L’Egypte assume, à compter du 1er février 2026, la présidence tournante du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine pour une durée d’un mois, a annoncé le ministère des Affaires étrangères. Cette prise de fonction intervient dans un contexte continental et international particulièrement complexe, marqué par la multiplication des crises politiques et sécuritaires.

L’agenda du mois de février s’annonce particulièrement chargé, avec des dossiers sensibles tels que la situation au Soudan et en Somalie. Des consultations ministérielles intensives sont prévues, notamment avec le ministre soudanais des Affaires étrangères, ainsi que des sessions consacrées à la stabilisation de la Corne de l’Afrique. La délégation égyptienne finalisera le rapport annuel du CPS, document stratégique destiné au Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine.

D’autre part, la présidence égyptienne élargira le champ des débats en intégrant des thématiques contemporaines, telles que les liens entre changement climatique et sécurité, et l’impact de l’intelligence artificielle sur la gouvernance. L’Egypte mettra également en avant son rôle dans la reconstruction et le développement post-conflit (PCRD), tout en coordonnant les efforts continentaux de lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Selon l’expert diplomatique Salah Halima, vice-président du Conseil égyptien pour les affaires africaines, cette présidence intervient à un moment de « précision extrême », nécessitant une activité diplomatique soutenue afin d’instaurer une « paix stratégique », condition essentielle au développement du continent. L’Egypte entend mobiliser son expertise pour apaiser les zones de tension, tout en respectant la souveraineté des Etats et en renforçant l’action multilatérale, dans le but de protéger les institutions nationales contre toute forme d’ingérence.

Cette présidence s’inscrit dans la continuité de l’engagement égyptien au sein du CPS. Le Caire avait obtenu, le 28 janvier 2016, pour la première fois, un siège de trois ans représentant l’Afrique du Nord, avec le soutien de 47 Etats membres. Forte de ses expériences précédentes, l’Egypte a notamment contribué à la création du mécanisme de consultation annuelle entre le CPS et le Conseil de sécurité des Nations-Unies, aujourd’hui considéré comme un pilier de la coordination internationale pour la paix et la sécurité en Afrique.

Organe exécutif de l’Union africaine en matière de gestion des crises, le CPS, composé de 15 Etats membres et inspiré du modèle du Conseil de sécurité de l’ONU, est chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits. Depuis son entrée en vigueur en 2003, il s’appuie sur divers instruments, tels que l’alerte précoce, la diplomatie préventive, la médiation et les opérations de soutien à la paix, afin de protéger les populations civiles et de favoriser un environnement propice au développement durable.

 

Ahraminfo



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