Le contrôle technique des deux-roues n’a pas fini de faire débat. Alors qu’en France, motos et scooters y sont déjà soumis depuis avril 2024, un nouveau chantier s’ouvre à l’échelle européenne. A Bruxelles, les institutions travaillent à une harmonisation des règles qui pourrait changer la donne dans l’ensemble de l’Union. La Commission européenne souhaite en effet revoir la directive encadrant le contrôle technique des véhicules afin d’imposer des règles plus uniformes, explique Auto Plus.
Le projet concerne les motos de plus de 125 cm³, qu’elles soient thermiques ou électriques. L’objectif affiché est double : renforcer la sécurité routière et limiter les émissions polluantes. Jusqu’ici, les Etats membres pouvaient choisir des alternatives au contrôle périodique, à condition de garantir un niveau satisfaisant de sécurité. Mais cette flexibilité pourrait disparaître. La nouvelle version du texte vise à rendre le contrôle technique obligatoire pour tous les deux-roues concernés dans l’ensemble de l’Union.
Bruxelles avance, mais les Etats freinent encore
En France, la réforme est déjà en place depuis 2024. Le dispositif prévoit une première visite au bout de cinq ans, puis un contrôle tous les trois ans. Selon les données du Sénat, environ 16% des deux et trois roues contrôlés en 2024 présentaient une défaillance majeure, entraînant une contre-visite. Au Parlement européen, le texte avance. La commission des Transports a validé le projet début mai 2026 et donné son feu vert pour engager les négociations avec les Etats membres.
Mais rien n’est encore acté : le Conseil de l’Union européenne reste plus réservé. Ce dernier refuse notamment de durcir les obligations pour les voitures et souhaite conserver la possibilité d’exclure les motos du dispositif obligatoire. Tant qu’un compromis n’est pas trouvé entre institutions, la réforme ne peut pas entrer en vigueur.
Même en cas d’accord, le calendrier reste long : une directive européenne laisse généralement plusieurs années aux pays pour adapter leur législation. A court terme, aucun changement n’est donc à prévoir pour les motards européens. En France, ce projet serait surtout une confirmation du cadre déjà en place. Si la ligne défendue par Bruxelles finit par s’imposer, il ne s’agirait que d’ajustements techniques plutôt que d’une refonte du système.