{"id":20607,"date":"2026-01-13T11:25:11","date_gmt":"2026-01-13T11:25:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/20607\/"},"modified":"2026-01-13T11:25:11","modified_gmt":"2026-01-13T11:25:11","slug":"que-reste-t-il-des-interets-economiques-de-la-france-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/20607\/","title":{"rendered":"Que reste-t-il des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la France en Afrique ?"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t\tPubli\u00e9 le 13 janvier 2026 &#8211; <a class=\"url fn spip_in\" href=\"https:\/\/survie.org\/auteur\/survie\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Survie<\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au fond, nous nous sommes pris dans un espace du jeu tr\u00e8s \u00e9tonnant o\u00f9 nous, Fran\u00e7ais et Europ\u00e9ens, nous subissons des discours anticoloniaux qui ne correspondent plus \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s, \u00e0 notre pratique.\u00a0\u00bb (Emmanuel Macron, 08\/01\/2026).<\/p>\n<p>Alors que le discours sur la \u00ab\u00a0fin de l\u2019influence fran\u00e7aise en Afrique\u00a0\u00bb s\u2019impose dans le d\u00e9bat public, un nouveau rapport de l\u2019association Survie &#8220;Que reste-t-il des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la France en Afrique\u00a0?&#8221; apporte un \u00e9clairage radicalement diff\u00e9rent.  S\u2019appuyant sur des donn\u00e9es statistiques in\u00e9dites et une analyse de long terme, il montre que si les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques fran\u00e7ais ont fortement recul\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle macro\u00e9conomique, les entreprises fran\u00e7aises continuent de peser tr\u00e8s lourd dans plusieurs pays d\u2019Afrique subsaharienne, en particulier dans l\u2019ancien pr\u00e9-carr\u00e9 colonial. Une asym\u00e9trie profonde, largement invisible depuis la France, mais aux effets politiques, sociaux et d\u00e9mocratiques majeurs.<\/p>\n<p>Les \u00e9changes commerciaux ne disent plus l\u2019essentiel des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques fran\u00e7ais en Afrique. Si la part de march\u00e9 de la France en Afrique subsaharienne est pass\u00e9e de 15\u00a0% \u00e0 environ 3\u00a0% depuis la fin des ann\u00e9es 1970, les entreprises fran\u00e7aises y disposent aujourd\u2019hui de 2 400 filiales, qui g\u00e9n\u00e8rent environ 41 milliards d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires par an, soit pr\u00e8s de quatre fois le montant des exportations fran\u00e7aises vers la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Dans plusieurs pays d\u2019Afrique francophone, ce chiffre d\u2019affaires repr\u00e9sente une part consid\u00e9rable de l\u2019\u00e9conomie nationale\u00a0: jusqu\u2019\u00e0 16\u00a0% du PIB au S\u00e9n\u00e9gal et au Gabon, plus de 11\u00a0% en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Autrement dit, ce qui est devenu marginal pour l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise reste structurant, voire \u00e9crasant, pour certaines \u00e9conomies africaines, notamment dans certains secteurs d\u2019activit\u00e9s cl\u00e9s.<\/p>\n<p>Le rapport montre notamment\u00a0:<\/p>\n<p>\u2022\tS\u2019il y a un recul ancien des \u00e9changes commerciaux et que la baisse des parts de march\u00e9 fran\u00e7aises en Afrique est massive, celle-ci s\u2019enclenche avant l\u2019arriv\u00e9e de la concurrence chinoise. Elle s\u2019inscrit dans le temps long de la mondialisation et de la d\u00e9sindustrialisation fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>\u2022\tUne r\u00e9sistance marqu\u00e9e dans l\u2019ancien pr\u00e9-carr\u00e9 colonial. Dans les anciennes colonies fran\u00e7aises, les parts de march\u00e9 se maintiennent autour de 10 \u00e0 12\u00a0%, soit un niveau tr\u00e8s sup\u00e9rieur au reste de l\u2019Afrique subsaharienne. Ces pays concentrent pr\u00e8s de 60\u00a0% du chiffre d\u2019affaires des multinationales fran\u00e7aises pr\u00e9sentes sur le continent.<\/p>\n<p>\u2022\tL\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif\u00a0: le poids des filiales fran\u00e7aises. Les entreprises fran\u00e7aises disposent d\u2019un r\u00e9seau tr\u00e8s dense de filiales en Afrique subsaharienne, qui g\u00e9n\u00e8re un chiffre d\u2019affaires largement sup\u00e9rieur aux flux commerciaux entre la France et la r\u00e9gion. Cette strat\u00e9gie d\u2019implantation locale, h\u00e9rit\u00e9e de la p\u00e9riode coloniale et renforc\u00e9e par les privatisations des ann\u00e9es 1990, concerne des secteurs cl\u00e9s du quotidien\u00a0: eau, \u00e9nergie, t\u00e9l\u00e9communications, transports ou distribution.<\/p>\n<p>\u2022\tUne relation structurellement asym\u00e9trique. Ce qui est devenu marginal pour l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise reste central pour plusieurs \u00e9conomies africaines. Cette asym\u00e9trie \u00e9claire les tensions politiques et les mobilisations visant les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9conomie\u00a0: une domination politique persistante<\/p>\n<p>Le rapport montre enfin que la persistance de la Fran\u00e7afrique ne peut plus \u00eatre expliqu\u00e9e par les seuls int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. Malgr\u00e9 leur recul relatif, l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais continue de mobiliser des leviers diplomatiques, militaires, culturels et mon\u00e9taires pour pr\u00e9server son influence sur le continent. Cette politique d\u2019ing\u00e9rence, co\u00fbteuse et de plus en plus contest\u00e9e, appara\u00eet largement d\u00e9connect\u00e9e de l\u2019importance r\u00e9elle de l\u2019Afrique pour l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise, mais lourde de cons\u00e9quences pour les soci\u00e9t\u00e9s africaines concern\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si l\u2019Afrique est devenue \u00e9conomiquement marginale pour la France, les entreprises fran\u00e7aises continuent de peser d\u2019un poids consid\u00e9rable dans plusieurs pays africains. Ce d\u00e9calage nourrit une relation profond\u00e9ment asym\u00e9trique, h\u00e9rit\u00e9e de la p\u00e9riode coloniale, que les discours sur le \u2018d\u00e9clin\u2019 fran\u00e7ais en Afrique cherchent \u00e0 masquer.\u00a0\u00bb explique Arthur Baron, charg\u00e9 de campagne \u00e0 Survie.<\/p>\n<p>Le rapport &#8220;Que reste-t-il des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la France en Afrique\u00a0?&#8221; est disponible ici\u00a0:<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/survie.org\/IMG\/pdf\/survie_-_rapport_-_que_reste-t-il_des_interets_economiques_de_la_france_en_afrique.pdf\" class=\" spip_doc_lien\" title=\"PDF - 5.6 Mio\" type=\"application\/pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/survie.org\/local\/cache-vignettes\/L64xH64\/pdf-b8aed.svg?1765896178\" width=\"64\" height=\"64\" alt=\"\" class=\"img-fluid\"\/><\/a><\/p>\n<p>[Rapport] Que reste-t-il des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la France en Afrique\u00a0?\n<\/p>\n<p>Contact presse<\/p>\n<p>Arthur Baron &#8211; Charg\u00e9 de campagnes et de mobilisations sur les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques fran\u00e7ais en Afrique<br \/>\narthur.baron@survie.org<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Publi\u00e9 le 13 janvier 2026 &#8211; Survie \u00ab\u00a0Au fond, nous nous sommes pris dans un espace du jeu&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20608,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[62],"tags":[64],"class_list":{"0":"post-20607","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-afrique","8":"tag-afrique"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20607","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20607"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20607\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20608"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}