{"id":25613,"date":"2026-01-15T18:37:08","date_gmt":"2026-01-15T18:37:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/25613\/"},"modified":"2026-01-15T18:37:08","modified_gmt":"2026-01-15T18:37:08","slug":"technopole-de-dakar-entre-richesse-ecologique-et-urgences-de-preservation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/25613\/","title":{"rendered":"Technopole de Dakar : entre richesse \u00e9cologique et urgences de pr\u00e9servation"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 Dakar suffoque sous le poids de la sururbanisation, la Grande r\u00e9serve urbaine des Niayes de Pikine et ses d\u00e9pendances, plus connue sous le nom de Technop\u00f4le, appara\u00eet comme l\u2019un des derniers refuges naturels de la capitale. Zones humides, lacs, flore luxuriante et oiseaux migrateurs composent un paysage rare et strat\u00e9gique. Cependant, il est confront\u00e9 \u00e0 une fragilit\u00e9 extr\u00eame due \u00e0 de multiples pressions humaines et environnementales.<\/p>\n<p>Le contraste est saisissant. \u00c0 quelques m\u00e8tres seulement des routes encombr\u00e9es, des zones industrielles et des quartiers dens\u00e9ment peupl\u00e9s, le Technop\u00f4le de Dakar offre une parenth\u00e8se inattendue. Ici, le bruit laisse place au clapotis de l\u2019eau. Le b\u00e9ton s\u2019efface devant les \u00e9tendues verdoyantes. Le ciel est r\u00e9guli\u00e8rement travers\u00e9 par des oiseaux venus de contr\u00e9es lointaines. Un \u00eelot de nature au c\u0153ur de la capitale.<\/p>\n<p>S\u2019\u00e9tendant sur pr\u00e8s de 650 hectares, la r\u00e9serve naturelle urbaine des Niayes de Pikine et d\u00e9pendances constitue l\u2019un des derniers grands ensembles de zones humides du d\u00e9partement de Dakar. Elle compte huit lacs, dont plusieurs situ\u00e9s au noyau central du Technop\u00f4le, v\u00e9ritables r\u00e9servoirs de biodiversit\u00e9. Ces eaux saum\u00e2tres fa\u00e7onnent un microclimat doux et apaisant, propice au d\u00e9veloppement d\u2019une flore dense et \u00e0 l\u2019accueil d\u2019une faune vari\u00e9e.<\/p>\n<p>Frein\u00e9e par la construction d\u2019infrastructures comme l\u2019autoroute \u00e0 p\u00e9age, qui a coup\u00e9 l\u2019\u00e9coulement et la connexion de ses eaux, elle offre tout de m\u00eame un r\u00e9confort naturel au c\u0153ur d\u2019une r\u00e9gion menac\u00e9e par de nombreux facteurs anthropiques et industriels. \u00ab Nous sommes dans un site naturel qui joue un r\u00f4le fondamental dans le maintien de l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique urbain \u00bb, explique le lieutenant Mamadou Lamine B\u00e2, adjoint au conservateur de la r\u00e9serve.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s lui, \u00ab les lacs servent \u00e0 la fois de zones de reproduction, d\u2019alimentation et de repos pour de nombreuses esp\u00e8ces animales, notamment les oiseaux \u00bb. Le site accueille aussi des reptiles, comme les pythons qui sont conserv\u00e9s par les agents.<\/p>\n<p>La richesse avi-faunistique du Technop\u00f4le est particuli\u00e8rement remarquable. Pr\u00e8s de 239 esp\u00e8ces d\u2019oiseaux ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9es au fil des ann\u00e9es, dont une grande partie d\u2019oiseaux migrateurs. \u00ab On retrouve, ici, le grand cormoran, le cormoran africain, la grande aigrette, le h\u00e9ron cendr\u00e9, les gr\u00e8bes castagneux, entre autres \u00bb, d\u00e9taille le conservateur adjoint. \u00ab Certains viennent d\u2019Europe ou d\u2019autres r\u00e9gions du monde pour se nourrir, se reposer ou se reproduire, selon les saisons et les conditions climatiques \u00bb, informe M. Ba. Au-del\u00e0 de sa biodiversit\u00e9, la r\u00e9serve remplit des fonctions sociales et \u00e9conomiques importantes.<\/p>\n<p>P\u00eache artisanale, mara\u00eechage \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, coupe d\u2019herbes ou petites activit\u00e9s de subsistance coexistent avec l\u2019espace prot\u00e9g\u00e9. \u00ab Notre r\u00f4le consiste \u00e0 encadrer ces usages afin qu\u2019ils ne compromettent pas l\u2019\u00e9quilibre naturel du site \u00bb, souligne Mamadou Lamine B\u00e2. En plus de cette surveillance accrue des activit\u00e9s, la p\u00eache et le mara\u00eechage durables sont autoris\u00e9s, mais avec l\u2019interdiction de pesticides, de produits chimiques ou de filets \u00e0 petite maille. Malgr\u00e9 son classement officiel par le d\u00e9cret n\u00b02019-748 du 29 mars 2019, la r\u00e9serve demeure expos\u00e9e \u00e0 de nombreuses agressions.<\/p>\n<p>Urbanisation anarchique, remblais ill\u00e9gaux servant \u00e0 la construction, d\u00e9p\u00f4ts d\u2019ordures et la pollution des eaux par des rejets domestiques ou industriels fragilisent progressivement cet \u00e9cosyst\u00e8me. \u00ab Certaines populations riveraines branchent clandestinement leurs canalisations sur les ouvrages d\u2019\u00e9vacuation, ce qui entra\u00eene un d\u00e9versement direct des eaux us\u00e9es dans les lacs \u00bb, d\u00e9plore le lieutenant B\u00e2. Il informe qu\u2019un travail est men\u00e9 \u00ab en collaboration avec l\u2019Onas pour identifier ceux qui s\u2019adonnent \u00e0 ses pratiques afin d\u2019y mettre fin\u00a0\u00bb. Toutefois, regrette-t-il\u00a0: \u00ab\u00a0Le manque de moyens logistiques et financiers reste un obstacle majeur \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 ces menaces, s\u2019ajoute la prolif\u00e9ration du typha, une plante envahissante qui colonise les plans d\u2019eau. \u00ab\u00a0En bloquant la p\u00e9n\u00e9tration de la lumi\u00e8re, elle emp\u00eache la photosynth\u00e8se, appauvrit l\u2019oxyg\u00e9nation des lacs et met en danger la faune aquatique\u00a0\u00bb, renseigne le lieutenant. \u00ab Le Typha gagne du terrain, chaque ann\u00e9e. Sans intervention, certains lacs risquent de dispara\u00eetre\u00bb, alerte le conservateur.<\/p>\n<p>Pour y faire face, un projet innovant a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 avec l\u2019appui de la coop\u00e9ration espagnole, en partenariat avec la mairie de Pikine Ouest. \u00ab Le typha est transform\u00e9 en charbon \u00e9cologique, en biochar ou en briquettes. Cela permet de d\u00e9sencombrer les lacs et de cr\u00e9er une valeur \u00e9conomique \u00bb, souligne M. Ba.<\/p>\n<p>Daouda DIOUF<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 Dakar suffoque sous le poids de la sururbanisation, la Grande r\u00e9serve urbaine des Niayes de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":25614,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[48],"tags":[159],"class_list":{"0":"post-25613","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-senegal"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25613","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25613"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25613\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25614"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25613"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25613"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25613"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}