{"id":24839,"date":"2026-01-15T11:15:11","date_gmt":"2026-01-15T11:15:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/24839\/"},"modified":"2026-01-15T11:15:11","modified_gmt":"2026-01-15T11:15:11","slug":"alain-juillet-president-dhonneur-de-lacademie-dintelligence-economique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/24839\/","title":{"rendered":"Alain JUILLET, Pr\u00e9sident d\u2019honneur de l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Intelligence \u00c9conomique : \u00ab (\u2026)"},"content":{"rendered":"<p>Alain JUILLET, Pr\u00e9sident honoraire de l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Intelligence \u00e9conomique (IE). Photo \u00a9 DD\/APP<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\tConseiller IE de trois anciens Premiers ministres fran\u00e7ais, Alain JUILLET nous fait part de ses analyses, en particulier sur l\u2019Afrique que l\u2019Union europ\u00e9enne ne sait appr\u00e9hender, et avec laquelle la France peine \u00e0 r\u00e9tablir la confiance malgr\u00e9 l\u2019excellence de ses nombreuses entreprises actives sur le continent. Un propos d\u00e9capant mais n\u00e9anmoins optimiste\u2026\n\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p style=\"color:white;\">.<\/p>\n<p>\nPropos recueillis par Denis DESCHAMPS pour AFRICAPRESSE.Paris<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n@DjuliusD @africa_presse<\/p>\n<p style=\"color:white;\">.<\/p>\n<p>\nOn ne pr\u00e9sente plus Alain Juillet. Mais quand m\u00eame\u2026 car son parcours est particuli\u00e8rement riche et int\u00e9ressant pour ce qui en fait sa coh\u00e9rence. Aujourd\u2019hui, Pr\u00e9sident (honoraire) de l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Intelligence \u00e9conomique (IE) et bien connu pour la pertinence de ses analyses g\u00e9opolitiques, il se pr\u00e9sente volontiers comme un entrepreneur (Directeur du d\u00e9veloppement international chez Pernod-Ricard, DG de Jacob-Suchard, puis Pr\u00e9sident de Marks &amp; Spencer), qui s\u2019est ensuite retrouv\u00e9 Directeur du renseignement \u00e0 la DGSE (Direction g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 ext\u00e9rieure) et Conseil pour l\u2019Intelligence \u00e9conomique de trois Premiers ministres (Villepin, Fillon, Raffarin) en France.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9union r\u00e9cente \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Dakhla (Maroc) des pays africains sur l\u2019Intelligence \u00e9conomique (IE), il a re\u00e7u le titre de Docteur honoris causa, dont il est d\u2019autant plus fier et heureux qu\u2019il pense que l\u2019IE est un relais formidable pour le d\u00e9veloppement d\u2019une Afrique qu\u2019il consid\u00e8re avec un r\u00e9el optimisme, mais teint\u00e9 de pragmatisme.<\/p>\n<p>Dans le contexte du nouveau d\u00e9sordre mondial qui se met en place sous l\u2019impulsion des \u00c9tats-Unis, Alain Juillet a accord\u00e9 un entretien \u00e0 AFRICAPRESSE.Paris pour nous faire part de ses analyses, en particulier vis-\u00e0-vis du continent africain.<\/p>\n<p>L\u2019ENTRETIEN avec Alain JUILLET, par Denis DESCHAMPS<\/p>\n<p>APP &#8211; Voulez-vous nous parler de l\u2019Afrique dans le contexte du nouveau d\u00e9sordre mondial, en 2026\u00a0?<\/p>\n<p>Alain JUILLET \u2013 D\u2019aucuns disent que le nouveau contexte international en 2026 marquerait la fin du principe d\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res, particuli\u00e8rement manifeste en Ukraine depuis l\u2019agression russe et avec la position des \u00c9tats-Unis vis-\u00e0-vis du Groenland. Cependant, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que nous sommes mal plac\u00e9s pour protester, car ce principe avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 largement battu en br\u00e8che par l\u2019Europe, quand elle a cr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces le Kosovo en 2008\u2026<\/p>\n<p>En Afrique, les lignes droites cr\u00e9\u00e9es par le Congr\u00e8s de Berlin de 1885 ne tiennent pas compte des r\u00e9alit\u00e9s ethniques, des royaumes anciens&#8230; et peuvent donc \u00eatre logiquement contest\u00e9es en tant que fronti\u00e8res, du point de vue des populations nomades (Touaregs), de la transhumance (Peuhls) ou de la question du partage des ressources (province de l\u2019Ituri, disput\u00e9e par le Rwanda \u00e0 la RDC \u2013 R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo).<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 cela, je pense qu\u2019il faut mieux prendre en compte les r\u00e9alit\u00e9s africaines, ce que l\u2019Union Europ\u00e9enne ne sait pas faire. Elle veut appliquer des crit\u00e8res uniformes \u00e0 une Afrique compos\u00e9e de 54 pays tr\u00e8s distincts.  Certains sont riches (comme la C\u00f4te d\u2019Ivoire dans l\u2019espace francophone) et tendent \u00e0 le devenir plus encore avec la croissance \u00e9conomique. D\u2019autres subissent une forme de \u00ab\u00a0paup\u00e9risation absolue\u00a0\u00bb qui les entra\u00eene dans une dynamique de pauvret\u00e9 avec constitution de zones de non-droit. C\u2019est ce qui explique, par exemple, le d\u00e9veloppement du banditisme et du djihadisme au Sahel.<\/p>\n<p>APP &#8211; Que doit donc faire l\u2019Europe par rapport \u00e0 l\u2019Afrique\u00a0?<\/p>\n<p>Alain JUILLET \u2013 L\u2019Union europ\u00e9enne \u2013 mais cela concerne aussi la France \u2013 doit imp\u00e9rativement changer de mentalit\u00e9 et d\u2019attitude  lorsqu\u2019elle s\u2019adresse \u00e0 l\u2019Afrique\u00a0: chacun des 54 pays qui composent l\u2019Afrique veut qu\u2019on lui parle d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal. Tous demandent qu\u2019on les respecte. En appliquant cette r\u00e8gle, nous nous diff\u00e9rencions des \u00c9tats-Unis, de la Chine ou de la Russie qui ont tous d\u2019autres approches.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi je pense que nous devons multiplier les conf\u00e9rences montrant aux Europ\u00e9ens l\u2019Afrique telle qu\u2019elle est et non pas telle que la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne voudrait qu\u2019elle soit. En France, la place prise par des diasporas largement politis\u00e9es et id\u00e9ologis\u00e9es pose un vrai probl\u00e8me. Ces minorit\u00e9s agressives des diasporas ne repr\u00e9sentent pas leur pays mais influencent nos politiques qui les \u00e9coutent sans prendre en compte les avis des \u00c9tats africains qui sont pourtant directement concern\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement (AFD) et les organismes internationaux de financement de grands projets privil\u00e9gient leur vision sans \u00e9couter l\u2019expression locale ou r\u00e9gionale des besoins.  <br class=\"autobr\"\/><br \/>\nCitons quelques exemples que je dirais frappants\u00a0:<\/p>\n<p>&gt; \u00c0 Dakhla, au Maroc, un port en eau profonde est en train d\u2019\u00eatre r\u00e9alis\u00e9. Cela fait longtemps que le besoin d\u2019un d\u00e9bouch\u00e9 sur l\u2019Oc\u00e9an atlantique pour les pays du Sahel est identifi\u00e9 comme une n\u00e9cessit\u00e9 pour faciliter les flux dans les deux sens permettant le d\u00e9veloppement \u00e9conomique de cette zone difficile. On peut s\u2019interroger sur les raisons qui ont emp\u00each\u00e9, en liaison avec les autorit\u00e9s des pays concern\u00e9s, de le r\u00e9aliser au S\u00e9n\u00e9gal avec notre participation.<\/p>\n<p>&gt; Qu\u2019est ce qui peut expliquer que le fleuve S\u00e9n\u00e9gal, qui parcourt cinq pays africains, n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement mis en valeur\u00a0? Les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es montrent que des barrages seraient utiles pour l\u2019irrigation des cultures et la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 pour des usines au bord du fleuve dans chacun des pays travers\u00e9s. Ceci permettrait un v\u00e9ritable d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/p>\n<p>&gt; Pourquoi ne pas avoir envisag\u00e9 une usine de dessalement au Togo ou au B\u00e9nin pour alimenter en eau l\u2019hinterland sah\u00e9lien, via un ou plusieurs pipelines d\u00e9di\u00e9s\u00a0? C\u2019est flagrant, s\u2019agissant de la r\u00e9gion du lac Tchad o\u00f9 les cons\u00e9quences du r\u00e9chauffement climatique ont entra\u00een\u00e9 le d\u00e9veloppement du terrorisme\u2026 Je suis persuad\u00e9 que beaucoup aurait pu \u00eatre fait.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 tous ces sujets op\u00e9rationnels, le Maroc me semble avoir une r\u00e9elle vision africaine, tandis que la France et l\u2019Europe en sont totalement d\u00e9pourvues. En effet, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 nos banques europ\u00e9ennes ont abandonn\u00e9 l\u2019Afrique, et de l\u2019autre, le Maroc s\u2019est positionn\u00e9 pour r\u00e9pondre au besoin d\u2019argent des entreprises du continent, gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9seau bancaire qui s\u2019y est fortement densifi\u00e9.<\/p>\n<p>En fait, ce repli du secteur bancaire europ\u00e9en peut s\u2019expliquer par l\u2019application d\u2019une r\u00e9glementation europ\u00e9enne (conformit\u00e9, B\u00e2le 1-2-3\u2026) qui est inadapt\u00e9e dans une Afrique qui n\u2019est pas concern\u00e9e\u00a0; ce dont les banques marocaines savent bien profiter pour se substituer \u00e0 une offre europ\u00e9enne en retrait. Est-ce \u00e0 dire que nos instruments financiers ne doivent pas quitter l\u2019Europe ou que nos banques ne savent plus prendre des risques\u00a0?<\/p>\n<p>Il faut reconna\u00eetre que l\u2019Europe n\u2019est pas exempte d\u2019erreurs strat\u00e9giques quand il s\u2019agit d\u2019international\u00a0: nous sommes ainsi tomb\u00e9s dans le pi\u00e8ge d\u2019une \u00e9lectromobilit\u00e9 impos\u00e9e \u00e0 partir de 2035 (sans alternative possible), alors m\u00eame que les batteries, partie principale des  v\u00e9hicules \u00e9lectriques, sont essentiellement produites en Chine et que ce pays vient de se r\u00e9server la possibilit\u00e9 de produire des moteurs \u00e0 hydrog\u00e8ne ou \u00e0 l\u2019ammoniac entre 2030 et 2035. La cons\u00e9quence de l\u2019absence d\u2019\u00e9valuation des cons\u00e9quences de cette funeste d\u00e9cision prise par l\u2019Europe, c\u2019est environ 800 000 salari\u00e9s qui seront au ch\u00f4mage sur le million de personnes que ce secteur compte aujourd\u2019hui en Europe.<\/p>\n<p>APP \u2013 Et la France, peut-elle mieux faire en Afrique\u00a0?<\/p>\n<p>Alain JUILLET \u2013  La France est bien connue pour son arrogance, alors m\u00eame que l\u2019humilit\u00e9 est la premi\u00e8re vertu exig\u00e9e lorsqu\u2019on veut travailler \u00e0 l\u2019international. Je pense par ailleurs que la France ne manifeste malheureusement plus un quelconque amour pour l\u2019Afrique, alors m\u00eame que nous pourrions ais\u00e9ment nous y d\u00e9velopper, \u00e0 condition de savoir faire montre de pragmatisme et d\u2019ouverture.<\/p>\n<p>Les entreprises fran\u00e7aises qui sont en Afrique ne font aucunement l\u2019objet d\u2019un rejet, \u00e0 partir du moment o\u00f9 elles jouent le jeu du partenariat gagnant-gagnant. Nous ne sommes plus en effet dans une logique de \u00ab\u00a0comptoirs\u00a0\u00bb coloniaux, mais dans un rapport d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal, pour lequel la langue fran\u00e7aise constitue un avantage certain sur la zone francophone. Pour autant, la francophonie ne doit pas nous faire oublier l\u2019Afrique anglophone, particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019Est, o\u00f9 nous pouvons investir et conclure des partenariats int\u00e9ressants.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique compte des ressources importantes avec des \u00e9nergies disponibles qui ne sont pas toujours vertes. Loin des th\u00e9ories id\u00e9ologiques qui nous conditionnent, il convient de savoir mieux prendre en compte les int\u00e9r\u00eats des pays, de leurs populations, et de nous y adapter. Au nom de quel droit devrions nous imposer des r\u00e8gles contraignantes qui freinent leur d\u00e9veloppement \u00e0 des pays \u00e9mergents, alors que nos pays industriels du Nord ont pollu\u00e9 la plan\u00e8te depuis des d\u00e9cennies\u00a0?<\/p>\n<p>La politique fran\u00e7aise en Afrique devrait renouer la relation de confiance avec les pays africains, en \u00e9vitant les irritants et en d\u00e9passant les clivages, en particulier avec les pays qui, comme la C\u00f4te d\u2019ivoire, connaissent la stabilit\u00e9 politique et \u00e9conomique, qui est la condition m\u00eame des investissements. C\u2019est \u00e9galement vrai avec des pays comme le S\u00e9n\u00e9gal qui s\u2019am\u00e9liore ou la Mauritanie qui offre de bonnes possibilit\u00e9s. En revanche, dans des pays allant du Cameroun au Congo-Brazzaville, la question de la passation du pouvoir peut \u00eatre encore un point d\u2019h\u00e9sitation qu\u2019il faut clarifier pour ceux qui voudraient investir durablement.<\/p>\n<p>Nous devons, en tout \u00e9tat de cause, nous attacher \u00e0 analyser les capacit\u00e9s de chacun des pays pour pouvoir construire avec eux des r\u00e9ponses adapt\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire prenant en compte les r\u00e9alit\u00e9s locales. Bien entendu, ce n\u2019est pas toujours \u00e9vident quand certains dirigeants africains sont eux-m\u00eames d\u00e9tach\u00e9s des r\u00e9alit\u00e9s de leur pays ou que d\u2019autres prennent de mauvaises d\u00e9cisions. C\u2019est ainsi que la volont\u00e9 de contr\u00f4ler la situation dans la zone nord du Niger (Azawad) a pouss\u00e9 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise \u00e0 multiplier les contr\u00f4les routiers qui ont m\u00e9content\u00e9 les populations en transhumance (Peuls) qui ne pouvant plus vivre de la contrebande se sont alors tourn\u00e9es vers le banditisme \u00ab\u00a0djihadiste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>APP \u2013 Comment voir l\u2019Afrique dans la lutte d\u2019influence entre puissances\u00a0?<\/p>\n<p>Alain JUILLET \u2013  Notre vision occidentale de la d\u00e9mocratie n\u2019est pas adapt\u00e9e \u00e0 une Afrique qui aime le consensus organis\u00e9 par des chefs de communaut\u00e9s qui sont choisis, ou plut\u00f4t d\u00e9sign\u00e9s, \u00ab\u00a0\u00e0 vie\u00a0\u00bb.   La palabre africaine, dans laquelle le temps ne compte pas, a pour but d\u2019\u00e9viter qu\u2019il y ait un perdant ou un gagnant, comme cela se produit dans nos contextes d\u00e9mocratiques europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Je pense sinc\u00e8rement que la France ne saurait donner de le\u00e7ons \u00e0 une Afrique qui \u00e9volue dans un \u00e9quilibre n\u00e9cessairement fragile entre le droit coutumier, les r\u00e8gles traditionnelles et populaires et le droit \u00ab\u00a0r\u00e9publicain\u00a0\u00bb tel que nous le connaissons. De ce point de vue, je crois que les diasporas qui sont \u00e9conomiquement ins\u00e9r\u00e9es dans notre pays devraient jouer un plus grand r\u00f4le pour contribuer \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension entre la France et l\u2019Afrique. Le drame, c\u2019est qu\u2019une partie d\u2019entre elles sont largement politis\u00e9es et r\u00e9percutent en France leur frustrations personnelles par rapport \u00e0 leur pays d\u2019origine, souvent fond\u00e9e sur des oppositions ethniques ou leurs statuts dans la soci\u00e9t\u00e9 locale.<\/p>\n<p>Cela fait un certain temps que la France n\u2019est plus seule en Afrique\u00a0: les Russes, sont \u00e0 l\u2019aff\u00fbt des r\u00e9serves en or (comme en RCA \u2013 R\u00e9publique centrafricaine) pour financer leur guerre en Ukraine\u00a0; les Chinois qui pr\u00eatent de l\u2019argent et fournissent aux \u00c9tats de \u00e9quipements et services pouvant favoriser le commerce Chine-Afrique (\u00e0 noter que l\u2019Afrique compte 1 million de r\u00e9sidents chinois)\u00a0; les Am\u00e9ricains qui sont d\u2019abord pr\u00e9occup\u00e9s par le p\u00e9trole et les minerais critiques, et les Marocains qui se sont progressivement substitu\u00e9s aux Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Si on ne fait rien, la France risque vraiment de \u00ab\u00a0perdre\u00a0\u00bb l\u2019Afrique, parce que depuis les ind\u00e9pendances nous n\u2019avons pas su prendre le virage n\u00e9cessaire du partenariat d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal. La France doit donc imp\u00e9rativement reconstruire son lien avec l\u2019Afrique, en se fondant notamment sur les entreprises qui agissent au quotidien pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de la relation d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>APP \u2013 Pour conclure\u00a0?<\/p>\n<p>Alain JUILLET \u2013 L\u2019Afrique me rend optimiste parce que c\u2019est un formidable continent d\u2019avenir.  Mais s\u2019il faut pouvoir compter sur les entreprises pour restaurer un lien qui s\u2019est distendu avec la France, il faut que les pouvoirs publics fran\u00e7ais les soutiennent et leur donnent acc\u00e8s aux meilleures informations sur les march\u00e9s, plut\u00f4t que de prendre des initiatives qui contribuent au d\u00e9sordre.<\/p>\n<p>Les pistes de collaboration doivent \u00e9voluer pour s\u2019adapter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et aux opportunit\u00e9s. Les entreprises fran\u00e7aises peuvent ainsi s\u2019orienter vers une r\u00e9ponse aux d\u00e9fis du climat en Afrique, compte tenu notamment des importants financements qui sont pr\u00e9vus pour l\u2019adaptation climatique, ainsi que le d\u00e9veloppement durable et responsable du continent.<\/p>\n<p>Mais pour cela, il faut sortir de l\u2019id\u00e9ologie qui veut transposer nos probl\u00e8mes en Afrique. Plut\u00f4t que de parler de d\u00e9carbonation, il vaut mieux opter pour des r\u00e9ponses pragmatiques adapt\u00e9es \u00e0 la situation et aux besoins r\u00e9els. Les entreprises fran\u00e7aises doivent ainsi valoriser leur capacit\u00e9 d\u2019excellence dans un partenariat au b\u00e9n\u00e9fice des populations locales et en lien avec les communaut\u00e9s et autorit\u00e9s politiques qui sont dans les territoires.<\/p>\n<p style=\"color:white;\">.<\/p>\n<p>\n\u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca<br class=\"autobr\"\/><br \/>\n\u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca \u25ca<\/p>\n<p style=\"color:white;\">.<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/www.africapresse.paris\/-LES-REPLAYS-ET-ARTICLES-DE-NOS-CAP-Conferences-des-Ambassadeurs-de-Paris-\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Retrouvez ici tous les REPLAYS et ARTICLES<br \/>de notre XXe CONF\u00c9RENCE DES AMBASSADEURS DE PARIS (CAP 20)<br \/>et de toutes nos conf\u00e9rences<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.africapresse.paris\/-LES-REPLAYS-ET-ARTICLES-DE-NOS-CAP-Conferences-des-Ambassadeurs-de-Paris-\" class=\"spip_doc_lien\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><\/p>\n<p>\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/cap_20_-_banniere_ok_panelistes_site_du_19_11_25-e1856.jpg\" width=\"540\" height=\"270\" alt=\"\"\/><\/a><\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/www.africapresse.paris\/IMG\/jpg\/03_-_cap_20_-_banniere_ok_16x9_partenaires_du_20_11_25-2.jpg\" class=\"spip_doc_lien mediabox\" type=\"image\/jpeg\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><br \/>\n\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/03_-_cap_20_-_banniere_ok_16x9_partenaires_du_20_11_25-2-a7604.jpg\" width=\"540\" height=\"304\" alt=\"\"\/><\/a><\/p>\n<p>\u25ca \u25ca \u25ca<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alain JUILLET, Pr\u00e9sident honoraire de l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Intelligence \u00e9conomique (IE). 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