Au Maroc, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ne se joue pas seulement sur les pelouses. Elle se vit dans les marchés, les cafés, les quartiers populaires et jusque dans les tribunes, où les diasporas africaines donnent à la compétition une dimension continentale inédite. À Tanger, à Rabat ou à Casablanca, l’Afrique est en fête.
Au marché sénégalais de Casablanca, ce 3 décembre, l’effervescence est palpable. À quelques heures du huitième de finale Sénégal-Soudan, les commerçants accélèrent le rythme pour boucler leurs activités avant le coup d’envoi. Les téléviseurs s’allumeront bientôt, les drapeaux sont prêts à flotter dans le ciel de Casablanca.
Alioune, Sénégalais installé au Maroc, savoure l’ambiance : “Nous jouons à domicile parce que nous ne nous considérons pas comme des étrangers au Maroc. Le Sénégal et le Maroc sont deux pays frères. Nous sommes confiants. Nous souhaitons rencontrer le Maroc en finale, et c’est le Sénégal qui remportera la coupe, inchallah”, lance-t-il, sourire aux lèvres.
À quelques mètres de là, un vendeur de maillots de l’équipe nationale sénégalaise partage le même optimisme : “La coupe sera au Sénégal.”
Comme Alioune, près de 30 000 Sénégalais résidant au Maroc – selon les chiffres du Haut-Commissariat au plan (HCP) [le principal organisme en charge des statistiques] – ont les yeux rivés vers le stade de Tanger. L’enceinte de la ville du détroit accueille ce huitième de finale très attendu.
Mama Africa parle la darija
Direction Tanger. Dans les tribunes, le public sénégalais donne le ton. Environ 30 000 spectateurs ont afflué de tout le pays, mais aussi de l’étranger, pour assister à la rencontre. Quelques milliers de supporteurs soudanais ont également fait le déplacement depuis Rabat et Casablanca. Mais la majorité du public est composée de la diaspora sénégalaise, venue en nombre transformer le stade en chaudron.
Oussmane, un Sénégalais vivant à Tanger, affiche sa confiance : “Je pense que le Sénégal va gagner”, affirme-t-il dans une darija [arabe dialectal utilisé au Maghreb] encore hésitante. Même assurance chez Amina, une Sénégalaise installée à Meknès : “J’ai un restaurant où je propose des plats sénégalais. Toutes les communautés viennent chez moi. Je suis un peu la Mama Africa. Vive l’Afrique !” conclut-elle dans une darija parfaitement maîtrisée.
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