{"id":25918,"date":"2026-01-15T21:58:06","date_gmt":"2026-01-15T21:58:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/25918\/"},"modified":"2026-01-15T21:58:06","modified_gmt":"2026-01-15T21:58:06","slug":"une-facture-silencieuse-de-plusieurs-milliards-pour-leconomie-marocaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/25918\/","title":{"rendered":"une facture silencieuse de plusieurs milliards pour l\u2019\u00e9conomie marocaine"},"content":{"rendered":"<p>Le Maroc fait face \u00e0 une menace diffuse, souvent invisible dans le d\u00e9bat public, mais dont le poids \u00e9conomique potentiel se chiffre en milliards de dollars par an. C\u2019est le principal enseignement de l\u2019\u00e9tude \u00ab Biological invasions and their potential economic costs in Morocco \u00bb, men\u00e9e par une \u00e9quipe internationale de chercheurs sous la direction de Jazila El Jamaai, de l\u2019Universit\u00e9 Abdelmalek Essaadi de T\u00e9touan, et publi\u00e9e dans Scientific Reports, la revue scientifique du groupe Nature. <br \/>\u00a0 <br \/>Pour la premi\u00e8re fois, ce travail propose une estimation globale et structur\u00e9e des co\u00fbts \u00e9conomiques associ\u00e9s aux invasions biologiques au Maroc, en s\u2019appuyant sur la base de donn\u00e9es internationale InvaCost, r\u00e9f\u00e9rence mondiale en mati\u00e8re de quantification des impacts financiers des esp\u00e8ces exotiques envahissantes. <br \/>\u00a0 <br \/>Les chercheurs ont recens\u00e9 343 esp\u00e8ces exotiques envahissantes \u00e9tablies au Maroc, soit environ 1,11 % de la biodiversit\u00e9 nationale. Ce chiffre, issu d\u2019un croisement m\u00e9thodique de bases de donn\u00e9es internationales, de publications scientifiques et d\u2019expertises nationales, illustre l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne dans un pays caract\u00e9ris\u00e9 par une forte diversit\u00e9 \u00e9cologique et une intense ouverture commerciale. <br \/>\u00a0 <br \/>Toutefois, seules 137 esp\u00e8ces disposent de donn\u00e9es \u00e9conomiques exploitables \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale : 80 avec des co\u00fbts directement document\u00e9s, et 57 autres via des esp\u00e8ces \u00ab s\u0153urs \u00bb du m\u00eame genre. Pr\u00e8s de 48 % des esp\u00e8ces envahissantes recens\u00e9es ne disposent d\u2019aucune estimation de co\u00fbts, ce qui conduit les auteurs \u00e0 qualifier leurs r\u00e9sultats de largement conservateurs. <br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Une facture annuelle estim\u00e9e entre 1,14 et 5,13 milliards de dollars<\/p>\n<p>\u00a0 <br \/>En extrapolant les co\u00fbts observ\u00e9s dans d\u2019autres pays vers le contexte marocain \u2014 \u00e0 l\u2019aide d\u2019ajustements socio-\u00e9conomiques (parit\u00e9 de pouvoir d\u2019achat) et climatiques (zones de K\u00f6ppen) \u2014 l\u2019\u00e9tude estime que l\u2019impact \u00e9conomique annuel potentiel des invasions biologiques au Maroc oscille entre 1,14 et 5,13 milliards de dollars. <br \/>\u00a0 <br \/>Deux niveaux de lecture sont propos\u00e9s. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle nationale, les co\u00fbts cumul\u00e9s se situent entre 1,57 et 2,47 milliards de dollars par an. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle locale, en tenant compte de la distribution spatiale des esp\u00e8ces sur le territoire, l\u2019addition grimpe jusqu\u2019\u00e0 5,13 milliards de dollars dans le sc\u00e9nario maximal. <br \/>\u00a0 <br \/>Ces montants sont d\u2019autant plus significatifs qu\u2019ils placent le Maroc \u00e0 un niveau de vuln\u00e9rabilit\u00e9 comparable, voire sup\u00e9rieur, aux estimations moyennes pour l\u2019ensemble du continent africain, pourtant rarement document\u00e9es avec une telle pr\u00e9cision. <br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Des d\u00e9g\u00e2ts qui d\u00e9passent largement les d\u00e9penses de gestion<\/p>\n<p>\u00a0 <br \/>L\u2019un des constats les plus marquants de l\u2019\u00e9tude r\u00e9side dans le d\u00e9s\u00e9quilibre structurel entre co\u00fbts de dommages et co\u00fbts de gestion. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle nationale, les pertes \u00e9conomiques li\u00e9es aux d\u00e9g\u00e2ts \u2014 agricoles, sanitaires, environnementaux ou infrastructurels \u2014 atteignent 1,47 \u00e0 2,32 milliards de dollars par an, soit un \u00e0 deux ordres de grandeur sup\u00e9rieurs aux d\u00e9penses de pr\u00e9vention, de contr\u00f4le et d\u2019\u00e9radication, estim\u00e9es entre 97 et 149 millions de dollars. <br \/>\u00a0 <br \/>Cette asym\u00e9trie refl\u00e8te une tendance mondiale bien document\u00e9e : le sous-investissement chronique dans la pr\u00e9vention conduit m\u00e9caniquement \u00e0 des co\u00fbts de r\u00e9paration bien plus \u00e9lev\u00e9s une fois les esp\u00e8ces envahissantes install\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le Maroc fait face \u00e0 une menace diffuse, souvent invisible dans le d\u00e9bat public, mais dont le poids&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":25919,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[554,553,555,556,563,565,560,567,561,557,162,566,564,558,559,158,562,248,239,310,568],"class_list":{"0":"post-25918","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-maroc","8":"tag-actualites","9":"tag-actualites-et-infos-au-maroc","10":"tag-actualites-et-infos-mondiale","11":"tag-actualites-marocaines-du-jour","12":"tag-alimentation","13":"tag-analyses","14":"tag-art-de-vivre","15":"tag-chronique","16":"tag-consommation-et-bien-etre","17":"tag-culture","18":"tag-economie","19":"tag-edito","20":"tag-etudes","21":"tag-insolite","22":"tag-loisirs","23":"tag-maroc","24":"tag-mode","25":"tag-politique","26":"tag-societe","27":"tag-sport","28":"tag-tribune"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25918","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25918"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25918\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25919"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25918"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25918"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25918"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}