{"id":21079,"date":"2026-01-13T16:20:08","date_gmt":"2026-01-13T16:20:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/21079\/"},"modified":"2026-01-13T16:20:08","modified_gmt":"2026-01-13T16:20:08","slug":"dou-vient-cette-maladie-parasitaire-et-comment-sen-proteger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/21079\/","title":{"rendered":"d\u2019o\u00f9 vient cette\u00a0maladie parasitaire et comment s\u2019en prot\u00e9ger\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Les schistosomes, de petits vers parasites, sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019une maladie aux cons\u00e9quences potentiellement graves\u00a0: la schistosomiase ou bilharziose. Une simple baignade dans des eaux infest\u00e9es par leurs larves peut suffire \u00e0 \u00eatre contamin\u00e9. Longtemps cantonn\u00e9e \u00e0 certains pays tropicaux, la maladie s\u2019\u00e9tend. Elle aborde d\u00e9sormais le sud de l\u2019Europe\u00a0: des cas ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s en Corse, ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Plus de 240\u00a0millions de personnes dans le monde <a href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\/news-room\/fact-sheets\/detail\/schistosomiasis\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">vivent avec un parasite dans le corps sans le savoir<\/a>. Ces personnes sont infect\u00e9es par des vers plats appartenant au genre Schistosoma, transmis par des escargots d\u2019eau douce. Ils sont responsables d\u2019une maladie appel\u00e9e schistosomiase ou bilharziose, dont les complications peuvent \u00eatre graves, allant jusqu\u2019au cancer du foie ou de la vessie.<\/p>\n<p>Si la grande majorit\u00e9 des personnes touch\u00e9es vivent en Afrique, en Am\u00e9rique latine ou en Asie, des foyers localis\u00e9s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment signal\u00e9s en Europe, <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/bilharziose-en-europe-a-la-recherche-de-nouvelles-armes-pour-combattre-cette-maladie-tropicale-deja-implantee-en-corse-213159\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">notamment dans le sud-est de la Corse<\/a>.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la lutte contre la bilharziose ne constitue donc plus seulement un enjeu de sant\u00e9 publique locale. Il s\u2019agit d\u2019un d\u00e9fi mondial, qui exige une veille \u00e9pid\u00e9miologique accrue, une coop\u00e9ration internationale renforc\u00e9e et des strat\u00e9gies adapt\u00e9es \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 environnementale en mutation.<\/p>\n<p>Une m\u00eame maladie, diff\u00e9rentes manifestations.<\/p>\n<p>La bilharziose est transmise par de petits escargots aquatiques vivant dans les eaux douces. Les larves de schistosomes les infectent, puis se multiplient dans leur organisme, avant d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9es dans les eaux environnantes.<\/p>\n<p>            <a href=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/550941\/original\/file-20230928-27-ozpk23.png?ixlib=rb-4.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/file-20230928-27-ozpk23.png\" class=\"native-lazy\" loading=\"lazy\"  \/><\/a><\/p>\n<p>              Le cycle des schistosomes, responsables de la schistosomiase ou bilharziose.<br \/>\n              <a class=\"source\" href=\"https:\/\/www.cdc.gov\/dpdx\/schistosomiasis\/index.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">DPDx, Centers for Disease Control and Prevention<\/a><\/p>\n<p>Elles vont alors se mettre en qu\u00eate de leur h\u00f4te final, un mammif\u00e8re (rongeur, b\u00e9tail, \u00eatre humain\u2026) immerg\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9. Une fois \u00e0 son contact, les larves percent sa peau et p\u00e9n\u00e8trent dans son corps. Apr\u00e8s un passage par le foie, elles se transforment en adultes, et s\u2019installent dans les veines proches de l\u2019intestin ou de la vessie.<\/p>\n<p>Si, dans certains cas, les premiers stades de l\u2019infection peuvent se traduire par une irritation de la peau ou de la fi\u00e8vre, souvent la maladie reste silencieuse pendant des mois.<\/p>\n<p>Les manifestations cliniques qui surviennent ensuite sont principalement li\u00e9es aux centaines d\u2019\u0153ufs produits chaque jour par les femelles. En effet, si une partie est \u00e9limin\u00e9e en m\u00eame temps que les mati\u00e8res f\u00e9cales ou les urines (et peuvent donc \u00e0 nouveau contaminer les eaux), certains restent pi\u00e9g\u00e9s dans les tissus. Des l\u00e9sions et des r\u00e9actions inflammatoires se produisent, qui peuvent avoir de lourdes cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Cependant, la bilharziose ne se manifeste pas de la m\u00eame fa\u00e7on partout. En effet, la forme de la maladie varie non seulement selon l\u2019esp\u00e8ce de vers parasites impliqu\u00e9e, mais aussi selon l\u2019esp\u00e8ce d\u2019escargots qui les transmettent, ainsi qu\u2019en fonction des saisons de transmission, propres \u00e0 chaque r\u00e9gion, ou encore des mesures de contr\u00f4le, tr\u00e8s d\u00e9pendantes des infrastructures locales.<\/p>\n<p>Type de maladie<\/p>\n<p>Sympt\u00f4mes<\/p>\n<p>Esp\u00e8ce impliqu\u00e9e<\/p>\n<p>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/p>\n<p>Schistosomiase intestinale<br \/>\n&#8211; typiques: douleurs abdominales, diarrh\u00e9e, et sang dans les selles;<\/p>\n<p>&#8211; atteintes avanc\u00e9es: h\u00e9patom\u00e9galie (augmentation du volume du foie), parfois associ\u00e9e \u00e0 une ascite (liquide p\u00e9riton\u00e9al) et une hypertension de la veine porte qui augmente le risque d&#8217;h\u00e9morragie; une spl\u00e9nom\u00e9galie (augmentation du volume de la rate) peut aussi \u00eatre observ\u00e9e. Risque de cancer du foie aux stades tardifs.<\/p>\n<p>Schistosoma mansoni<br \/>\nAfrique, Moyen-Orient, Cara\u00efbes, Br\u00e9sil, Venezuela et Suriname<\/p>\n<p>Schistosoma japonicum<br \/>\nChine, Indon\u00e9sie, Philippines<\/p>\n<p>Schistosoma mekongi<br \/>\nPlusieurs districts du Cambodge et de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique populaire lao<\/p>\n<p>Schistosoma guineansis et S. intercalatum (esp\u00e8ce voisine)<br \/>\nZones des for\u00eats tropicales humides en Afrique centrale<\/p>\n<p>Schistosomiase urog\u00e9nitale<br \/>\n&#8211; typiques: h\u00e9maturie (sang dans les urines);<\/p>\n<p>&#8211; atteintes avanc\u00e9es: l\u00e9sions r\u00e9nales, fibrose de la vessie et de l&#8217;uret\u00e8re, et risque de cancer de la vessie aux stades tardifs.<\/p>\n<p>Schistosoma haematobium<br \/>\nAfrique, Moyen-Orient, France (Corse)<\/p>\n<p>Dans certains cas d\u2019infection aigu\u00eb, des manifestations atypiques (paralysies) ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites. Chez les enfants, l\u2019infection se traduit par une an\u00e9mie (car les parasites se nourrissent des cellules sanguines de leur h\u00f4te) ainsi que par un retard de croissance.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter la transmission de la maladie, outre les gestes individuels (voir encadr\u00e9 \u00ab\u00a0Comment se prot\u00e9ger\u00a0\u00bb), les programmes locaux de lutte contre les escargots et de sensibilisation communautaire sont essentiels, car ils permettent de rompre le cycle de transmission du parasite. Dans les zones end\u00e9miques, la participation aux campagnes de traitement collectif au <a href=\"https:\/\/www.vidal.fr\/medicaments\/substances\/praziquantel-2904.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">praziquantel<\/a> permet en outre d\u2019\u00e9viter les formes chroniques.<\/p>\n<p>Cette parasitose, bien que connue depuis longtemps, demeure malheureusement d\u2019actualit\u00e9. Chaque nouveau barrage ou projet d\u2019irrigation, chaque communaut\u00e9 d\u00e9pourvue d\u2019assainissement cr\u00e9ent les conditions pour une transmission renouvel\u00e9e. Une situation encore aggrav\u00e9e par les modifications li\u00e9es au changement climatique en cours, ou au d\u00e9veloppement de certaines pratiques, parmi lesquelles l\u2019\u00e9cotourisme, qui, en favorisant les voyages dans des zones rurales ou naturelles parfois peu surveill\u00e9es sur le plan sanitaire, accro\u00eet le risque d\u2019exposition \u00e0 des eaux contamin\u00e9es par les schistosomes.<\/p>\n<p>Au sein de notre laboratoire, et en collaboration avec des centres de recherche en Europe, Am\u00e9rique du Nord et Am\u00e9rique du Sud ainsi qu\u2019en Afrique de l\u2019Ouest, nous travaillons \u00e0 comprendre la dispersion des parasites et des mollusques vecteurs. Nous \u00e9tudions aussi la possibilit\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer la r\u00e9sistance des escargots contre le parasite, et nous explorons la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 des modifications \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques et g\u00e9n\u00e9tiques pour rendre les parasites vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p>Un parasite qui s\u2019adapte aux activit\u00e9s humaines<\/p>\n<p>Le cycle de la bilharziose repose sur trois \u00e9l\u00e9ments\u00a0: le parasite, l\u2019escargot, et l\u2019eau. D\u00e8s que ces trois conditions sont r\u00e9unies, la transmission est possible. Que ce soit dans les campagnes br\u00e9siliennes, le Nil en \u00c9gypte, les rizi\u00e8res asiatiques ou les rivi\u00e8res corses, la bilharziose s\u2019adapte aux paysages humains.<\/p>\n<p>En Afrique de l\u2019Ouest, comme au S\u00e9n\u00e9gal et au B\u00e9nin, les \u00e9cosyst\u00e8mes fluviaux et les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es qui varient peu tout au long de l\u2019ann\u00e9e constituent des habitats id\u00e9aux pour les escargots appartenant aux esp\u00e8ces Biomphalaria et Bulinus, vecteurs des formes intestinale et urinaire de la maladie. Dans ces r\u00e9gions, la transmission est observ\u00e9e tout au long de l\u2019ann\u00e9e. Elle est plus importante au sein des populations ayant un contact intense avec l\u2019eau, comme dans la ville fluviale de Ganvi\u00e9 (B\u00e9nin).<\/p>\n<p>            <a href=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/679938\/original\/file-20250714-56-3s61at.jpg?ixlib=rb-4.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" alt=\"Photo de p\u00eacheurs et habitants en pirogue dans la lagune de Ganvi\u00e9, au B\u00e9nin. Ce type d\u2019environnement, o\u00f9 l\u2019eau douce est omnipr\u00e9sente et les contacts humains fr\u00e9quents, constitue un terrain propice \u00e0 la transmission de la bilharziose.\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/file-20250714-56-3s61at.jpg\" class=\"native-lazy\" loading=\"lazy\"  \/><\/a><\/p>\n<p>              P\u00eacheurs et habitants en pirogue dans la lagune de Ganvi\u00e9, au B\u00e9nin. Ce type d\u2019environnement, o\u00f9 l\u2019eau douce est omnipr\u00e9sente et les contacts humains fr\u00e9quents, constitue un terrain propice \u00e0 la transmission de la bilharziose.<br \/>\n              Ronaldo Augusto, <a class=\"license\" href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by\/4.0\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">CC BY<\/a><\/p>\n<p>Au Br\u00e9sil, la forme intestinale pr\u00e9domine. En g\u00e9n\u00e9ral, les escargots vecteurs, principalement Biomphalaria glabrata, prolif\u00e8rent dans les r\u00e9servoirs d\u2019eau, les rivi\u00e8res et les lagunes. Les \u00e9pid\u00e9mies surviennent principalement dans les communaut\u00e9s rurales du Nord-Est et du Sud-Est, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable et \u00e0 l\u2019assainissement de base est souvent insuffisant.<\/p>\n<p>Cependant, il est surprenant de constater que des \u00e9pid\u00e9mies peuvent appara\u00eetre dans les zones urbanis\u00e9es, soit en raison de syst\u00e8mes d\u2019assainissement d\u00e9faillants, soit parce que des rongeurs se trouvent \u00e0 proximit\u00e9 de collections d\u2019eau douce. Malgr\u00e9 le succ\u00e8s des programmes de lutte, cette complexit\u00e9 fait de la bilharziose une maladie dynamique, capable de s\u2019adapter \u00e0 diff\u00e9rents sc\u00e9narios selon la r\u00e9gion du Br\u00e9sil consid\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>            <a href=\"https:\/\/images.theconversation.com\/files\/680099\/original\/file-20250715-64-j7obtd.png?ixlib=rb-4.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" alt=\"Ces deux images prises dans l\u2019\u00c9tat de Tocantins, au nord du Br\u00e9sil, pr\u00e9sentent deux sc\u00e9narios contrast\u00e9s de schistosomiase. Deux environnements end\u00e9miques distincts sont repr\u00e9sent\u00e9s\u00a0: l\u2019un, situ\u00e9 dans un parc naturel, o\u00f9 la transmission est principalement\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/file-20250715-64-j7obtd.png\" class=\"native-lazy\" loading=\"lazy\"  \/><\/a><\/p>\n<p>              Ces deux images prises dans l\u2019\u00c9tat de Tocantins, au nord du Br\u00e9sil, pr\u00e9sentent deux sc\u00e9narios contrast\u00e9s de schistosomiase. Deux environnements end\u00e9miques distincts sont repr\u00e9sent\u00e9s\u00a0: l\u2019un, situ\u00e9 dans un parc naturel, o\u00f9 la transmission est principalement maintenue par la faune sauvage (photo de gauche). L\u2019autre, en zone urbaine, se caract\u00e9rise par la pr\u00e9sence d\u2019habitations et une dynamique de transmission domin\u00e9e par les rejets de d\u00e9jections humaines non trait\u00e9es (photo de droite).<br \/>\n              Ronaldo Augusto, <a class=\"license\" href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by\/4.0\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">CC BY<\/a><\/p>\n<p>En Asie, la situation est encore plus complexe. En effet, l\u2019esp\u00e8ce qui y s\u00e9vit, Schistosoma japonicum, pr\u00e9sente une capacit\u00e9 particuli\u00e8rement marqu\u00e9e \u00e0 contaminer de nombreux h\u00f4tes mammif\u00e8res (elle infecte aussi bien les humains que les bovins et les rongeurs). Le risque d\u2019infection est renforc\u00e9 par les syst\u00e8mes agricoles traditionnels, notamment la riziculture et l\u2019\u00e9levage bovin, qui favorisent des contacts \u00e9troits et durables entre humains, animaux et milieux aquatiques (l\u2019escargot vecteur, Oncomelania hupensis, vit dans les rizi\u00e8res et les zones humides). Cette situation complique fortement les efforts de contr\u00f4le. Par ailleurs, chaque inondation peut ouvrir de nouvelles zones de transmission.<\/p>\n<p>M\u00eame dans les r\u00e9gions hors des zones tropicales, la bilharziose peut surprendre. C\u2019est par exemple le cas en Corse, ou des touristes ont contract\u00e9 la maladie apr\u00e8s avoir nag\u00e9 dans la rivi\u00e8re Cavu, entre 2013 et 2022.<\/p>\n<p>Des analyses ont confirm\u00e9 la pr\u00e9sence sur l\u2019\u00eele d\u2019escargots Bulinus truncatus et du parasite S. haematobium, probablement introduit par des voyageurs en provenance de zones end\u00e9miques au S\u00e9n\u00e9gal. Cet \u00e9pisode a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de certains \u00e9cosyst\u00e8mes europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>            <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/file-20250715-56-z0l8kr.png\" class=\"native-lazy\" loading=\"lazy\"  \/><\/p>\n<p>              Dans une r\u00e9gion end\u00e9mique, le geste le plus s\u00fbr est d\u2019\u00e9viter tout contact avec les eaux douces potentiellement contamin\u00e9es. \u00c0 gauche, on observe au moins huit mollusques Biomphalaria dans une lagune end\u00e9mique au Br\u00e9sil. Sur la photo \u00e0 droite, de gauche \u00e0 droite\u00a0: un sp\u00e9cimen de Biomphalaria glabrata du Br\u00e9sil, un de Guadeloupe, et un Bulinus truncatus de Corse. Tous proviennent du molluscaire du laboratoire IHPE. Chaque carreau mesure cinq millim\u00e8tres (Photo\u00a0: Ronaldo Augusto).<\/p>\n<p>Une menace ancienne dans des paysages qui changent<\/p>\n<p>Bien plus qu\u2019une simple maladie tropicale, la schistosomiase est un indicateur des in\u00e9galit\u00e9s socio-\u00e9conomiques et de la mani\u00e8re dont nos environnements conditionnent notre sant\u00e9. La comprendre, c\u2019est aussi comprendre la fa\u00e7on dont s\u2019entrelacent infrastructures, climat et comportements humains.<\/p>\n<p>Mieux conna\u00eetre cette maladie, et mettre au point des moyens de lutte efficace devient d\u2019autant plus crucial que le changement climatique en cours favorise sa propagation. La hausse des temp\u00e9ratures et les modifications des r\u00e9gimes de pluie cr\u00e9ent de nouveaux habitats propices aux escargots vecteurs. C\u2019est aussi le cas de la pression sur les ressources en eau, qui conduit souvent \u00e0 la cr\u00e9ation de barrages, de retenues artificielles et de syst\u00e8mes d\u2019irrigation. Autant d\u2019am\u00e9nagements g\u00e9n\u00e9rant des zones d\u2019eau calme ou faiblement renouvel\u00e9e, particuli\u00e8rement favorables au d\u00e9veloppement desdits escargots.<\/p>\n<p>Cons\u00e9quence\u00a0: de nouvelles zones de transmission pourraient appara\u00eetre l\u00e0 o\u00f9 le risque \u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent consid\u00e9r\u00e9 comme nul. Des mod\u00e8les pr\u00e9dictifs sugg\u00e8rent d\u00e9j\u00e0 que certaines r\u00e9gions du sud de l\u2019Europe, notamment autour du Bassin m\u00e9diterran\u00e9en, pourraient pr\u00e9senter les conditions \u00e9cologiques n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement du cycle de transmission du parasite.<\/p>\n<p>Il faut savoir que le parasite ne s\u2019implante durablement dans une r\u00e9gion que si l\u2019h\u00f4te interm\u00e9diaire est pr\u00e9sent et si les conditions climatiques sont favorables. Or plusieurs esp\u00e8ces d\u2019escargots vecteurs, dont Planorbarius metidjensis et Bulinus truncatus, sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans certaines r\u00e9gions d\u2019Europe m\u00e9ridionale, ce qui explique un potentiel d\u2019\u00e9tablissement localis\u00e9 mais r\u00e9el.<\/p>\n<p>La r\u00e9\u00e9mergence de la bilharziose en Corse illustre comment cette maladie pourrait cesser d\u2019\u00eatre per\u00e7ue uniquement comme une maladie tropicale n\u00e9glig\u00e9e et commencer \u00e0 \u00eatre reconnue comme une infection \u00e9mergente, y compris dans les pays du Nord.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les schistosomes, de petits vers parasites, sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019une maladie aux cons\u00e9quences potentiellement graves\u00a0: la schistosomiase ou&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":21080,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[48],"tags":[159],"class_list":{"0":"post-21079","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-senegal"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21079","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21079"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21079\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21080"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21079"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21079"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21079"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}