{"id":22179,"date":"2026-01-14T05:23:06","date_gmt":"2026-01-14T05:23:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/22179\/"},"modified":"2026-01-14T05:23:06","modified_gmt":"2026-01-14T05:23:06","slug":"etienne-daho-son-enfance-traumatique-en-algerie-pendant-la-guerre-entre-bombes-et-cadavres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/22179\/","title":{"rendered":"\u00c9tienne Daho : son enfance traumatique en Alg\u00e9rie, pendant la guerre : entre &#8220;bombes&#8221; et &#8220;cadavres&#8221;"},"content":{"rendered":"<p>Ce 14 janvier 2026, \u00c9tienne Daho f\u00eate ses 70 ans. Une date symbolique pour cet artiste majeur de la pop fran\u00e7aise, dont<a href=\"https:\/\/vsd.fr\/57322-etienne-daho-attriste-par-la-souffrance-de-francoise-hardy\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> l\u2019\u00e9l\u00e9gance musicale et la pudeur ont travers\u00e9 les d\u00e9cennies.<\/a> <\/p>\n<p>Derri\u00e8re l\u2019ic\u00f4ne raffin\u00e9e, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e pour Week-end \u00e0 Rome, Le Grand Sommeil ou Comme un boomerang, se cache pourtant une enfance marqu\u00e9e par la violence, la peur et la guerre. <\/p>\n<p>N\u00e9 en 1956 \u00e0 Oran, en pleine guerre d\u2019Alg\u00e9rie, \u00c9tienne Daho a grandi dans un quotidien o\u00f9 les jeux d\u2019enfants se m\u00ealaient aux explosions, aux corps sans vie et \u00e0 l\u2019angoisse permanente.<\/p>\n<p>\u00c9tienne Daho a grandi sous les bombes<\/p>\n<p>\u00c9tienne Daho passe ses premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Cap Falcon, une station baln\u00e9aire pr\u00e8s d\u2019Oran, qui ressemble encore \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950 \u00e0 un petit paradis m\u00e9diterran\u00e9en. Mais ce d\u00e9cor idyllique vole en \u00e9clats avec l\u2019intensification du conflit alg\u00e9rien. Pour l\u2019enfant qu\u2019il \u00e9tait, la guerre s\u2019infiltre partout : dans les rues, dans les immeubles, dans les gestes du quotidien. On lui apprend \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire, mais aussi \u00e0 courir en se baissant, \u00e0 \u00e9viter les fen\u00eatres, \u00e0 s\u2019allonger dans les voitures <a href=\"https:\/\/www.public.fr\/etienne-daho-et-la-guerre-d-algerie-cadavres-dans-les-rues-bombes-a-gogo-ces-terribles-souvenirs-qui-ne-cessent-de-le-hanter\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">pour ne pas recevoir une balle perdue.<\/a><\/p>\n<p>Avec le recul, le chanteur confiera : &#8220;Pour un enfant, c\u2019est un jeu tout \u00e7a. Le monde de l\u2019enfance transforme tout ce qui est dangereux&#8221;. Une phrase gla\u00e7ante qui dit \u00e0 quel point la violence devient normale lorsqu\u2019elle est omnipr\u00e9sente. \u00c9tienne Daho et ses s\u0153urs apprennent \u00e0 &#8220;enjamber les cadavres&#8221;, \u00e0 jouer sous les bombes, \u00e0 composer avec la mort comme un d\u00e9cor banal.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s t\u00f4t, le p\u00e8re dispara\u00eet du foyer, laissant Lucie Douma, la m\u00e8re d\u2019\u00c9tienne Daho, seule pour \u00e9lever ses trois enfants dans un climat de guerre civile. Cette absence paternelle p\u00e8sera lourdement dans la construction intime de l\u2019artiste. Sans autorisation du p\u00e8re, il est impossible de quitter l\u2019Alg\u00e9rie. Tandis que les voisins fuient massivement, la famille Daho reste coinc\u00e9e, expos\u00e9e aux violences.<\/p>\n<p>Dans plusieurs interviews et podcasts, le chanteur a racont\u00e9 un \u00e9pisode particuli\u00e8rement traumatisant : une tentative d\u2019incendie criminel visant leur appartement. &#8220;On a voulu mettre le feu pour nous tuer&#8221;, se souvient-il. Sa m\u00e8re, seule face \u00e0 la menace, se d\u00e9fend comme elle peut, arm\u00e9e d\u2019un martinet. Une sc\u00e8ne absurde et terrifiante, qui inspirera plus tard la chanson De bien jolies flammes, bouleversant hommage \u00e0 cette m\u00e8re protectrice : &#8220;Lumi\u00e8re Lucie, auteur de mes jours, de ma nuit&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>Le d\u00e9part d&#8217;Alg\u00e9rie<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e2ge de quatre ans et demi, \u00c9tienne Daho est plac\u00e9 quelques mois en pension, officiellement pour le prot\u00e9ger. Il y ressent pour la premi\u00e8re fois l\u2019arrachement, l\u2019angoisse de ne pas savoir o\u00f9 sont ses parents. Ce sentiment d\u2019abandon laissera une trace durable. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 huit ans qu\u2019il parvient enfin \u00e0 quitter l\u2019Alg\u00e9rie, presque clandestinement, dira-t-il plus tard. Une fuite plus qu\u2019un d\u00e9part.<\/p>\n<p>L\u2019arriv\u00e9e en France n\u2019est pas un soulagement imm\u00e9diat. Apr\u00e8s un passage \u00e0 Paris, il est accueilli \u00e0 Reims par sa tante et son oncle et inscrit dans une \u00e9cole religieuse &#8220;tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re&#8221;. Le choc est immense. Il se sent diff\u00e9rent, marginalis\u00e9, marqu\u00e9 par son accent, son histoire, son pass\u00e9. Pour survivre, il choisit une strat\u00e9gie : devenir irr\u00e9prochable. &#8220;Une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre accept\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u2019\u00eatre bon en classe. Alors je me suis d\u00e9fonc\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p>Avec le temps, \u00c9tienne Daho comprendra que cette enfance sous la menace a fa\u00e7onn\u00e9 son rapport au monde. Il dira avoir d\u00e9velopp\u00e9 une &#8220;fascination absolue pour la vie&#8221; et une conscience aigu\u00eb de sa fragilit\u00e9. L\u00e0 o\u00f9 certains auraient sombr\u00e9, lui transforme ses traumatismes en douceur, en \u00e9l\u00e9gance, en musique. La guerre, la peur, la mort sont l\u00e0, en filigrane, derri\u00e8re les m\u00e9lodies lumineuses.<\/p>\n<p>Adulte, il expliquera ne pas aimer \u00eatre d\u00e9fini : ni par une origine, ni par une identit\u00e9 fig\u00e9e. &#8220;\u00catre d\u00e9fini par la religion, la couleur de peau ou la sexualit\u00e9 me fait horreur&#8221;. Peut-\u00eatre parce que son enfance lui a appris que ces \u00e9tiquettes pouvaient tuer.<\/p>\n<p>Une m\u00e9moire toujours vive<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il affirme avoir v\u00e9cu plus longtemps \u00e0 Londres qu\u2019en Alg\u00e9rie, \u00c9tienne Daho n\u2019a jamais totalement quitt\u00e9 cette terre natale. L\u2019Alg\u00e9rie reste un territoire intime, douloureux, jamais id\u00e9alis\u00e9. Il n\u2019a pas ressenti le besoin d\u2019y retourner pour s\u2019apaiser. La musique, la lecture, la cr\u00e9ation ont \u00e9t\u00e9 ses refuges.<\/p>\n<p>\u00c0 70 ans, celui que l\u2019on surnomme le dandy de la pop fran\u00e7aise appara\u00eet comme un survivant. Un enfant de la guerre devenu chantre de la sensualit\u00e9 et de la d\u00e9licatesse. Derri\u00e8re les refrains \u00e9l\u00e9gants, subsiste le souvenir d\u2019un petit gar\u00e7on qui jouait sous les bombes, apprenait \u00e0 \u00e9viter les cadavres et d\u00e9couvrait, bien trop t\u00f4t, que vivre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un acte de r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>\n          Hits &amp; People en continu\n        <\/p>\n<p>\n          Public Radio\n        <\/p>\n<p>      Mentionn\u00e9s dans cet article<\/p>\n<p>      Sur le m\u00eame sujet<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ce 14 janvier 2026, \u00c9tienne Daho f\u00eate ses 70 ans. 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