 6e du dernier Ballon d’Or a rappelé en seconde période qu’il possède un potentiel créatif trop important pour se contenter de couvrir son couloir.
Sa montée en puissance au fil de la rencontre symbolise celle de son équipe. « Il a grandi pendant le match, il a retrouvé un peu ses repères, a affirmé le sélectionneur marocain Walid Regragui en conférence de presse après la rencontre, avant d’ajouter : « Il a encore des repères à trouver avec Brahim et le milieu qui jouera de leur côté, aujourd’hui c’était Bilal [El Khanouss] ».
« Il fallait qu’on prenne le risque qu’il joue 90 minutes »
L’entraîneur qui a emmené les Lions de l’Atlas jusqu’en demi-finales de la Coupe du monde 2022 estime qu’Hakimi saura encore élever son niveau de jeu au prochain tour. « Le meilleur d’Achraf, on va le voir en quarts de finale. Il fallait qu’on prenne le risque qu’il joue 90 minutes, parce que le rythme de la compétition, tu peux le travailler autant que tu veux, ça reste un match à élimination directe où il y a beaucoup de tension », a jugé Regragui.
Une tension particulière pour Hakimi, face aux attentes concernant sa condition physique autant que sur sa capacité à fluidifier le jeu de son équipe, que le latéral parisien aura su supporter ce dimanche – une nouvelle victoire.