{"id":234731,"date":"2026-05-14T17:44:32","date_gmt":"2026-05-14T17:44:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/234731\/"},"modified":"2026-05-14T17:44:32","modified_gmt":"2026-05-14T17:44:32","slug":"economie-bleue-face-au-tsunami-de-convoitises-etrangeres-lafrique-patauge-encore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/234731\/","title":{"rendered":"\u00c9conomie bleue. Face au tsunami de convoitises \u00e9trang\u00e8res, l\u2019Afrique patauge encore"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">On les dit strat\u00e9giques, vitales, prometteuses. Et si les mers africaines n\u2019\u00e9taient que le dernier mirage d\u2019un continent qui continue de voir ses richesses lui \u00e9chapper ? Au symposium de Rabat du 13 mai, juristes, \u00e9conomistes et officiels ont pos\u00e9 un diagnostic s\u00e9v\u00e8re sur une Afrique qui ne sait toujours pas transformer son littoral en puissance.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les rivalit\u00e9s g\u00e9opolitiques s\u2019exacerbent sur les routes maritimes et o\u00f9 la connectivit\u00e9 devient une arme, le continent africain dispose d\u2019atouts majeurs: environ 13 millions de km\u00b2 de zones \u00e9conomiques exclusives, 38 pays c\u00f4tiers et 30% du littoral mondial (environ 26.000 km). Pourtant, les \u00e9changes qui ont anim\u00e9 la 3\u1d49 \u00e9dition de l\u2019African Maritime Symposium, organis\u00e9e par le Policy Center for the New South, ont surtout mis en lumi\u00e8re un gouffre entre les ambitions affich\u00e9es et la r\u00e9alit\u00e9 de la gouvernance maritime africaine.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">En croisant les expertises juridiques, \u00e9conomiques, portuaires et \u00e9nerg\u00e9tiques des pan\u00e9listes, une v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9rangeante s\u2019est impos\u00e9e: l\u2019Afrique \u00e9choue encore \u00e0 transformer ses espaces maritimes en leviers de puissance, prisonni\u00e8re de textes non ratifi\u00e9s, d\u2019infrastructures d\u00e9faillantes et d\u2019une extraversion persistante.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/economie-bleue-latlantique-obstacle-inattendu-a-la-souverainete-africaine-encore-inachevee_GPJIM37LZVGGPKQ5JDAWDWOYVQ\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00c9conomie bleue: l\u2019Atlantique, obstacle inattendu \u00e0 la souverainet\u00e9 africaine encore inachev\u00e9e<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le conseiller gabonais Georges Mba Asseko, ancien responsable de l\u2019\u00e9conomie bleue \u00e0 la Commission de l\u2019Union africaine, a livr\u00e9 le constat le plus cinglant en \u00e9voquant la Charte de Lom\u00e9, instrument adopt\u00e9 en 2016 pour encadrer la s\u00fbret\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 maritimes. \u00abAujourd\u2019hui, 10 ans apr\u00e8s, il n\u2019y a que trois pays qui ont sign\u00e9 la Charte de Lom\u00e9 qui est le seul outil contraignant dont dispose l\u2019Union africaine, mais n\u2019int\u00e9resse pas nos pays\u00bb, a-t-il d\u00e9plor\u00e9. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ce blocage illustre un mal plus profond: la production de strat\u00e9gies continentales sans m\u00e9canismes d\u2019application, souvent par manque de volont\u00e9 politique et de contributions financi\u00e8res des \u00c9tats. \u00abL\u2019Union africaine souffre d\u2019un probl\u00e8me fondamental: de nombreux pays ne paient pas leur contribution. Nous sommes dans une institution extravertie, car le staff est aux ordres de nos partenaires\u00bb, a-t-il ass\u00e9n\u00e9, pointant la d\u00e9pendance aux financements ext\u00e9rieurs qui bride la souverainet\u00e9.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La juriste s\u00e9n\u00e9galaise Di\u00e9naba Beye, sp\u00e9cialiste du droit de la mer, d\u00e9monte avec rigueur l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la \u00abzone maritime commune africaine\u00bb, objectif phare de la Strat\u00e9gie africaine int\u00e9gr\u00e9e pour les mers et les oc\u00e9ans (horizon 2050). Adopt\u00e9e en 2014, cette strat\u00e9gie promettait une mise en commun des souverainet\u00e9s, mais elle bute sur une contradiction juridique insurmontable: \u00abon ne peut pas toucher aux droits acquis des \u00c9tats, notamment \u00e0 la mer territoriale. Aucun \u00c9tat n\u2019a accept\u00e9 d\u2019y renoncer\u00bb. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">M\u00eame l\u2019option d\u2019une mise en commun des zones \u00e9conomiques exclusives se heurte au droit national. Le groupe de travail charg\u00e9 de d\u00e9nouer ce n\u0153ud ne s\u2019est d\u2019ailleurs jamais r\u00e9uni. Pire, pr\u00e8s de 80% des \u00c9tats africains ont d\u00e9pos\u00e9 des demandes d\u2019extension du plateau continental, ce qui, une fois les recommandations rendues, redessinera des fronti\u00e8res et rendra encore plus hypoth\u00e9tique toute mutualisation. \u00abLa situation est un peu compliqu\u00e9e\u00bb, a sobrement r\u00e9sum\u00e9 la juriste.<\/p>\n<p lang=\"fr\">Juristes sp\u00e9cialistes du droit de la mer, directeurs d\u2019infrastructures portuaires, experts en \u00e9conomie bleue et en aquaculture, analystes des march\u00e9s \u00e9nerg\u00e9tiques, diplomates et officiers de marine: le symposium a r\u00e9uni une palette de comp\u00e9tences, venue du Maroc, du S\u00e9n\u00e9gal, du Gabon, de Mauritanie, du Niger, du Nig\u00e9ria, du Portugal et d\u2019\u00c9gypte, pour poser un diagnostic sans fard sur les impasses de la gouvernance maritime africaine.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/back.svg?d=294\" width=\"10\" height=\"20\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/next.svg?d=294\" width=\"10\" height=\"20\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/fullscreen.svg?d=294\" width=\"28\" height=\"28\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/pf\/resources\/images\/pause.svg?d=294\" width=\"30\" height=\"30\"\/><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019\u00e9conomie bleue repr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 11% du PIB africain et 9% des emplois, rappelle l\u2019expert mauritanien Zein El Abidine Mohamed Salem. Mais les intervenants ont d\u00e9nonc\u00e9 les obstacles structurels qui emp\u00eachent d\u2019en capter la valeur. D\u2019abord, l\u2019absence de donn\u00e9es oc\u00e9anographiques souveraines. \u00abAujourd\u2019hui, le continent repose sur des satellites d\u2019autres continents, sur des bathym\u00e9tries d\u2019autres pays pour comprendre ce qui se passe dans ses eaux\u00bb, alerte Majida Maarouf, directrice de l\u2019Agence nationale marocaine pour le d\u00e9veloppement de l\u2019aquaculture. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ensuite, la perte colossale de ressources: \u00ab30% des poissons captur\u00e9s se perdent par manque d\u2019infrastructures, de cha\u00eenes de froid\u00bb, sans oublier les 10 milliards de dollars \u00e9vapor\u00e9s chaque ann\u00e9e du fait de la p\u00eache ill\u00e9gale non d\u00e9clar\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/voici-les-10-pays-qui-seront-les-plus-riches-dafrique-en-2031-selon-le-fmi_7PKG3ZOIYNAWNOSQYZDQTYRJKQ\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Voici les 10 pays qui seront les plus riches d\u2019Afrique en 2031 selon le FMI<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019expert mauritanien Zein El Abidine Mohamed Salem met le doigt sur le paradoxe du financement: \u00abceux qui disposent du capital peinent \u00e0 identifier les projets. Les \u00c9tats doivent \u2018d\u00e9-risquer\u2019 ces secteurs \u00e9mergents\u00bb. Mais pour cela, il faut sortir d\u2019une gestion administrative de la ressource pour entrer dans une \u00abvision de cha\u00eene de valeur\u00bb, seul moyen de ne pas reproduire les erreurs de l\u2019\u00e9conomie extractive. L\u2019alerte est venue de la salle: \u00able navire chinois qui p\u00eache, l\u00e9galement ou non, est le m\u00eame qui connecte les donn\u00e9es oc\u00e9anographiques. Il faut tester la souverainet\u00e9 africaine\u00bb.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ports: le Maroc en locomotive, le continent \u00e0 la tra\u00eene<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Sanae El Amrani, directrice des Ports et du Domaine public maritime au Maroc, a pr\u00e9sent\u00e9 la strat\u00e9gie nationale qui fait figure d\u2019exception. Avec le nouveau port de Nador West Med et celui de Dakhla Atlantique (travaux finis \u00e0 58%), le royaume se positionne comme hub \u00e0 la crois\u00e9e des routes m\u00e9diterran\u00e9ennes et atlantiques, adoss\u00e9 \u00e0 un plan de transition verte exigeant (d\u00e9carbonation, connexion ferroviaire). <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Mais le tableau continental est sombre: \u00abl\u2019Afrique ne repr\u00e9sente que 7% des exportations et 5% des importations mondiales par voie maritime. Sur une centaine de ports, seuls 10 sont performants \u00bb, chiffre Georges Mba Asseko. Sanae El Amrani a surtout mis en garde contre les partenariats public-priv\u00e9 d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s dans les ports \u00e9nerg\u00e9tiques, o\u00f9 des d\u00e9veloppeurs \u00e9trangers gardent le contr\u00f4le au d\u00e9triment du caract\u00e8re public de l\u2019infrastructure. \u00abIl faut \u00eatre arm\u00e9 sur le plan juridique et sur le plan n\u00e9gociation pour pr\u00e9server la souverainet\u00e9 du pays\u00bb. Le d\u00e9ficit de connectivit\u00e9 ferroviaire avec l\u2019hinterland, notamment les pays enclav\u00e9s, reste un gouffre.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La tentation des hydrocarbures<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Francis Perrin, chercheur au Policy Center for the New South, a cartographi\u00e9 la nouvelle g\u00e9ographie \u00e9nerg\u00e9tique africaine, largement offshore. Depuis 2022, de nouveaux flux de p\u00e9trole et de gaz ont \u00e9merg\u00e9: le champ Baleine en C\u00f4te d\u2019Ivoire, le projet GTA S\u00e9n\u00e9gal-Mauritanie, le Mozambique qui devient un g\u00e9ant gazier avec Coral South, la Namibie futur producteur p\u00e9trolier avec Venus. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abL\u2019Afrique a longtemps march\u00e9 sur deux jambes, notamment l\u2019Afrique du Nord et le golfe de Guin\u00e9e. Elle marche d\u00e9sormais sur quatre avec l\u2019Afrique australe et l\u2019Afrique de l\u2019Est\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Mais cette manne pose un dilemme: la valorisation se limite \u00e0 l\u2019exportation de mati\u00e8res premi\u00e8res, car le raffinage et la p\u00e9trochimie sont complexes. Surtout, ces projets entr\u00e9s en exploitation apr\u00e8s l\u2019accord de Paris suscitent un malaise. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abLe p\u00e9trole et le gaz, c\u2019est beaucoup de tentations. Les pays africains disent: nous n\u2019accepterons pas que l\u2019on utilise le changement climatique pour nous emp\u00eacher de d\u00e9velopper notre potentiel\u00bb.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/senegal-cest-peut-etre-bon-pour-le-pays-mais-pas-pour-nous-les-riverains-remontes-contre-le-port-de_5I3X23EGGZC3NCRAI7LKANK2QA\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">S\u00e9n\u00e9gal. \u00abC\u2019est peut-\u00eatre bon pour le pays mais pas pour nous\u00bb: les riverains remont\u00e9s contre le port de Bargny<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">En marge des discours officiels, des propositions concr\u00e8tes ont \u00e9merg\u00e9 pour sortir de l\u2019orni\u00e8re. Une intervenante a plaid\u00e9 pour une coop\u00e9ration Sud-Sud structur\u00e9e par grands \u00e9cosyst\u00e8mes marins partag\u00e9s: \u00abla fa\u00e7ade atlantique africaine peut se d\u00e9cliner en trois sous-r\u00e9gions: l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me des Canaries, celui du golfe de Guin\u00e9e et le courant de Benguela. Ces r\u00e9gions ont les m\u00eames param\u00e8tres physiques, les m\u00eames probl\u00e9matiques. Se mettre ensemble permettrait de mobiliser des financements locaux sans d\u00e9pendre d\u2019un financement externe\u00bb. Une approche qui rompt avec le tout-continental et redonne aux \u00c9tats voisins la ma\u00eetrise de leurs priorit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Mais toute ambition se heurte \u00e0 l\u2019angle mort social. Un \u00e9conomiste a interpell\u00e9 les pan\u00e9listes sur l\u2019absence de garde-fous pour les p\u00eacheurs artisanaux confront\u00e9s aux grands projets extractifs ou portuaires: \u00abla mise en place d\u2019une plateforme p\u00e9troli\u00e8re occupe des espaces beaucoup plus grands que la plateforme elle-m\u00eame, emp\u00eachant les p\u00eacheurs d\u2019acc\u00e9der \u00e0 leurs zones de p\u00eache. Ces populations vuln\u00e9rables ne peuvent pas confronter de gros investisseurs\u00bb. Une externalit\u00e9 n\u00e9gative que ni les strat\u00e9gies africaines ni les partenariats public-priv\u00e9 n\u2019int\u00e8grent v\u00e9ritablement, et qui nourrit la d\u00e9fiance des communaut\u00e9s c\u00f4ti\u00e8res envers l\u2019\u00e9conomie bleue.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La bataille de la comp\u00e9tence reste tout aussi d\u00e9cisive. Majida Maarouf, dont l\u2019agence a fait du Maroc un mod\u00e8le de gouvernance aquacole, a insist\u00e9 sur l\u2019urgence de b\u00e2tir des centres d\u2019excellence, \u00e0 l\u2019image des pays d\u2019Asie du Sud-Est. \u00abEn Malaisie, \u00e0 Ta\u00efwan, la cr\u00e9ation de centres d\u2019excellence en aquaculture a permis, en deux d\u00e9cennies, une transformation substantielle du secteur. Il ne s\u2019agit pas seulement de former les gens, mais de former les formateurs\u00bb. Un transfert de savoir-faire sans lequel la souverainet\u00e9 maritime restera un slogan.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/societe\/sahel-moringa-gomme-arabique-et-eau-potable-comment-le-niger-transforme-la-regeneration-des-sols-en_BGZPSMVDNJDPJFDE4IOOFFBTC4\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Sahel: moringa, gomme arabique et eau potable. Comment le Niger transforme la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des sols en levier de revenus pour des millions de ruraux<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Enfin, Di\u00e9naba Beye rel\u00e8ve un d\u00e9tail lourd de sens: au moment de ratifier l\u2019accord BBNJ (*) sur la biodiversit\u00e9 en haute mer, \u00abpresque tous les \u00c9tats africains ont sign\u00e9, mais aucun n\u2019a fait de d\u00e9claration\u00bb. Un silence juridique qui, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les extensions du plateau continental vont redessiner les droits d\u2019acc\u00e8s, pourrait co\u00fbter cher. Derri\u00e8re ce mutisme, c\u2019est toute l\u2019absence d\u2019une diplomatie maritime offensive que la juriste a point\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Face aux impasses, plusieurs voix ont plaid\u00e9 pour une approche pragmatique de la coop\u00e9ration Sud-Sud, \u00e9loign\u00e9e des grands sommets. Georges Mba Asseko propose l\u2019exemple concret de p\u00eacheurs marocains aguerris qui viendraient s\u2019installer au Gabon pour former sur le tas des jeunes Gabonais, \u00abune coop\u00e9ration \u00e0 petite \u00e9chelle mais avec un impact social imm\u00e9diat\u00bb. Le symposium a aussi salu\u00e9 la doctrine atlantique marocaine, qui connecte les \u00c9tats du Sahel \u00e0 l\u2019oc\u00e9an, et l\u2019initiative \u00e9gyptienne pour le canal de Suez, preuve que des sous-r\u00e9gions commencent \u00e0 se structurer autour de leurs \u00e9cosyst\u00e8mes marins communs.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Au terme des d\u00e9bats, le diagnostic est sans appel : les mers africaines regorgent de promesses, mais la fragmentation institutionnelle, le manque de donn\u00e9es souveraines et l\u2019absence de cha\u00eenes de valeur locales maintiennent le continent dans un r\u00f4le de fournisseur de ressources brutes. Comme l\u2019a martel\u00e9 le conseiller gabonais, \u00abl\u2019avenir de notre continent est entre nos mains, mais il ne prosp\u00e9rera que si nous faisons l\u2019ing\u00e9nierie des probl\u00e8mes que nous avons\u00bb. Une ing\u00e9nierie qui exige de passer des textes aux actes, avant que les eaux turbulentes du monde n\u2019emportent les derni\u00e8res marges de man\u0153uvre africaines.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">&#8212;-<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">(*) L\u2019accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction) est un trait\u00e9 international contraignant qui vise \u00e0 prot\u00e9ger et g\u00e9rer la biodiversit\u00e9 des zones marines situ\u00e9es au\u2011del\u00e0 des juridictions nationales.<\/p>\n<p>Par <a class=\"article-main-information-credits-bold href\" href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/auteur\/Modeste Kouam\u00e9\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Modeste     Kouam\u00e9<\/a> et Said Bouchrit<\/p>\n<p>Le 14\/05\/2026 \u00e0 09h06<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"On les dit strat\u00e9giques, vitales, prometteuses. 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