Il y a 25 ans, un voyage touristique au Sénégal a bouleversé la vie du Quévenois Gérard Lucas. Sur la petite côte, à Saly, ce Breton rencontre Baye, un jeune orphelin de 18 ans qui survit grâce à de petits boulots. « Il me répétait qu’il n’avait aucun avenir dans son pays et que son seul espoir était de rejoindre l’Europe », raconte-t-il.

Touché par ce désespoir, Gérard Lucas décide de l’aider. De retour en France, il mobilise sa troupe de théâtre et crée l’association Sunugal, qui signifie « notre pirogue », en wolof. Grâce aux recettes des spectacles, Baye obtient une pirogue, un moteur et du matériel de pêche. Le début d’une longue aventure humaine.

Beaucoup de jeunes femmes pensent qu’un Européen âgé est leur seule chance de s’en sortir.« Si personne ne l’aide, il prendra la pirogue »

Depuis 2008, l’association finance des microprojets au Sénégal : atelier de couture, pressing, petite restauration ou commerce local. « Avec 2 000 ou 3 000 €, on peut changer une vie », explique-t-il.

Parmi les bénéficiaires, Aïssatou, 26 ans, a pu ouvrir un pressing grâce à deux machines à laver. Une alternative au tourisme sexuel, très présent dans cette région touristique. « Beaucoup de jeunes femmes pensent qu’un Européen âgé est leur seule chance de s’en sortir », regrette Gérard Lucas.

Aujourd’hui, il se mobilise pour Mansour, 17 ans, jeune footballeur, tenté par l’exil clandestin. « Si personne ne l’aide, il prendra la pirogue », confie-t-il.

Pour financer les actions de l’association, Gérard Lucas vient de publier « Mes contes du Sénégal », qui regroupe sept contes philosophiques pour la jeunesse avec deux versions : brochée à 12 € et cartonnée à 8 €. Pour chaque vente, 3 € sont reversés à l’association. Gérard Lucas propose aussi une exposition photo sur les enfants. Il recherche des lieux d’exposition.

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