L’ancienne ministre socialiste s’est rendue en Algérie la semaine passée, où elle a pu obtenir le transfert du journaliste Christophe Gleizes dans une prison près de la capitale.Un voyage pour “dialoguer, écouter, observer”, au cours duquel elle s’est entretenue avec le président algérien, a-t-elle expliqué dans “Bonjour ! La matinale de TF1”.Elle exhorte le gouvernement à renouer le plus vite possible avec Alger, en mettant fin à la crise diplomatique.

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Après un réchauffement, le ton remonte d’un cran entre Paris et Alger

Alors que “tout est rompu” entre Alger et Paris, elle appelle à reprendre le chemin du dialogue. L’ex-ministre socialiste Ségolène Royal, qui s’est rendue en Algérie la semaine passée pour y rencontrer le journaliste français détenu Christophe Gleizes (nouvelle fenêtre), a exhorté lundi Emmanuel Macron à faire “un geste de réconciliation et de reconnaissance”. “Il est évident que nous devons cette réconciliation aux jeunes générations, des deux côtés (de la) rive”, a-t-elle insisté dans “Bonjour !”, la matinale de TF1. 

Ségolène Royal s’est rendue à Alger vendredi, un voyage au cours duquel elle a rencontré le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Elle a “obtenu” le transfert près de la capitale (nouvelle fenêtre) de Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour “apologie du terrorisme” et retenu jusqu’alors depuis juin à Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est. Elle explique s’être déplacée en tant que présidente de l’Association France Algérie (AFA), statut qu’elle occupe depuis décembre. 

“Tous les pays sont là pour investir, sauf la France”, déplore l’ex-ministre

“Ils sont venus me chercher, je n’ai rien demandé, parce que je pense qu’ils avaient en effet des difficultés pour agir”, a déclaré l’ancienne candidate à l’élection présidentielle en France en 2007 (nouvelle fenêtre). “J’y suis allée pour dialoguer, écouter, observer, et chercher des solutions d’avenir”, a-t-elle fait valoir. Avant de déplorer que “tout (soit) rompu” entre les deux pays, “non seulement les relations économiques” mais aussi “diplomatiques” et “consulaires”, tandis que cette crise s’étire depuis l’été 2024 (nouvelle fenêtre)

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“La France et l’Algérie ont une histoire commune douloureuse, (…) notamment les conséquences dramatiques de la colonisation, n’ont jamais été reconnues (nouvelle fenêtre)“, a-t-elle renchéri. Selon elle, “tous les pays s’entendent avec l’Algérie, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne (…) et pas la France, alors que c’est nous qui avons l’histoire commune la plus douloureuse mais aussi la plus imprégnante de nos deux communautés”.

“Beaucoup de responsables français, parce qu’ils exploitent politiquement cette fracture, ne veulent pas comprendre que l’Algérie a beaucoup évolué”, a encore estimé l’ex-ministre, “estimant que tous les pays sont là pour investir dans ce pays, sauf la France, c’est quand même extravagant”. “Je ne pense pas que ce soit rentable aujourd’hui de s’occuper de l’Algérie”, “c’est ce qui explique peut-être beaucoup de lâchetés et de silences de la part de la classe politique”, a-t-elle cinglé au passage. 

Un revirement d’Emmanuel Macron pris “comme une trahison”

Ségolène Royal est également revenue sur les déclarations du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez (nouvelle fenêtre), qui a expliqué vendredi conditionner toute visite sur place à “des bougés très forts” de la part d’Alger, sur “la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière” et “la situation de Christophe Gleizes”. “Il faut y aller, c’est évident. Quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller”, a répliqué Ségolène Royal, assurant que le responsable est “attendu” sur place. 

Elle a par ailleurs indiqué avoir demandé un rendez-vous avec le président Emmanuel Macron, qu’elle exhorte à “faire un geste de réconciliation et de reconnaissance”. “Les autres pays colonisateurs ont fait cette reconnaissance, ont fait cette demande de pardon”, a-t-elle ajouté, estimant que le chef de l’Etat avait “a complètement changé” sur ce dossier, et que “cela a été douloureux par les Algériens, pris comme une trahison, d’une certaine façon”. “Un jour, il sera trop tard pour la France pour nouer ces partenariats”, a-t-elle encore mis en garde. 

M.L.