{"id":13112,"date":"2026-01-09T11:45:09","date_gmt":"2026-01-09T11:45:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/13112\/"},"modified":"2026-01-09T11:45:09","modified_gmt":"2026-01-09T11:45:09","slug":"abdellatif-al-ansari-a-peine-2-des-entreprises-beneficient-des-subventions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/13112\/","title":{"rendered":"Abdellatif Al-Ansari : \u201c\u00c0 peine 2% des entreprises b\u00e9n\u00e9ficient des subventions\u201d"},"content":{"rendered":"<p>Abdellatif Al-Ansari<br \/>Membre du parti de l\u2019Istiqlal<\/p>\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, les entreprises financent la formation professionnelle \u00e0 travers la taxe de formation professionnelle, sans pouvoir en b\u00e9n\u00e9ficier. Abdellatif Al Ansari auteur de la missive d\u00e9pos\u00e9e aupr\u00e8s de la Chambre des conseillers, revient sur les dysfonctionnements persistants du dispositif de formation continue ainsi que sur le r\u00f4le des GIAC et les limites des r\u00e9formes annonc\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 quel moment avez-vous constat\u00e9 que les m\u00e9canismes de formation continue financ\u00e9s par la TFP ne fonctionnaient plus normalement ?<br \/>Le constat s\u2019est impos\u00e9 lorsque les GIAC ont commenc\u00e9 \u00e0 accumuler des retards importants dans la r\u00e9ception des subventions de l\u2019\u00c9tat. Ces structures jouent pourtant un r\u00f4le central dans la formation continue et l\u2019accompagnement des entreprises. En r\u00e9alit\u00e9, ce dysfonctionnement n\u2019est pas nouveau. Il existe depuis plusieurs ann\u00e9es, voire plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>De quoi parle-t-on pr\u00e9cis\u00e9ment lorsqu\u2019on \u00e9voque ce dysfonctionnement ?<br \/>Toutes les entreprises, en particulier les Tr\u00e8s petites, petites et moyennes, s\u2019acquittent chaque mois de la taxe de formation professionnelle \u00e0 travers leurs d\u00e9clarations \u00e0 la CNSS. En contrepartie, une partie de cette taxe est cens\u00e9e financer la formation continue. Or, nous avons constat\u00e9 que les 30% th\u00e9oriquement allou\u00e9s \u00e0 cet usage ne le sont jamais int\u00e9gralement. Les montants effectivement mobilis\u00e9s sont souvent tr\u00e8s inf\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Qui b\u00e9n\u00e9ficie alors r\u00e9ellement de ces dispositifs ?<br \/>Les chiffres sont parlants. \u00c0 peine 2% des entreprises b\u00e9n\u00e9ficient de ces subventions, et ce sont tr\u00e8s souvent les m\u00eames. Les grandes entreprises, parfois des multinationales, disposent de l\u2019information, ma\u00eetrisent les proc\u00e9dures et acc\u00e8dent donc plus facilement aux m\u00e9canismes existants. \u00c0 l\u2019inverse, les TPME en sont largement exclues. Ce constat est valable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale et concerne l\u2019ensemble des secteurs.<\/p>\n<p>Les GIAC sont-ils tous concern\u00e9s par ce blocage ?<br \/>Oui. Tous les GIAC, relevant de l\u2019ensemble des secteurs, sans distinction. Les f\u00e9d\u00e9rations professionnelles n\u2019ont pas re\u00e7u les subventions qui devaient leur permettre de financer les \u00e9tudes sectorielles, les diagnostics strat\u00e9giques et les plans de formation au profit de leurs entreprises adh\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Comment expliquer que des budgets valid\u00e9s d\u00e8s 2021, notamment pour les GIAC, n\u2019aient jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9caiss\u00e9s ?<br \/>Justement, c\u2019est toute la question. Nous n\u2019avons pas de r\u00e9ponse claire. C\u2019est la raison pour laquelle nous avons interpell\u00e9 le ministre. Ces montants auraient d\u00fb \u00eatre revers\u00e9s aux GIAC afin qu\u2019ils puissent remplir pleinement leur mission. Or, cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas.<\/p>\n<p>O\u00f9 se situe, selon vous, le point de blocage dans la cha\u00eene de d\u00e9cision ?<br \/>Elle est l\u00e0, toute la difficult\u00e9. Depuis 2021, le processus est \u00e0 l\u2019arr\u00eat sans explication op\u00e9rationnelle. Les bureaux d\u2019\u00e9tudes qui travaillent avec les GIAC ont r\u00e9alis\u00e9 des \u00e9tudes sectorielles, mais ils ne peuvent \u00eatre pay\u00e9s faute de financement. La souffrance est donc double : pour les GIAC eux-m\u00eames et pour les prestataires qui interviennent en amont. Pendant ce temps, les entreprises continuent de cotiser.<\/p>\n<p>Justement, comment les chefs d\u2019entreprise vivent-ils cette situation ?<br \/>Ils s\u2019interrogent, \u00e0 juste titre au sujet d\u2019une taxe auquel ils contribuent sans b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un retour concret. Pourtant, la formation professionnelle a fait l\u2019objet de nombreuses orientations royales et de multiples r\u00e9unions au plus haut niveau. Sur le terrain, les r\u00e9sultats se font toujours attendre.<\/p>\n<p>Une r\u00e9forme de la gouvernance de la formation continue est annonc\u00e9e. Peut-elle corriger ces blocages ?<br \/>Sur le papier, oui. Th\u00e9oriquement, la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle instance charg\u00e9e de la formation continue peut apporter une solution. Mais le probl\u00e8me au Maroc n\u2019est pas tant la conception des politiques publiques que leur mise en \u0153uvre. Nous avons souvent de bonnes strat\u00e9gies, bien pens\u00e9es, mais leur application se heurte \u00e0 des difficult\u00e9s de gouvernance. Tout d\u00e9pendra donc de l\u2019ex\u00e9cution effective et de la capacit\u00e9 de la tutelle \u00e0 assumer pleinement ses responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 court terme, quelles sont les mesures concr\u00e8tes qui pourraient \u00eatre prises ?<br \/>La priorit\u00e9 est de r\u00e9gler les arri\u00e9r\u00e9s dus aux GIAC et aux bureaux d\u2019\u00e9tudes. Ensuite, il faut installer rapidement la nouvelle instance annonc\u00e9e par le ministre, lui confier ce dossier et lui permettre de r\u00e9pondre, sans d\u00e9lai, aux besoins des entreprises en mati\u00e8re de formation continue.<\/p>\n<p>Ayoub Ibnoulfassih \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Abdellatif Al-AnsariMembre du parti de l\u2019Istiqlal Depuis plusieurs ann\u00e9es, les entreprises financent la formation professionnelle \u00e0 travers la&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":13113,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[8906,8907,8908,1712,158,8909],"class_list":{"0":"post-13112","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-maroc","8":"tag-abdellatif-al-ansari","9":"tag-formation-professionnelle","10":"tag-giac","11":"tag-la-une","12":"tag-maroc","13":"tag-subventions"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13112"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13112\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13113"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}