Le principal diplomate chinois a entamé mercredi sa tournée annuelle du Nouvel An en Afrique, avec un accent particulier sur l’est du continent, une région d’importance stratégique, alors que la deuxième économie mondiale cherche à renforcer son influence sur le continent.

Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, se rendra cette année en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie et au Lesotho.

La visite de Wang en Somalie – la première d’un ministre chinois des Affaires étrangères depuis les années 1980 – devrait offrir à Mogadiscio un soutien diplomatique, après que l’Israël est devenu le mois dernier le premier pays à reconnaître officiellement la République autoproclamée du Somaliland, une région du nord qui a déclaré son indépendance en 1991. 

Pékin, qui a réitéré son soutien à la Somalie suite à l’annonce israélienne, souhaite renforcer son influence autour du golfe d’Aden, point d’entrée de la mer Rouge et corridor crucial pour le commerce chinois transitant par le canal de Suez vers les marchés européens.

Plus au sud, la Tanzanie occupe une place centrale dans la stratégie de Pékin visant à garantir l’accès aux vastes dépôts de cuivre africains. Des entreprises chinoises rénovent actuellement le chemin de fer Tazara qui traverse le pays jusqu’en Zambie. Li Qiang a effectué en novembre un voyage historique en Zambie, le premier d’un Premier ministre chinois depuis 28 ans.

Le chemin de fer est largement perçu comme un contrepoids au corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, qui relie la Zambie aux ports atlantiques via l’Angola et la République démocratique du Congo.

En se rendant au Lesotho, royaume d’Afrique australe, Wang entend mettre en avant la volonté de Pékin de se positionner en défenseur du libre-échange. L’an dernier, la Chine a offert un accès sans droits de douane à son marché de 19 000 milliards de dollars aux pays les plus pauvres du monde, concrétisant ainsi une promesse du président chinois Xi Jinping lors du sommet de la Coopération Chine-Afrique en 2024 à Pékin.

Le Lesotho, l’un des pays les plus pauvres du monde avec un produit intérieur brut de tout juste plus de 2 milliards de dollars, a été parmi les nations les plus touchées par les tarifs douaniers imposés l’an dernier par le président américain Donald Trump, subissant des droits pouvant atteindre 50% sur ses exportations vers les États-Unis.