{"id":371069,"date":"2026-08-10T02:10:15","date_gmt":"2026-08-10T02:10:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/371069\/"},"modified":"2026-08-10T02:10:15","modified_gmt":"2026-08-10T02:10:15","slug":"ce-quil-faut-retenir-du-rapport-afreximbank-sur-le-commerce-africain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/371069\/","title":{"rendered":"Ce qu&#8217;il faut retenir du rapport Afreximbank sur le commerce africain"},"content":{"rendered":"<p>            <a href=\"https:\/\/forbesafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ILLUSTRATION-AFREXIMBANK_1500-x-1000_forbesafrique.com-.png\" data-caption=\"\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" fetchpriority=\"high\" width=\"1068\" height=\"712\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ILLUSTRATION-AFREXIMBANK_1500-x-1000_forbesafrique.com--1068x712.png\"   alt=\"\" title=\"\"\/><\/a><\/p>\n<p>Le dernier African Trade Report d\u2019Afreximbank livre un message clair : dans un monde boulevers\u00e9 par les tensions g\u00e9opolitiques, l\u2019Afrique dispose d\u2019une occasion historique pour acc\u00e9l\u00e9rer son industrialisation et renforcer son commerce intra-africain. \u00c0 condition de lever plusieurs freins structurels. Voici les cinq enseignements cl\u00e9s du rapport.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par R\u00e9gis Pangou<\/p>\n<p>La fragmentation du commerce mondial peut devenir une opportunit\u00e9 pour l\u2019Afrique<\/p>\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Longtemps per\u00e7ues comme une menace, les tensions g\u00e9opolitiques deviennent une opportunit\u00e9 strat\u00e9gique pour l\u2019Afrique, selon Afreximbank. Les auteurs de l\u2019\u00e9tude notent ainsi que \u00ab l\u2019Afrique est de mieux en mieux positionn\u00e9e pour devenir une destination comp\u00e9titive pour l\u2019investissement, la production manufacturi\u00e8re, l\u2019innovation num\u00e9rique et l\u2019industrialisation verte \u00bb.\u00a0 Et pour cause : guerre commerciale sino-am\u00e9ricaine, conflit en mer Rouge, rivalit\u00e9s au Moyen-Orient, mont\u00e9e du protectionnisme\u2026 Ce sont l\u00e0 autant de facteurs qui rebattent les cartes du commerce mondial et poussent les entreprises \u00e0 diversifier leurs cha\u00eenes d\u2019approvisionnement. Pour le rapport, cette reconfiguration ouvre une fen\u00eatre de tir in\u00e9dite dans la mesure o\u00f9 la multiplication des strat\u00e9gies de friend-shoring et de r\u00e9gionalisation pourrait permettre au continent de s\u2019imposer comme une nouvelle base de production et de transformation industrielle, \u00e0 condition toutefois que celui-ci am\u00e9liore sa comp\u00e9titivit\u00e9. Les chiffres t\u00e9moignent de cette dynamique positive. En 2025, la croissance africaine a atteint 4,5 %, contre 3,4 % un an plus t\u00f4t, d\u00e9passant la croissance mondiale. Le commerce de marchandises du continent a quant \u00e0 lui progress\u00e9 de 6,1 % pour atteindre environ 1 500 milliards de dollars, tandis que le commerce intra-africain a augment\u00e9 de 5,5 %, \u00e0 213,8 milliards de dollars. Pour Afreximbank, l\u2019enjeu n\u2019est donc plus seulement de r\u00e9sister aux chocs ext\u00e9rieurs, mais de transformer ces bouleversements en levier de mont\u00e9e en gamme industrielle.<\/p>\n<p>Les champions du commerce intra-africain montrent la voie<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (Zlecaf) nourrit de grandes ambitions, certains pays d\u00e9montrent d\u00e9j\u00e0 qu\u2019une forte int\u00e9gration commerciale r\u00e9gionale est possible. L\u2019Afrique du Sud domine ainsi largement les \u00e9changes intra-africains avec 19,2 % du total continental. Elle est suivie par la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (6,74 %) et la C\u00f4te d\u2019Ivoire (4,83 %). Derri\u00e8re ce trio figurent ensuite l\u2019Ouganda, le Maroc, l\u2019\u00c9gypte, la Zambie, le Nigeria, le Zimbabwe et la Namibie. \u00c0 eux seuls, ces dix pays concentrent pr\u00e8s de 60 % du commerce intra-africain. Leur point commun ? Des \u00e9conomies relativement diversifi\u00e9es, une meilleure insertion dans les communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales et, pour plusieurs d\u2019entre elles, un tissu industriel plus d\u00e9velopp\u00e9 permettant d\u2019exporter davantage de produits manufactur\u00e9s ou semi-transform\u00e9s. Le rapport souligne \u00e9galement que l\u2019Afrique australe reste la r\u00e9gion offrant le plus important potentiel commercial inexploit\u00e9, notamment dans les \u00e9quipements \u00e9lectriques, les v\u00e9hicules, les m\u00e9taux ou encore les produits chimiques. Au total, les dix cat\u00e9gories de produits les plus prometteuses repr\u00e9sentent \u00e0 elles seules 43,6 milliards de dollars de potentiel commercial suppl\u00e9mentaire sur le continent.<\/p>\n<p>La Zlecaf devient une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique plus qu\u2019un projet politique<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport est sans ambigu\u00eft\u00e9 sur un point particulier : dans un monde marqu\u00e9 par les tensions commerciales et la volatilit\u00e9 des cha\u00eenes logistiques, la Zlecaf n\u2019est plus simplement un projet d\u2019int\u00e9gration, mais une r\u00e9ponse strat\u00e9gique aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie mondiale. R\u00e9duction des barri\u00e8res tarifaires, harmonisation des normes, am\u00e9lioration des proc\u00e9dures douani\u00e8res, d\u00e9veloppement des paiements r\u00e9gionaux : autant de leviers destin\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance du continent vis-\u00e0-vis des march\u00e9s europ\u00e9ens, asiatiques ou nord-am\u00e9ricains. Initiatrice du projet, Afreximbank insiste \u00e9galement sur le r\u00f4le croissant du Pan-African Payment and Settlement System (<a href=\"https:\/\/forbesafrique.com\/la-beac-rejoint-le-systeme-papss-pour-connecter-la-cemac-aux-paiements-panafricains\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">PAPSS<\/a>), ce dispositif qui permet d\u00e9sormais \u00e0 un nombre croissant de banques centrales africaines d\u2019effectuer des paiements transfrontaliers en monnaies locales, r\u00e9duisant ainsi les co\u00fbts de transaction et la d\u00e9pendance au dollar. Un changement de paradigme qui fait dire aux \u00e9quipes de l\u2019institution financi\u00e8re multilat\u00e9rale panafricaine que \u00ab plus qu\u2019un simple accord commercial, la Zlecaf s\u2019impose de plus en plus comme une voie vers la souverainet\u00e9 \u00e9conomique. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019industrialisation doit d\u00e9sormais remplacer le mod\u00e8le fond\u00e9 sur les mati\u00e8res premi\u00e8res<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un des messages les plus forts du rapport concerne la n\u00e9cessit\u00e9 de rompre avec un mod\u00e8le d\u2019exportation centr\u00e9 sur les mati\u00e8res premi\u00e8res brutes. \u00ab En acc\u00e9l\u00e9rant la transformation locale et la cr\u00e9ation de valeur sur le continent, les \u00e9conomies africaines peuvent accro\u00eetre la valeur qu\u2019elles captent, renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9 de leurs exportations et r\u00e9duire leur exposition aux chocs ext\u00e9rieurs \u00bb, plaident ainsi les auteurs de l\u2019African Trade Report. Afreximbank estime \u00e0 cet \u00e9gard que les nouvelles cha\u00eenes de valeur mondiales offrent au continent l\u2019occasion de d\u00e9velopper davantage d\u2019activit\u00e9s de transformation locale dans des secteurs tels que le cacao, les minerais critiques, l\u2019agroalimentaire, la p\u00e9trochimie ou encore les batteries destin\u00e9es aux v\u00e9hicules \u00e9lectriques. Le rapport cite notamment les perspectives offertes par la coop\u00e9ration entre la RDC, la Zambie et le Zimbabwe autour des minerais strat\u00e9giques, ou encore par le d\u00e9veloppement d\u2019industries r\u00e9gionales du chocolat en Afrique de l\u2019Ouest. Autrement dit, la richesse mini\u00e8re ou agricole du continent ne constitue plus un avantage suffisant ; c\u2019est d\u00e9sormais sa capacit\u00e9 \u00e0 transformer localement ces ressources qui d\u00e9terminera sa place dans les cha\u00eenes de valeur mondiales.<\/p>\n<p>Le financement du commerce demeure le principal d\u00e9fi<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les perspectives apparaissent favorables, Afreximbank rappelle toutefois que l\u2019obstacle majeur reste financier. Les auteurs de l\u2019\u00e9tude rappellent en particulier que le d\u00e9ficit africain de financement du commerce a encore atteint 74 milliards de dollars en 2025, limitant fortement les capacit\u00e9s d\u2019exportation des entreprises africaines. Plus largement, le d\u00e9ficit annuel de financement du commerce intra-africain est \u00e9valu\u00e9 entre 80 et 120 milliards de dollars.\u00a0 Pour combler cet \u00e9cart, les institutions financi\u00e8res de d\u00e9veloppement sont appel\u00e9es \u00e0 jouer un r\u00f4le beaucoup plus important en mati\u00e8re de garanties, de financement des PME, de d\u00e9veloppement des infrastructures logistiques et d\u2019appui aux zones industrielles. Une bonne mani\u00e8re pour Afreximbank de mettre en avant ses propres interventions : 17,5 milliards de dollars ont ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9caiss\u00e9s en 2024, avec un objectif de porter les financements d\u00e9di\u00e9s au commerce intra-africain \u00e0 40 milliards de dollars d\u00e8s cette ann\u00e9e. Au final, on l\u2019aura compris, dans un monde devenu plus fragment\u00e9 et plus incertain, le continent ne pourra pleinement tirer parti des nouvelles dynamiques commerciales qu\u2019en acc\u00e9l\u00e9rant simultan\u00e9ment son industrialisation, l\u2019int\u00e9gration de ses march\u00e9s, le financement du commerce et la mont\u00e9e en puissance de ses cha\u00eenes de valeur r\u00e9gionales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le dernier African Trade Report d\u2019Afreximbank livre un message clair : dans un monde boulevers\u00e9 par les tensions&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":371070,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[62],"tags":[64,3953],"class_list":["post-371069","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-commerce"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@africa\/117068787205475963","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/371069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=371069"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/371069\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/371070"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=371069"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=371069"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=371069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}