{"id":266143,"date":"2026-06-03T15:15:20","date_gmt":"2026-06-03T15:15:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/266143\/"},"modified":"2026-06-03T15:15:20","modified_gmt":"2026-06-03T15:15:20","slug":"agriculture-ce-quon-sait-des-9-milliards-deuros-que-luemoa-veut-mobiliser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/266143\/","title":{"rendered":"Agriculture : ce qu\u2019on sait des 9 milliards d\u2019euros que l\u2019UEMOA veut mobiliser"},"content":{"rendered":"<p>Avec plus de la moiti\u00e9 de sa population active employ\u00e9e dans l\u2019agriculture, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest continue de faire face \u00e0 un paradoxe. Malgr\u00e9 un important potentiel de production, la sous-r\u00e9gion demeure fortement d\u00e9pendante des importations pour nourrir ses habitants et approvisionner ses exploitations agricoles.<\/p>\n<p>L\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA) a lanc\u00e9 la promotion d\u2019un livre blanc consacr\u00e9 \u00e0 trois fili\u00e8res agricoles prioritaires, le phosphate et les engrais, le riz et le coton textile. Pr\u00e9sent\u00e9 le lundi 1er juin \u00e0 Bamako par une d\u00e9l\u00e9gation de la Commission de l\u2019organisation r\u00e9gionale, ce document s\u2019accompagne d\u2019un portefeuille de projets \u00e9valu\u00e9 \u00e0 6 000 milliards FCFA (environ 9,15 milliards d\u2019euros) \u00e0 mobiliser entre 2026 et 2040.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du montant annonc\u00e9, l\u2019initiative donne un aper\u00e7u des secteurs sur lesquels l\u2019Union entend concentrer ses investissements pour renforcer sa production agricole, r\u00e9duire certaines d\u00e9pendances ext\u00e9rieures et d\u00e9velopper davantage la transformation locale.<\/p>\n<p>Pourquoi les choix du riz, des engrais et du coton&#13;\n<\/p>\n<p>Les trois fili\u00e8res retenues r\u00e9pondent \u00e0 des enjeux distincts, mais compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Le premier axe concerne le phosphate et les engrais. L\u2019acc\u00e8s aux fertilisants constitue l\u2019un des principaux d\u00e9fis de la production agricole en Afrique de l\u2019Ouest. Comme dans une grande partie de l\u2019Afrique subsaharienne, la production locale reste insuffisante pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande r\u00e9gionale. Les \u00c9tats membres d\u00e9pendent donc largement des importations, ce qui les expose aux variations des prix internationaux et aux perturbations des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement.<\/p>\n<p>Selon les donn\u00e9es de la Banque Centrale des Etats de l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest (BCEAO), les importations d\u2019engrais au sein de l\u2019Union ont atteint en moyenne 543,5 milliards FCFA (environ 828,6 millions USD) par an entre 2020 et 2024. La C\u00f4te d\u2019Ivoire, le Mali et le S\u00e9n\u00e9gal figurent parmi les principaux march\u00e9s de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me volet porte sur le riz. Cette c\u00e9r\u00e9ale occupe une place centrale dans l\u2019alimentation des populations ouest-africaines, mais la production r\u00e9gionale peine encore \u00e0 suivre l\u2019\u00e9volution de la demande. Malgr\u00e9 les investissements engag\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans plusieurs pays, les importations restent massives. Toujours selon la BCEAO, les achats de riz \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont repr\u00e9sent\u00e9 en moyenne 1 627 milliards FCFA (environ 2,48 milliards d&#8217;euros) par an entre 2020 et 2024. Il s\u2019agit du premier produit alimentaire import\u00e9 par les pays de l\u2019Union. La C\u00f4te d\u2019Ivoire, le S\u00e9n\u00e9gal et le B\u00e9nin comptent parmi les principaux importateurs.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&#8217;inscrireS&#8217;inscrireS&#8217;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775564655_832_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pilier du livre blanc est consacr\u00e9 au coton textile. Contrairement au riz ou aux engrais, l\u2019enjeu n\u2019est pas ici de r\u00e9duire une d\u00e9pendance aux importations mais de capter davantage de valeur ajout\u00e9e. L\u2019UEMOA regroupe plusieurs des principaux producteurs africains de coton, notamment le Mali, le B\u00e9nin, la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Burkina Faso. Selon l&#8217;Organisation des Nations unies pour l&#8217;alimentation et l&#8217;agriculture (FAO), les pays de l\u2019Union ont repr\u00e9sent\u00e9 pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la production africaine de coton graine en 2024.<\/p>\n<p>La fili\u00e8re g\u00e9n\u00e8re d\u00e9j\u00e0 d\u2019importantes recettes d\u2019exportation. D\u2019apr\u00e8s la BCEAO, les ventes de fibre de coton ont rapport\u00e9 environ 1011 milliards FCFA (environ 1,54 milliard d&#8217;euros) en 2024. Toutefois, une grande partie de la production continue d\u2019\u00eatre export\u00e9e sous forme peu transform\u00e9e, limitant les retomb\u00e9es industrielles locales.<\/p>\n<p>R\u00e9pondre \u00e0 des fragilit\u00e9s persistantes&#13;\n<\/p>\n<p>L\u2019annonce de l\u2019UEMOA arrive \u00e0 un moment o\u00f9 les syst\u00e8mes alimentaires africains continuent de faire face \u00e0 d\u2019importantes fragilit\u00e9s structurelles. Dans sa Revue annuelle sur l\u2019efficacit\u00e9 du d\u00e9veloppement 2026, la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) rappelle que l\u2019agriculture repr\u00e9sente encore 17% du PIB du continent. Toutefois, les gains de productivit\u00e9 demeurent limit\u00e9s. Les rendements c\u00e9r\u00e9aliers atteignaient 1,68 tonne par hectare en 2024, un niveau quasiment inchang\u00e9 sur cinq ans et largement inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne mondiale estim\u00e9e \u00e0 plus de 4 tonnes par hectare.<\/p>\n<p>L\u2019institution souligne \u00e9galement que l\u2019Afrique continue d\u2019importer environ 70 milliards USD (environ 60,3 milliards d\u2019euros) de produits alimentaires chaque ann\u00e9e. Les conflits arm\u00e9s, les effets du changement climatique, l\u2019insuffisance des infrastructures rurales ainsi que les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux financements figurent parmi les principaux freins \u00e0 la transformation du secteur.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l&#8217;int\u00e9r\u00eat du livre blanc de l&#8217;UEMOA r\u00e9side moins dans le montant annonc\u00e9 que dans les priorit\u00e9s retenues. Les trois fili\u00e8res cibl\u00e9es couvrent en effet plusieurs maillons cl\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie agricole r\u00e9gionale, depuis l&#8217;approvisionnement en intrants avec les engrais, jusqu&#8217;\u00e0 la transformation industrielle. Plusieurs questions restent toutefois en suspens \u00e0 ce stade, notamment sur les modalit\u00e9s de mobilisation des financements, la nature des projets envisag\u00e9s ou encore leur r\u00e9partition entre les \u00c9tats membres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Avec plus de la moiti\u00e9 de sa population active employ\u00e9e dans l\u2019agriculture, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest continue de faire&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":266144,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[62],"tags":[97,38825,64,1140,15661,20450,53415,5021,5012,14146,50216],"class_list":["post-266143","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-97","tag-38825","tag-afrique","tag-agriculture","tag-deuros","tag-dinvestissement","tag-filiere","tag-louest","tag-la-tribune-afrique","tag-milliards","tag-projets"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@africa\/116686836840826423","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/266143","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=266143"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/266143\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/266144"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=266143"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=266143"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=266143"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}