Un président du Sénat et un président de l’Assemblée nationale en voyage officiel commun à l’extérieur de la France, ce n’était jamais arrivé. « C’est la première fois et c’est au Maroc, cela veut dire quelque chose de la volonté […] qui nous anime de renforcer nos liens », a déclaré Yael Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale française, à l’occasion du Forum interparlementaire franco-marocain qui s’est achevé vendredi à Rabat. Avec le président du Sénat, Gérard Larcher, ils ont conduit une « importante délégation » à la taille inhabituelle, ce qui, selon elle, n’est pas un détail et illustre bien la volonté de Paris de conclure un nouveau traité avec le Maroc. « Nous voulons vraiment à partir de ce forum contribuer au couple franco-marocain, à l’image de ce que nous vivons avec l’Allemagne dans le cadre du traité d’Aix-la-Chapelle ou avec l’Italie dans le cadre du traité du Quirinal, avec cette dimension parlementaire », a déclaré Gérard Larcher, président du Sénat, pour illustrer la dimension que des parlementaires français veulent donner à la coopération avec la Chambre des représentants et la Chambre des conseillers marocains.
Aux côtés des exécutifs, les élus veulent pousser la coopération
Pour mémoire, le traité d’Aix-la-Chapelle signé en janvier 2019 et le traité du Quirinal signé en novembre 2021, approfondissent la coopération d’une part entre Paris et Berlin et Paris et Rome via notamment le rapprochement de leurs politiques économiques, diplomatiques et de défense, la coopération linguistique et culturelle, mais aussi le renforcement de la collaboration parlementaire.
Si la sécurité, la lutte contre le terrorisme et les droits des femmes ont constitué les quatre axes principaux des échanges, les parlementaires ont également mis l’accent sur la coopération économique, suite à la nouvelle dynamique donnée aux relations bilatérales à l’automne 2024 par le président Emmanuel Macron et le Roi Mohammed VI. En effet, ce déplacement de l’Elysée à Rabat avait donné lieu à la signature d’importants accords dans divers secteurs, se déclinant sur le long terme. « Il y a de nouveaux horizons à ouvrir […], la dimension de l’économie, avec Business France », a déclaré Gérard Larcher, président du Sénat français, estimant que les parlementaires devraient davantage s’investir dans ces domaines, afin de garantir des cadres législatifs qui favorisent l’accélération de la coopération. Saluant « le très grand talent des ministres » pour l’exécution de ces projets communs, il insiste sur la partition à jouer par les élus. « Il ne faut plus que les exécutifs, il faut la participation des parlements », a-t-il ajouté, annonçant des rencontres régulières au cours de cette année, entre parlementaires des deux pays pour préparer tout cela.