Confronté au déclin de sa production pétrolière, l’Angola intensifie ses efforts pour attirer de nouveaux investisseurs sur ses bassins en mer encore peu explorés.
L’Agence nationale angolaise du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) et le groupe australien Woodside Energy ont signé un mémorandum d’entente portant sur l’évaluation du potentiel de trois blocs offshore en Angola : les blocs 25, 26 et 43. L’accord signé fin avril porte sur des périmètres situés dans les bassins de Benguela et de Namibe, en eaux profondes et ultra-profondes, des zones encore relativement peu valorisées par rapport aux principaux pôles historiques de production du pays.
L’accord ouvre une phase d’étude destinée à identifier d’éventuelles opportunités d’investissement. Les travaux prévus portent sur l’analyse de données géologiques et géophysiques, notamment des données sismiques 2D et 3D, des rapports de puits déjà forés ainsi que d’autres informations techniques. À ce stade, l’entente ne constitue pas un contrat d’exploration engageant les deux parties sur des investissements. Elle permet à Woodside d’avoir accès aux données du sous-sol afin d’évaluer le potentiel commercial des blocs avant toute décision ultérieure.
Pour l’agence angolaise, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à relancer l’exploration et à renforcer l’attractivité du secteur pétrolier national auprès des investisseurs internationaux.
L’Angola sous pression pour renouveler ses réserves
L’arrivée de Woodside intervient dans un contexte de pression croissante sur l’industrie pétrolière angolaise. Après plusieurs années de recul progressif de sa production, le pays est passé sous le seuil symbolique d’un million de barils par jour en juillet 2025, son plus bas niveau depuis mars 2023. Même si la production s’est ensuite stabilisée autour de 1,03 à 1,12 million de barils par jour, le pétrole demeure central dans l’économie angolaise, représentant plus de 90 % des exportations et environ 75% des recettes publiques.
Selon le FMI, la baisse de la production a contribué à fragiliser les finances publiques et la position extérieure du pays, dans un contexte où les revenus non pétroliers restent encore limités. Face à cette situation, Luanda cherche à accélérer l’exploration de nouvelles zones offshore susceptibles de renouveler les réserves et soutenir les revenus futurs du secteur.
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L’ANPG prévoit ainsi d’attribuer à court terme plus de 60 concessions pétrolières afin de stimuler les activités d’exploration. Les autorités ambitionnent également de mobiliser près de 60 milliards de dollars (environ 50,9 milliards d’euros) d’investissements sur cinq ans, notamment dans les projets offshore profonds et dans le développement gazier.
Une expansion africaine désormais plus ciblée
Pour Woodside, l’initiative angolaise s’inscrit dans une stratégie africaine encore limitée mais en expansion. Le groupe n’est aujourd’hui opérateur que d’un seul actif sur le continent : le champ offshore Sangomar au Sénégal, premier projet pétrolier du pays, dont la production a démarré en juin 2024.
Le projet constitue une référence importante pour le groupe en Afrique subsaharienne. En décembre 2025, Woodside indiquait avoir franchi le seuil des 50 millions de barils produits sur Sangomar, soit environ 8 % des ressources récupérables estimées du champ. L’entreprise y développe également des programmes de formation et de renforcement des capacités avec les autorités sénégalaises.
L’intérêt pour l’Angola intervient quelques mois après le retrait du groupe d’un autre projet régional. En mars 2025, Woodside avait renoncé à exercer une option d’acquisition sur le bloc PEL 87 dans le bassin d’Orange en Namibie, malgré le potentiel attribué à cette zone voisine de la découverte Mopane (estimation de 10 milliards de barils équivalents pétrole) opérée à l’époque par Galp.
Le mémorandum signé avec l’ANPG traduit ainsi une approche prudente et progressive de l’expansion africaine du groupe australien. Pour Woodside, l’objectif est d’accéder à de nouvelles options exploratoires sans engagement immédiat de capitaux lourds. Pour l’Angola, l’enjeu est désormais de convertir cet intérêt des compagnies internationales pour ses bassins en mer en nouveaux projets capables de ralentir le déclin de la production nationale et de soutenir durablement l’économie pétrolière du pays.