C’est une mesure qui pourrait “déclencher une réaction en chaîne de nature à remodeler le marché de la location” dans la ville du Cap, annonce le média d’investigation sud-africain Daily Maverick. Débordée par la “Airbnbfication” de son centre-ville, la municipalité veut appliquer aux logements loués meublés sur de courte durée la majorité de l’année les taxes en vigueur pour les activités commerciales.

Carte du Cap, Afrique du Sud.. Courrier International

Carte du Cap, Afrique du Sud.. Courrier International

Une augmentation importante pour les propriétaires, qui pourraient voir leurs charges s’envoler de 135 %. Face à cette mesure, “il y a trois choix”, explique Nick Taylor, directeur d’une entreprise qui gère plus de 200 locations de courte durée au Cap, au média sud-africain : “Rester dans la location de court terme et absorber les coûts additionnels, passer à la location de long terme, ou vendre.”

Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, Le Cap a vu le tourisme exploser au point d’être victime de son succès. Le nombre d’annonces offrant un logement dans la ville sur Airbnb a augmenté de près 92 % depuis 2019, pour dépasser 26 000, soit plus qu’à Copenhague, Lisbonne ou Los Angeles, souligne The Guardian.

Le grand dilemme du tourisme

Conséquence : environ 70 % du centre-ville est désormais occupé par des hôtels ou des locations touristiques de court terme, rapporte le site américain Semafor. En parallèle, les prix de l’immobilier ont augmenté de 38 % en six ans, selon The New York Times, reléguant la majorité de la population, jusqu’aux classes moyennes, loin du cœur de la ville, de ses plages et ses vues à couper le souffle sur la montagne de la Table.

“Dans une ville où le revenu médian se situe autour de 14 000 rands (moins de 700 euros), cette concentration est devenue de plus en plus problématique. Un studio Airbnb dans le centre-ville peut facilement se louer 36 000 rands (plus de 1 500 euros) pour un mois”, poursuit le Daily Maverick.

The New York Times rapporte ainsi le témoignage d’une habitante forcée de vivre à plus de deux heures de route de son travail. “La ville est en train d’être modernisée pour les touristes”, regrette-t-elle. La correspondante du Guardian en Afrique du Sud raconte de son côté l’apparition de graffitis sur le front de mer enjoignant aux “nomades numériques” de “rentrez chez [eux]”.

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