Les importations européennes de GNL russe ont atteint un niveau record début 2026, selon un rapport publié ce 13 mai.Depuis la guerre en Ukraine, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’importations et sortir de la dépendance à Moscou.

Suivez la couverture complète

Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année

Malgré la volonté de sortir de la dépendance au gaz russe, l’Europe continue d’en importer et à des niveaux jamais observés depuis le début de l’invasion russe, en février 2022. Selon un rapport de l’Institut d’économie de l’énergie et d’analyse financière (IEEFA) publié ce mercredi 13 mai, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe ont atteint un niveau record sur les trois premiers mois de 2026. « Ces importations ont progressé de 16% au premier trimestre 2026 par rapport à l’année précédente », indique l’IEEFA (nouvelle fenêtre), et cela « grâce aux livraisons à la France, à l’Espagne et à la Belgique ». En effet, ces trois pays sont les principaux importateurs européens de GNL, ce gaz qui est donc transporté par bateau (nouvelle fenêtre), avec les Pays-Bas et l’Italie, selon la Commission européenne.

Un embargo en vigueur en 2027 ?

La France a notamment « importé plus de GNL russe que tout autre pays européen au premier trimestre 2026 », avec un record atteint en janvier, toujours selon le centre de réflexion américain. Ce qui ne signifie pas que la France consomme la totalité du gaz qu’elle importe, comme nous le détaillons dans cet article (nouvelle fenêtre). D’après les données (nouvelle fenêtre) de la Commission européenne, la Norvège restait en 2025 le premier fournisseur de gaz de l’Europe (30,9%), mais la Russie demeurait toujours en bonne position en représentant 12,5% des importations de gaz et de GNL. 

Cependant, un accord a été trouvé (nouvelle fenêtre) fin 2025 au sein de l’Union européenne pour interdire toutes les importations de gaz russe dans l’Union européenne à l’horizon de l’automne 2027. Le pétrole russe est déjà soumis à un embargo, décidé après l’invasion de l’Ukraine. Pour pallier le manque créé par une éventuelle interdiction, l’Europe cherche en parallèle à s’approvisionner davantage du côté des États-Unis. Washington devrait même « devenir le premier fournisseur de gaz du continent en 2026 » et représenter 80% des importations de GNL d’ici à 2028, selon l’IEEFA. 

« La guerre au Moyen-Orient a accru la dépendance de l’Europe envers ses deux principaux fournisseurs de GNL, les États-Unis et la Russie. La crise énergétique de 2026 démontre que tant que les pays européens choisiront de dépendre du gaz, ils devront accepter les risques géopolitiques qui en découlent », estime Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste en énergie de l’IEEFA citée dans le communiqué. 

C.Q