{"id":23100,"date":"2026-01-14T15:00:15","date_gmt":"2026-01-14T15:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/23100\/"},"modified":"2026-01-14T15:00:15","modified_gmt":"2026-01-14T15:00:15","slug":"france-algerie-timide-retablissement-des-canaux-diplomatiques-sur-fond-de-tensions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/23100\/","title":{"rendered":"\u200bFrance-Alg\u00e9rie : timide r\u00e9tablissement des canaux diplomatiques sur fond de tensions"},"content":{"rendered":"<p>&#8211; Advertisement &#8211;<\/p>\n<p>Huit mois apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 \u00e0 Paris, l\u2019ambassadeur de France en Alg\u00e9rie, St\u00e9phane Romatet, reconna\u00eet une reprise partielle des \u00e9changes entre Paris et Alger, sans pour autant parler de sortie de crise. <\/p>\n<p>Dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 RFI, il dresse le constat d\u2019une relation bilat\u00e9rale encore entrav\u00e9e par des blocages politiques, m\u00e9moriels et s\u00e9curitaires, malgr\u00e9 le r\u00e9tablissement r\u00e9cent de certains canaux de communication.<\/p>\n<p>\u00ab La crise n\u2019est pas termin\u00e9e, pas encore \u00bb, tranche l\u2019ambassadeur, alors m\u00eame que des \u00e9changes diplomatiques et s\u00e9curitaires ont repris depuis deux \u00e0 trois mois. Cette prudence refl\u00e8te l\u2019\u00e9tat actuel des relations entre les deux pays : une volont\u00e9 affich\u00e9e d\u2019apaisement, mais fragilis\u00e9e par une accumulation de signaux contradictoires.<\/p>\n<p>La lib\u00e9ration de l\u2019\u00e9crivain franco-alg\u00e9rien Boualem Sansal, intervenue le 12 novembre, a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue \u00e0 Paris comme un geste susceptible d\u2019ouvrir une phase de r\u00e9engagement. Mais cet espoir a \u00e9t\u00e9 rapidement temp\u00e9r\u00e9 par le maintien en d\u00e9tention du journaliste Christophe Gleizes, pr\u00e9sent\u00e9 par St\u00e9phane Romatet comme un \u00ab contre-signal \u00bb. Pour la diplomatie fran\u00e7aise, ces dossiers individuels sont devenus des indicateurs politiques du climat bilat\u00e9ral.<\/p>\n<p>\u00c0 ces tensions s\u2019ajoute le vote r\u00e9cent par l\u2019Assembl\u00e9e populaire nationale alg\u00e9rienne d\u2019un projet de loi criminalisant la colonisation fran\u00e7aise. Un texte qui, selon l\u2019ambassadeur, intervient \u00e0 un moment particuli\u00e8rement sensible et complique la dynamique de rapprochement. Les autorit\u00e9s fran\u00e7aises y voient une marque d\u2019hostilit\u00e9, renfor\u00e7ant l\u2019impression d\u2019un durcissement m\u00e9moriel assum\u00e9 par Alger.<\/p>\n<p>Sur le plan politique interne fran\u00e7ais, St\u00e9phane Romatet souligne \u00e9galement l\u2019impact n\u00e9gatif de certaines prises de position. Les d\u00e9clarations virulentes d\u2019\u00e9lus de droite et d\u2019extr\u00eame droite \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Alg\u00e9rie, relay\u00e9es dans l\u2019espace m\u00e9diatique, contribuent selon lui \u00e0 tendre davantage la relation. L\u2019ambassadeur met en garde contre toute stigmatisation d\u00e9passant les dirigeants pour viser un pays ou une population, rappelant la responsabilit\u00e9 des responsables politiques dans le choix des mots.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur la r\u00e9solution port\u00e9e par le Rassemblement national et soutenue par une partie de la droite et du centre \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise, St\u00e9phane Romatet se refuse \u00e0 parler de \u00ab rapport de force \u00bb. Il estime que l\u2019affichage public de telles logiques est contre-productif et d\u00e9fend, \u00e0 l\u2019inverse, une approche fond\u00e9e sur la discr\u00e9tion diplomatique et la restauration progressive des canaux de dialogue.<\/p>\n<p>Sur le terrain s\u00e9curitaire, la crise a eu des effets concrets. La coop\u00e9ration antiterroriste entre les deux pays a \u00e9t\u00e9 quasi suspendue pendant plusieurs mois. Ce n\u2019est que r\u00e9cemment que des \u00e9changes ont repris, signe d\u2019une prise de conscience partag\u00e9e des enjeux r\u00e9gionaux, notamment au Sahel. La visite \u00e0 Alger, le 20 novembre, de la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale du Quai d\u2019Orsay, Anne-Marie Desc\u00f4tes, a marqu\u00e9 le r\u00e9tablissement d\u2019un canal diplomatique formel, le premier depuis juillet 2024.<\/p>\n<p>La coop\u00e9ration migratoire constitue l\u2019autre dossier sensible. Paris attend une reprise effective des proc\u00e9dures permettant l\u2019\u00e9loignement des ressortissants alg\u00e9riens sous obligation de quitter le territoire fran\u00e7ais (OQTF), un sujet central pour le minist\u00e8re fran\u00e7ais de l\u2019Int\u00e9rieur. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019une visite de Laurent Nu\u00f1ez \u00e0 Alger est \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9tude \u00bb. Invit\u00e9 d\u00e8s novembre 2025, le ministre a exprim\u00e9 son souhait de se rendre en Alg\u00e9rie, \u00e0 condition que cette visite soit soigneusement pr\u00e9par\u00e9e sur les volets s\u00e9curitaire et migratoire.<\/p>\n<p>Quant au retour de St\u00e9phane Romatet \u00e0 son poste \u00e0 Alger, aucune date n\u2019est avanc\u00e9e. L\u2019ambassadeur se dit toutefois pr\u00eat \u00e0 \u00ab prendre toute sa part \u00bb dans une \u00e9ventuelle sortie de crise, esp\u00e9rant que 2026 marque la fin d\u2019une ann\u00e9e 2025 qualifi\u00e9e de \u00ab tr\u00e8s difficile \u00bb.<\/p>\n<p>Entre signaux d\u2019ouverture et tensions persistantes, la relation franco-alg\u00e9rienne demeure dans un entre-deux, sans rupture formelle ni v\u00e9ritable normalisation. L\u2019\u00e9volution du dialogue d\u00e9pend d\u00e9sormais de la capacit\u00e9 des deux capitales \u00e0 d\u00e9passer les postures politiques et \u00e0 transformer la reprise des \u00e9changes en avanc\u00e9es concr\u00e8tes.<\/p>\n<p>Samia Na\u00eft Iqbal<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"&#8211; Advertisement &#8211; Huit mois apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 \u00e0 Paris, l\u2019ambassadeur de France en Alg\u00e9rie, St\u00e9phane Romatet,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":23101,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[254],"tags":[1834,14242,255,14243,1315,14244,14245,14246],"class_list":{"0":"post-23100","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-algerie","8":"tag-abdelmadjid-tebboune","9":"tag-affaire-des-oqtf","10":"tag-algerie","11":"tag-crise-politique","12":"tag-emmanuel-macron","13":"tag-relations-franco-algeriennes","14":"tag-stephane-romatet","15":"tag-visas-pour-la-france"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23100","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23100"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23100\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23101"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23100"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23100"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23100"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}