{"id":8720,"date":"2026-01-07T06:42:09","date_gmt":"2026-01-07T06:42:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/8720\/"},"modified":"2026-01-07T06:42:09","modified_gmt":"2026-01-07T06:42:09","slug":"trente-ans-apres-lapartheid-lafrique-du-sud-desunie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/8720\/","title":{"rendered":"Trente ans apr\u00e8s l\u2019apartheid, l\u2019Afrique du Sud d\u00e9sunie"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\tDepuis la fin du r\u00e9gime de s\u00e9gr\u00e9gation raciale, l\u2019Afrique du Sud reste une nation constamment sous tension. Le projet s\u00e9cessionniste du Cap-Occidental, r\u00e9cemment rejet\u00e9 par Cyril Ramaphosa, a confirm\u00e9 les fragilit\u00e9s d\u2019un pays toujours en qu\u00eate d\u2019unit\u00e9 et de stabilit\u00e9.<br \/>\n\u00c0 voir \u00e9galement : <a href=\"https:\/\/www.revueconflits.com\/video-lafrique-du-sud-dans-la-tourmente-bernard-lugan\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Vid\u00e9o : L\u2019Afrique du Sud dans la tourmente. Bernard Lugan<\/a><\/p>\n<p>Trente ans apr\u00e8s la fin de l\u2019apartheid, l\u2019Afrique du Sud reste travaill\u00e9e par des lignes de fracture profondes. \u00c0 la crise \u00e9conomique et s\u00e9curitaire s\u2019ajoutent d\u00e9sormais des revendications territoriales in\u00e9dites, au premier rang desquelles l\u2019id\u00e9e d\u2019une ind\u00e9pendance du Cap-Occidental. Le pr\u00e9sident Cyril Ramaphosa a refus\u00e9 r\u00e9cemment toute perspective de r\u00e9f\u00e9rendum sur le sujet, affirmant pr\u00e9server l\u2019unit\u00e9 constitutionnelle du pays.<\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re cette fermet\u00e9 institutionnelle affleure un malaise plus large : celui d\u2019une nation encore incapable de r\u00e9concilier justice historique, coh\u00e9sion sociale et stabilit\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Ramaphosa, gardien inflexible de l\u2019unit\u00e9 constitutionnelle<\/p>\n<p>Fin d\u00e9cembre 2025, c\u2019est dans l\u2019enceinte solennelle du Parlement que Cyril Ramaphosa a tenu \u00e0 mettre fin aux sp\u00e9culations qui agitent la classe politique sud-africaine depuis plusieurs semaines. Interrog\u00e9 par Thapelo Mogale, d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Economic Freedom Fighters (EFF), sur l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum portant sur la s\u00e9cession du Cap-Occidental ou sur la cr\u00e9ation d\u2019un \u00c9tat afrikaner autonome (Volkstaat) \u00e0 court terme, le chef de l\u2019\u00c9tat a oppos\u00e9 un refus sans nuance.<\/p>\n<p>\u00ab Les dispositions fondatrices de notre Constitution stipulent que la R\u00e9publique d\u2019Afrique du Sud est un \u00c9tat souverain et d\u00e9mocratique \u00bb, a-t-il martel\u00e9, rappelant que son r\u00f4le premier est de faire respecter la loi supr\u00eame et de promouvoir l\u2019unit\u00e9 nationale. Aucune consultation populaire, aucune concession institutionnelle ne sera accord\u00e9e \u00e0 des projets s\u00e9cessionnistes, a-t-il insist\u00e9.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9claration, ferme et volontairement d\u00e9pourvue d\u2019ambigu\u00eft\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9e dans toute la presse nationale, vise \u00e0 refermer un d\u00e9bat jug\u00e9 dangereux par l\u2019ex\u00e9cutif. Le pr\u00e9sident Cyril Ramaphosa n\u2019entend rien c\u00e9der aux demandes d\u2019une partie de la minorit\u00e9 afrikaner, mais elle ne dissipe pas pour autant les tensions qui traversent le pays.<\/p>\n<p>Le Cap-Occidental, une province politiquement \u00e0 part<\/p>\n<p>Le Cap-Occidental occupe une position singuli\u00e8re dans l\u2019architecture historique et politique sud-africaine. C\u2019est ici, au cours du XVIIe si\u00e8cle, que les premiers colons n\u00e9erlandais ont d\u00e9barqu\u00e9 pour fonder la colonie du Cap. Bient\u00f4t suivis par des contingents de Fran\u00e7ais et d\u2019Allemands, ils vont bient\u00f4t former le jalon identitaire de la nation afrikaner. C\u2019est encore depuis la \u00ab ville-m\u00e8re \u00bb que va s\u2019\u00e9crire les pages d\u2019une saga traduite en noir et blanc. Devenue britannique deux si\u00e8cles plus tard, l\u2019Afrique du Sud \u00e9tablit un r\u00e9gime de s\u00e9gr\u00e9gation raciale en 1948 et prend son ind\u00e9pendance en 1960. Avec la chute du Mur de Berlin, mis sous pression par les \u00c9tats-Unis, c\u2019est dans la douleur et une atmosph\u00e8re de quasi-guerre civile que les Afrikaners sont contraints de c\u00e9der d\u00e9mocratiquement le pouvoir \u00e0 la majorit\u00e9 noire repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019African National Congress (ANC) de Nelson Mandela (1994).<\/p>\n<p>Seule province \u00e0 n\u2019avoir jamais accord\u00e9 sa majorit\u00e9 \u00e0 l\u2019ANC, Le Cap-Occidental est actuellement gouvern\u00e9e par la Democratic Alliance (DA), formation lib\u00e9rale qui a b\u00e2ti sa cr\u00e9dibilit\u00e9 sur la promesse d\u2019une gestion plus rigoureuse, moins client\u00e9liste et plus efficace que celle du pouvoir central. Depuis 2018, elle a plac\u00e9 \u00e0 sa t\u00eate, un pur produit de la bourgeoisie afrikaner (Alan Winde).<br \/>Cette singularit\u00e9 \u00e9lectorale a fini par nourrir un sentiment d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 politique. Le mouvement ind\u00e9pendantiste du Cap n\u2019a pas surgi ex nihilo. Il trouve ses racines en 2007 avec la cr\u00e9ation du Cape Party, issu d\u2019un groupe Facebook anim\u00e9 par des citoyens d\u00e9sabus\u00e9s par la situation qui pr\u00e9vaut en Afrique du Sud. Longtemps marginal, ce courant s\u2019est structur\u00e9 progressivement, port\u00e9 par l\u2019accumulation de crises successives qui ont politiquement affaibli l\u2019ANC.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 2010, la stagnation \u00e9conomique (qui a notamment affect\u00e9 l\u2019\u00e9nergie d\u2019un pays faisant face \u00e0 de fr\u00e9quentes coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9), la perte de leadership du pays au sein des BRICS+, les scandales de corruption qui touchent jusqu\u2019au plus haut sommet de l\u2019\u00c9tat, l\u2019\u00e9chec de la DA \u00e0 s\u2019imposer au-del\u00e0 de son bastion \u00e9lectoral (principalement parmi les classes moyennes et ais\u00e9es blanches et noires) et la mont\u00e9e des discours identitaires (de part et d\u2019autre) ont favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de nouvelles organisations ind\u00e9pendantistes ou autonomistes : CapeXit, Gatvol Capetonian, Sovereign State of Good Hope, puis le Cape Independence Advocacy Group (CIAG).<\/p>\n<p>Les partisans de l\u2019ind\u00e9pendance avancent un argument central : l\u2019Afrique du Sud serait prisonni\u00e8re d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique \u00e9tatiste et inefficace, incapable de g\u00e9n\u00e9rer croissance et emploi. La pand\u00e9mie de Covid-19 a agi comme un acc\u00e9l\u00e9rateur. La gestion centralis\u00e9e de la crise, per\u00e7ue comme incoh\u00e9rente et autoritaire, a renforc\u00e9 cette id\u00e9e que la province serait mieux gouvern\u00e9e si elle disposait de leviers souverains.<\/p>\n<p>Un Cap ind\u00e9pendant, affirment-ils, pourrait adopter une politique plus lib\u00e9rale, attirer les investissements et offrir une meilleure qualit\u00e9 de vie \u00e0 ses habitants. Ils soulignent \u00e9galement que le Cap-Occidental est l\u2019une des rares provinces \u00e0 afficher des indicateurs de gouvernance relativement stables, m\u00eame si cette image est nuanc\u00e9e par une criminalit\u00e9 end\u00e9mique dans certaines zones urbaines. Les d\u00e9fenseurs de l\u2019ind\u00e9pendance citent volontiers les \u00e9meutes de juillet 2021 dans les provinces du KwaZulu et du Gauteng comme preuve de l\u2019effondrement de l\u2019\u00c9tat. La r\u00e9alit\u00e9 est plus complexe. Le Cap, travers\u00e9 par une s\u00e9gr\u00e9gation sociale plus que visible dans ses quartiers, affiche pourtant l\u2019un des taux d\u2019homicides les plus \u00e9lev\u00e9s du pays. Les Cape Flats figurent parmi les zones urbaines les plus violentes au monde.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, les ind\u00e9pendantistes opposent \u00e0 ce chaos l\u2019image d\u2019un Cap plus s\u00fbr o\u00f9 ils font bon vivre dans le Wineland (dont la majorit\u00e9 des terres restent cultiv\u00e9es par les Afrikaners au grand d\u00e9sespoir de l\u2019EFF qui presse le gouvernement de mettre en place une r\u00e9forme de redistribution des terres). En 2023, la Cape Referendum Alliance \u00e0 m\u00eame lanc\u00e9 un ultimatum au Premier ministre Alan Winde (DA), exigeant l\u2019organisation d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum sur l\u2019ind\u00e9pendance de la province. Refus net du concern\u00e9.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-53496\" class=\"size-full wp-image-53496\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"\" width=\"2880\" height=\"1928\" data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/SIPA_ap22877708_000016-scaled.jpg\"\/><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-53496\" class=\"size-full wp-image-53496\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/africa\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/SIPA_ap22877708_000016-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"2880\" height=\"1928\"\/><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-53496\" class=\"wp-caption-text\">Julius Malema, chef du parti Economic Freedom Fighters (EFF), lors d\u2019un dernier rassemblement \u00e9lectoral \u00e0 Polokwane, en Afrique du Sud, le samedi 25 mai 2024. Les Sud-Africains voteront aux \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de 2024 le 29 mai.<br \/>(AP Photo\/Themba Hadebe) \u00a9 SIPA<\/p>\n<p>\u00c0 lire \u00e9galement : <a href=\"https:\/\/www.revueconflits.com\/video-dans-le-retro-1989-lafrique-du-sud-face-a-lapartheid\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Vid\u00e9o dans le r\u00e9tro \u2014 1989 : L\u2019Afrique du Sud face \u00e0 l\u2019apartheid<\/a><br \/>\nUne nation toujours enferm\u00e9e dans la question raciale<\/p>\n<p>Enfin, pour les partisans de l\u2019ind\u00e9pendance, le Black Economic Empowerment (BEE), n\u2019est plus un outil de justice, mais un facteur de division. Mis en place d\u00e8s 1994, il cristallise les tensions. Con\u00e7u pour corriger les injustices structurelles de l\u2019apartheid, il est de plus en plus contest\u00e9 pour ses effets pervers (apparition d\u2019une classe paup\u00e9ris\u00e9e de la communaut\u00e9 afrikaner, discrimination positive au sein des entreprises). Au c\u0153ur du d\u00e9bat se trouve \u00e9galement une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9rangeante : l\u2019Afrique du Sud demeure profond\u00e9ment racialis\u00e9e. Un sondage r\u00e9alis\u00e9 en ao\u00fbt 2023 par le CIAG r\u00e9v\u00e8le d\u2019ailleurs une fracture id\u00e9ologique inqui\u00e9tante qui met tout le concept de \u00ab nation arc-en-ciel \u00bb en \u00e9chec. Seuls 31 % des Sud-Africains noirs interrog\u00e9s adh\u00e8rent \u00e0 l\u2019id\u00e9e que le pays appartient \u00e0 tous ses habitants, quelle que soit leur race, contre 80 % des m\u00e9tis et 88 % des blancs.<\/p>\n<p>Ces chiffres, au-del\u00e0 de leur port\u00e9e statistique, traduisent une rupture de confiance dans le projet national post-apartheid. Dans le Cap-Occidental, des leaders m\u00e9tis d\u00e9noncent une marginalisation paradoxale. Les quotas nationaux, fond\u00e9s sur une d\u00e9mographie qui ne refl\u00e8te pas celle de la province, p\u00e9nalisent une population pourtant historiquement d\u00e9favoris\u00e9e. Lors des derniers \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales (2024), l\u2019ANC a \u00e9t\u00e9 la victime de ce climat de d\u00e9fiance, Elle a perdu sa majorit\u00e9 parlementaire historique, oblig\u00e9 de composer et former avec la DA et le Freedom Front, parti d\u2019extr\u00eame-droite afrikaner, favorable \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un \u00e9tat boer ind\u00e9pendant, un gouvernement d\u2019union nationale.<\/p>\n<p>Les Afrikaners depuis 1994 : entre d\u00e9classement et qu\u00eate d\u2019autonomie<\/p>\n<p>Pour une partie des Afrikaners, la fin de l\u2019apartheid a signifi\u00e9 une perte brutale de rep\u00e8res politiques, culturels et \u00e9conomiques. Sans pouvoir institutionnel, soumis \u00e0 des politiques de transformation et confront\u00e9s \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 rurale, certains ont d\u00e9velopp\u00e9 un sentiment de d\u00e9classement.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte qu\u2019Orania s\u2019est impos\u00e9e comme un symbole. Cette petite ville priv\u00e9e du Cap-Nord, fond\u00e9e sur l\u2019autonomie \u00e9conomique, l\u2019usage exclusif de l\u2019afrikaans et l\u2019autogestion communautaire, affiche des r\u00e9sultats tangibles : croissance, quasi-plein emploi, criminalit\u00e9 tr\u00e8s faible. Loin de l\u2019image caricaturale d\u2019un bastion nostalgique distill\u00e9 par certains m\u00e9dias, Orania se pr\u00e9sente comme une exp\u00e9rience pragmatique de survie culturelle. Elle entend \u00eatre le point de d\u00e9part d\u2019une future r\u00e9publique (volkstaat) afrikaner tel qu\u2019ils l\u2019ont connu dans leur histoire avec celles du Transvaal et de l\u2019Etat d\u2019Orange Libre.<\/p>\n<p>Village d\u2019irr\u00e9ductibles pour les uns, t\u00e2che sur la nation arc-en-ciel, elle a soudain connu un regain de publicit\u00e9 lorsque le Pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donald Trump a pris la d\u00e9fense des Afrikaners apr\u00e8s qu\u2019il a accus\u00e9 le gouvernement de Cyril Ramaphosa de ne rien faire contre le \u00ab g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 contre les blancs \u00bb (mai 2025). Bien que les statistiques officielles ne corroborent pas cette th\u00e8se, les fermiers repr\u00e9sentant une minorit\u00e9 des victimes d\u2019homicides, la violence touche d\u2019abord les populations noires urbaines. N\u00e9anmoins, depuis la fin de l\u2019apartheid, on estime \u00e0 plus de 5000 fermiers tu\u00e9s, parfois dans des conditions sauvages. Une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9e par l\u2019AfriForum, le puissant syndicat de fermiers blancs, que l\u2019on ne peut occulter dans un pays marqu\u00e9 par une culture historique de violences en tout genre.<\/p>\n<p>A plusieurs reprises, les propos de Julius Malema, leader de l\u2019EFF, appelant \u00e0 \u00ab tuer le Boer \u00bb dans des chants militants, ont provoqu\u00e9 l\u2019irritation des Afrikaners. Bien que la justice ait jug\u00e9 ces slogans historiques, leur port\u00e9e politique reste ind\u00e9niable parmi les noirs et alimente la peur d\u2019une radicalisation dans les deux camps. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une guerre civile entre blancs et noirs est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9e dans les m\u00e9dias internationaux. En effet, si les fractures sud-africaines sont d\u2019abord sociales et \u00e9conomiques, combin\u00e9es avec la pauvret\u00e9 massive, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 chronique, des discours politiques incendiaires et de d\u00e9fiance envers les institutions constituent un terreau fertile \u00e0 un tel conflit en Afrique australe.<\/p>\n<p>Un d\u00e9ni constitutionnel pour les ind\u00e9pendantistes qui pourrait mener \u00e0 l\u2019in\u00e9luctable<\/p>\n<p>Pour les partisans d\u2019un CapXit, le refus du pr\u00e9sident Ramaphosa est un d\u00e9ni constitutionnel. \u00ab L\u2019ind\u00e9pendance du Cap n\u2019est ni un slogan ni une id\u00e9e marginale. C\u2019est une r\u00e9ponse constitutionnelle et d\u00e9mocratique \u00e0 un gouvernement national qui a constamment failli \u00e0 son devoir le plus fondamental : servir et prot\u00e9ger ses citoyens. \u00bb, se justifient-ils. Rappelant que l\u2019article 235 de la<\/p>\n<p>Constitution reconna\u00eet le droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination de communaut\u00e9s partageant un patrimoine culturel et linguistique commun, mais uniquement \u00ab dans le cadre de la R\u00e9publique \u00bb. Une ouverture juridique limit\u00e9e, qui ne saurait toutefois justifier une s\u00e9cession sans l\u2019accord de l\u2019\u00c9tat central. D\u2019ailleurs, il r\u00e9fute toute notion de racisme dans leur demande. D\u2019un point de vue global, 51% des habitants du Cap soutiennent le principe d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum, majoritairement issu de la Democratic Alliance (DA).<\/p>\n<p>Un projet pourtant valid\u00e9 par Nelson Mandela, qui avait lui-m\u00eame promis dans un document sign\u00e9 par tous les partis de l\u2019\u00e9poque, l\u2019organisation d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum sur cette question dans le seul but d\u2019obtenir la participation de l\u2019extr\u00eame-droite aux premi\u00e8res \u00e9lections multiraciales. Cependant, selon le sondage de mars 2025, il appara\u00eet que seuls 20% des blancs peuplant la province sont en r\u00e9alit\u00e9 favorables \u00e0 cette s\u00e9cession contre 76% pour la communaut\u00e9 m\u00e9tisse (coloured) et 13% pour celle des africains noirs. Un chiffre qui ne se traduit plus dans les urnes, les partis ind\u00e9pendantistes (hors Freedom Front) peine \u00e0 convaincre \u00e9lectoralement.<\/p>\n<p>En fermant la porte \u00e0 toute perspective r\u00e9f\u00e9rendaire, qui n\u00e9cessiterait un vote parlementaire, Cyril Ramaphosa affirme la primaut\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et de la Constitution. Mais l\u2019autorit\u00e9 juridique ne saurait, \u00e0 elle seule, r\u00e9soudre une crise de confiance profonde qui traverse toute l\u2019Afrique du Sud. L\u2019id\u00e9e ind\u00e9pendantiste s\u2019est m\u00eame r\u00e9pandue dans les provinces de l\u2019Eastern Cape et du Kwazulu, agit\u00e9e comme un \u00e9pouvantail par des royaumes traditionnels, mettant Pretoria sous pression. Des monarchies qui se sont rapproch\u00e9s des mouvements d\u2019extr\u00eame-droite afrikaners afin de pr\u00e9server leurs acquis.<\/p>\n<p>\u00c0 lire \u00e9galement : <a href=\"https:\/\/www.revueconflits.com\/video-lafrique-du-sud-dans-la-tourmente-bernard-lugan\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Afrique du Sud : La nouvelle guerre des Boers<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis la fin du r\u00e9gime de s\u00e9gr\u00e9gation raciale, l\u2019Afrique du Sud reste une nation constamment sous tension. 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