Le Gouverneur de Banque Centrale du Congo, André Wameso, a réaffirmé l’ambition de la République démocratique du Congo de jouer un rôle actif dans le développement des innovations financières numériques en Afrique. Il s’exprimait le 8 mai 2026 à Dakar, lors d’une conférence internationale organisée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest autour du thème : « Crypto-actifs et innovations numériques : opportunités et défis pour la stabilité monétaire et financière ».
Organisée en marge de la réunion du bureau de l’Association des Banques Centrales Africaines, cette rencontre a réuni plusieurs responsables des banques centrales africaines et experts du secteur financier pour débattre des enjeux liés à la montée des crypto-actifs et à la transformation numérique des systèmes financiers.

Prenant part au panel consacré à la cybersécurité, à l’intégrité financière et à la protection des données au sein des banques centrales, André Wameso a insisté sur la nécessité pour le continent africain de s’imposer comme un acteur majeur des nouvelles technologies.
Selon lui, l’Afrique dispose d’atouts stratégiques importants pour réussir sa transition numérique, notamment une population jeune et dynamique ainsi qu’une tradition historique d’innovation souvent sous-estimée.
Le Gouverneur de la BCC a également réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner le développement des fintechs et à accélérer la digitalisation du secteur financier congolais. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités monétaires de moderniser les services financiers et de renforcer l’inclusion financière à travers les outils numériques.

Face à l’accélération de la numérisation des services financiers, André Wameso a toutefois alerté sur les risques opérationnels et les menaces croissantes liées à la cybercriminalité. Dans cette optique, il a annoncé que la BCC a créé cette année un poste organique de Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI).
Cette nouvelle fonction aura pour mission principale de renforcer les mécanismes de prévention, de surveillance et de lutte contre les cyberattaques, dans un contexte marqué par l’essor des paiements numériques et des technologies financières sur le continent africain.
Pour plusieurs analystes, cette prise de position traduit la volonté croissante des banques centrales africaines de mieux encadrer les innovations liées aux crypto-actifs tout en préservant la stabilité monétaire et financière.

Dans un environnement où les usages des monnaies numériques et des solutions fintech progressent rapidement, les autorités monétaires cherchent désormais à concilier innovation, inclusion financière et maîtrise des risques technologiques.
AGNES KAYEMBE