Brahim Diaz, buteur lors de Maroc – Tanzanie en huitièmes de finale de la CAN le 4 janvier 2025
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Il n’était même plus sur le terrain, mais c’est lui qui a capté toute l’attention au coup de sifflet final. Membres du staff, coéquipiers : tout le monde voulait toucher un mot à Brahim Diaz après la victoire du Maroc face à la Tanzanie ce dimanche en début de soirée (0-1) en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Ce n’était évidemment pas par hasard. Le pays hôte de la CAN 2025 a eu toutes les difficultés du monde à se défaire d’un adversaire largement à sa portée sur le papier. Et une fois de plus, la solution est venue de Brahim Diaz.
Peu après l’heure de jeu, l’ailier droit du Real Madrid a fait sauter le verrou tanzanien d’une frappe puissante au premier poteau. Une action qu’il a créée quasiment tout seul, après avoir crocheté son défenseur sur un ballon récupéré à l’entrée de la surface. Son quatrième but en autant de rencontres ce qui fait de lui le meilleur buteur de la compétition. Pour la première CAN au Maroc depuis près de 40 ans, Brahim Diaz est en train de porter le Maroc sur ses épaules et d’emmener tous ses coéquipiers avec lui.
“C’est ma première CAN, ce n’est pas facile, a-t-il rappelé en conférence de presse après le match. Mais je suis heureux de marquer pour mon équipe et de le faire pour mon pays.” A 26 ans, il est en effet arrivé inexpérimenté sur la scène continentale au début de la compétition. Mais quelle première. Lui qui ne compte que 19 sélections avec le Maroc tient déjà un record : jamais, avant lui, un joueur marocain n’avait marqué quatre buts sur une seule Coupe d’Afrique des Nations. Meilleur buteur de la compétition, Brahim Diaz a déjà coché ses cases, et pourrait même fixer la barre encore plus haut puisque le Maroc est qualifié pour les quarts de finale.
Une sortie en boitillant
Son équipe en aura sûrement besoin. Car la brillance du joueur madrilène a, une fois de plus ce dimanche, permis de faire oublier les carences du Maroc. “C’était un match difficile, je dois dire que les Tanzaniens ont bien joué, a-t-il reconnu après la rencontre en zone mixte. Je suis tellement fier de notre équipe, de tout le monde, des fans.” “On n’a pas été à notre niveau aujourd’hui. Surtout en première mi-temps, on a perdu 45 minutes. Beaucoup de déchet technique, beaucoup de stress” a admis à son tour le sélectionneur Walid Regragui au micro du diffuseur beIN Sport quelques instants plus tard.
Les Lions de l’Atlas sont effectivement passés proche de tout gâcher ce dimanche soir. Et il se pourrait que les oreilles de Walid Regragui n’aient pas fini de siffler. Parce que son équipe a montré les mêmes lacunes qui lui étaient reprochées en début de compétition, dont une difficulté à maîtriser l’évènement, et s’en est encore remis à sa meilleure individualité pour débloquer la situation. Comme face aux Comores, en match d’ouverture de la compétition, ou face au Mali, quelques jours plus tard. A chaque fois, Brahim Diaz avait ouvert le score avant de… céder sa place aux alentours de la 70e minute de jeu.
Le sélectionneur marocain se justifiait alors en expliquant que, s’il sortait systématiquement son meilleur joueur, c’était pour le préserver physiquement. Critiquées, ses précautions se sont révélées opportunes, et pourraient ne pas avoir suffi. C’est en boitillant, après s’être allongé à proximité du rond central, que Brahim Diaz est sorti du terrain à la 86e minute de jeu face à la Tanzanie. Avec sa jambe, c’est tout le royaume qui tremble et craint l’absence en quart d’un joueur devenu indispensable. Il est si précieux, cet arbre qui cache la forêt.