Le sucre fait partie des denrées stratégiques en Algérie avec le blé, les produits laitiers et les huiles alimentaires. Le pays possède l’une des industries de raffinage les plus importantes du continent.
En Algérie, le groupe industriel Cevital injectera 600 millions de dollars (510 millions d’euros) dans le développement d’un projet agro-sucrier.
D’après un reportage diffusé le mardi 5 mai sur la télévision publique algérienne, l’initiative comprend une plantation de betteraves sucrières sur une concession de 1 200 hectares à Mansourah, dans la wilaya de Ghardaïa, ainsi qu’une raffinerie moderne qui sera édifiée à proximité des champs pour une mise en service prévue en 2028.
Selon l’entreprise, une production expérimentale de la plante sucrière a déjà été réalisée en 2024 dans cette région du Sahara algérien au climat semi-aride et s’est avérée concluante avec des taux d’extraction compris entre 18% et 20%.
Dans l’ensemble, ce nouveau projet ambitionne de créer 5 000 emplois directs, tout en générant des opportunités indirectes via la valorisation des sous-produits comme les pulpes pour l’alimentation animale et la mélasse.
Un renforcement de la position du groupe dans le sucre
Cette initiative devrait permettre au groupe de consolider un peu plus sa présence dans l’industrie algérienne du sucre. Le conglomérat possède déjà deux raffineries de sucre qui lui permettent de satisfaire non seulement la demande nationale, mais aussi de créer un surplus de production destiné à l’export.
Situées dans le complexe agroindustriel de Cevital au port de Béjaïa, sur la côte nordest du pays, ces deux installations cumulent une capacité de traitement annuelle de 2 millions de tonnes de la denrée.
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Dans un contexte où le pays ne produit quasiment pas de sucre brut, l’essentiel de la matière première est importé depuis le Brésil, situation qui en fait le premier acheteur africain devant le Nigeria.
Selon les données du Département américain de l’agriculture (USDA), le pays le plus vaste d’Afrique a acquis 2,24 millions de tonnes de sucre brut en 2024/2025, 5e volume le plus important au monde derrière la Chine, l’Indonésie, l’Inde et les Emirats arabes unis. L’Algérie est également le second consommateur africain de sucre derrière l’Egypte avec une consommation par tête supérieure à la moyenne du continent.
D’autres initiatives à l’œuvre
Parallèlement à Cevital, d’autres projets sont en cours dans le pays pour le positionner comme un hub sucrier majeur en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En mai 2025, le groupe public Madar Holding inaugurait ainsi sa raffinerie de sucre Tafadis, implantée dans la wilaya de Boumerdès. Édifiée sur un site de 14 hectares pour un coût de 34 milliards de dinars (218 millions d’euros), l’usine affiche une capacité de production de 2 000 tonnes par jour, dont 1 350 tonnes de sucre blanc raffiné. Cette production sera orientée à environ 60% vers le marché intérieur, afin de satisfaire les besoins industriels et commerciaux du pays, tandis que les 40% restants seront consacrés aux exportations.
En janvier de la même année, un mégaprojet agricole a été annoncé à Hassi ElGara, dans la wilaya d’El Meniaa. Porté par des investisseurs italiens en partenariat avec les autorités locales, ce projet cible environ 50 000 hectares de canne à sucre et de céréales.
Plus récemment, le gouvernement a annoncé en mai 2025 qu’il envisageait la création d’une autorité de régulation dédiée à l’industrie sucrière pour mieux encadrer le marché, en ajustant les volumes produits, en assurant la couverture de la demande locale et en calibrant les quantités destinées à l’exportation.