Le bras de fer entre le gouvernement et les avocats se poursuit. En l’absence d’éclaircissements tangibles autour du projet de loi 23.66, l’Association des Barreaux du Maroc a décidé de maintenir la suspension totale des activités professionnelles. Une mobilisation d’envergure nationale, accompagnée de nouvelles actions de protestation, devrait être annoncée dans les jours à venir.

Le Bureau de l’Association des Barreaux du Maroc (ABAM) a décidé, lors d’une réunion tenue, samedi 31 janvier 2026 à Rabat, de poursuivre l’arrêt total du travail des avocats, jusqu’à nouvel ordre. Cette décision fait suite à l’absence de démarches concrètes de la part du gouvernement pour répondre aux revendications de la profession relatives au projet de loi 23.66, considéré comme portant atteinte à l’indépendance des barreaux et en décalage avec les principes régissant l’exercice de la profession d’avocat.

Depuis l’arrêt de travail du 17 janvier, la mobilisation des avocats s’est intensifiée. Elle inclut le boycott des plateformes judiciaires numériques et la suspension des paiements électroniques des frais judiciaires, provoquant une perturbation significative du fonctionnement des tribunaux. La profession estime que cette escalade est devenue nécessaire face à un texte adopté sans accord final avec les barreaux et introduisant des mesures controversées, notamment un nouveau parcours d’accès à la profession et un régime disciplinaire renforçant le rôle du ministère de la Justice.

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L’ABAM réclame le retrait du projet et la réouverture d’un dialogue véritablement participatif, garantissant l’indépendance et l’autonomie des barreaux, tout en protégeant les droits des justiciables. Le Bureau annonce la tenue d’une conférence de presse mardi 3 février pour détailler sa position, ainsi qu’une marche nationale le vendredi 6 février, marquant l’extension de la contestation à l’espace public.

Parallèlement, l’Association envisage de saisir le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire pour étudier les moyens de préserver les droits de la défense durant cette période exceptionnelle. Les représentants des barreaux, estiment que le projet de loi actuel pourrait fragiliser les garanties du procès équitable et restreindre l’accès des jeunes diplômés à la profession.

Pour rappel, le projet de loi 23.66 vise à remplacer la loi n°28.08 en vigueur depuis 2008, afin de reformer l’organisation de ce métier. Tandis que le gouvernement reste silencieux, la profession maintient sa ligne dure et aucun calendrier de reprise du travail n’est fixé.