{"id":3753,"date":"2026-01-04T22:27:13","date_gmt":"2026-01-04T22:27:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/3753\/"},"modified":"2026-01-04T22:27:13","modified_gmt":"2026-01-04T22:27:13","slug":"pourquoi-la-croissance-peine-a-creer-des-emplois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/3753\/","title":{"rendered":"Pourquoi la croissance peine \u00e0 cr\u00e9er des emplois"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La croissance \u00e9conomique peine \u00e0 se traduire en cr\u00e9ation d\u2019emplois, un constat alarmant pour un pays o\u00f9 le taux de ch\u00f4mage s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 13,1% en 2023. \u00abLe taux de ch\u00f4mage exprime la part de la population active d\u00e9pourvue d\u2019emploi mais en recherche de travail. Au Maroc, nous avons affaire \u00e0 un ch\u00f4mage massif et structurel\u00bb, explique Lahcen El Amli, professeur universitaire d\u2019\u00e9conomie, dans un entretien accord\u00e9 au magazine Finances News Hebdo. Selon lui, le volume r\u00e9el du ch\u00f4mage est probablement plus \u00e9lev\u00e9 que les statistiques officielles. Une proportion importante des personnes en situation de sous-emploi ou travaillant dans le secteur informel occupe des emplois pr\u00e9caires et vuln\u00e9rables et devrait \u00eatre compt\u00e9e comme ch\u00f4meurs. Il ajoute que la cat\u00e9gorie des NEET, ces jeunes ni en emploi ni en formation, constitue un d\u00e9fi majeur pour l\u2019\u00e9conomie. En 2022, un jeune Marocain sur quatre \u00e2g\u00e9 de 15 \u00e0 24 ans \u00e9tait concern\u00e9, soit 1,5 million de personnes, un ph\u00e9nom\u00e8ne aggrav\u00e9 par le d\u00e9crochage scolaire, l\u2019inad\u00e9quation des formations avec le march\u00e9 du travail et des barri\u00e8res socio\u00e9conomiques, notamment dans les zones rurales.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La dynamique de cr\u00e9ation d\u2019emplois est aussi frein\u00e9e par la structure de l\u2019investissement. \u00abUne grande proportion de l\u2019investissement se dirige vers le BTP et les services, secteurs moins cr\u00e9ateurs d\u2019emplois, tandis que l\u2019industrie et l\u2019agriculture, plus g\u00e9n\u00e9ratrices de valeur ajout\u00e9e, ne repr\u00e9sentent respectivement que 33% et 2% de la FBCF\u00bb, souligne Amli. Les investissements \u00e9trangers intensifs en capital, avec un faible taux d\u2019int\u00e9gration locale, limitent les effets d\u2019entra\u00eenement sur l\u2019\u00e9conomie nationale. Dans l\u2019automobile, par exemple, une grande partie des composants est import\u00e9e, ce qui r\u00e9duit les retomb\u00e9es en emplois et en valeur ajout\u00e9e. La faible ex\u00e9cution des investissements publics et l\u2019accumulation des reports de cr\u00e9dits contribuent \u00e9galement \u00e0 restreindre la cr\u00e9ation d\u2019emplois.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abLes d\u00e9faillances d\u2019entreprises constituent un autre facteur d\u00e9terminant\u00bb, note Finances News. Amli rappelle que les TPE repr\u00e9sentent 65% du tissu productif et 86% de l\u2019emploi au Maroc. Or, ces entreprises sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables : \u00ab La forte mortalit\u00e9 des entreprises alimente le ch\u00f4mage et contribue \u00e0 augmenter le taux de ch\u00f4mage. \u00bb Parmi les causes figurent l\u2019insuffisance des fonds propres, l\u2019acc\u00e8s difficile au financement, les retards de paiement, le manque de qualification de la main-d\u2019\u0153uvre, la faiblesse des business plans et l\u2019insuffisance d\u2019accompagnement public et professionnel. M\u00eame les TPME ayant acc\u00e8s au financement restent limit\u00e9es dans leur capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des emplois, car le cr\u00e9dit bancaire demeure difficile \u00e0 obtenir et le sous-financement chronique persiste. Dans l\u2019agriculture, 93% des exploitations sont exclues du financement, selon une \u00e9tude de 2018.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le d\u00e9veloppement des nouveaux m\u00e9tiers n\u2019a pas non plus g\u00e9n\u00e9r\u00e9 les emplois escompt\u00e9s. \u00abDans le cadre des derni\u00e8res strat\u00e9gies industrielles, des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s au niveau de la production et des exportations, mais les r\u00e9sultats en mati\u00e8re d\u2019emplois n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 cons\u00e9quents. Le taux d\u2019int\u00e9gration locale est insuffisant\u00bb, indique Amli. La croissance de secteurs comme l\u2019automobile et l\u2019a\u00e9ronautique profite davantage aux fournisseurs \u00e9trangers qu\u2019aux entreprises marocaines. La digitalisation, bien qu\u2019apportant des gains de productivit\u00e9 et d\u2019efficacit\u00e9, d\u00e9truit aussi des emplois, comme le montre le secteur bancaire, dont les effectifs ont diminu\u00e9 malgr\u00e9 l\u2019augmentation des services digitaux. Amli avertit: \u00abon peut se demander si le volume d\u2019emplois cr\u00e9\u00e9s par le digital pourra compenser celui d\u00e9truit\u00bb.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abLes jeunes dipl\u00f4m\u00e9s restent particuli\u00e8rement expos\u00e9s au ch\u00f4mage, avec un taux de 25,9% en 2023, presque le double du taux national\u00bb, souligne Finances News Hebdo. L\u2019inad\u00e9quation des formations avec le march\u00e9 du travail, le manque d\u2019opportunit\u00e9s dans les PME, des salaires peu attractifs et l\u2019absence de dispositifs solides pour promouvoir l\u2019entrepreneuriat expliquent cette situation. Amli note que cette non-absorption des dipl\u00f4m\u00e9s entra\u00eene une perte significative de capital humain et alimente la fuite des cerveaux. Le sous-emploi constitue un autre probl\u00e8me structurel, touchant en moyenne 10% de la population active occup\u00e9e entre 2010 et 2023, et jusqu\u2019\u00e0 19,2% dans le BTP, secteur le plus affect\u00e9. L\u2019agriculture et les services suivent avec des taux respectifs de 12,7% et 10,7%, tandis que l\u2019industrie reste moins touch\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pour Amli, \u00abla solution passe par un ensemble de mesures: am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019investissement, favoriser une industrialisation inclusive et dense, d\u00e9velopper la recherche et d\u00e9veloppement, mieux r\u00e9partir les richesses et renforcer l\u2019am\u00e9nagement du territoire\u00bb. L\u2019objectif est de cr\u00e9er une \u00abatmosph\u00e8re industrielle\u00bb qui permet aux nouveaux secteurs de devenir des moteurs pour les secteurs traditionnels, de g\u00e9n\u00e9rer des emplois de qualit\u00e9 et d\u2019int\u00e9grer les jeunes et les zones rurales dans le d\u00e9veloppement \u00e9conomique. La formation reste essentielle, mais doit s\u2019accompagner de conditions \u00e9conomiques et institutionnelles permettant la cr\u00e9ation d\u2019emplois et l\u2019insertion professionnelle.<\/p>\n<p>Par La R\u00e9daction<\/p>\n<p>Le 04\/01\/2026 \u00e0 21h14<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La croissance \u00e9conomique peine \u00e0 se traduire en cr\u00e9ation d\u2019emplois, un constat alarmant pour un pays o\u00f9 le&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3754,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[3121,3120,158],"class_list":{"0":"post-3753","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-maroc","8":"tag-chomage","9":"tag-emploi","10":"tag-maroc"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3753"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3753\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3754"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}