© Shutterstock – Le parquet général a requis sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne de 2007.
Le procès libyen de Nicolas Sarkozy entre dans sa dernière ligne droite. Mercredi, le parquet général a requis sept ans de prison contre l’ancien chef de l’État devant la cour d’appel de Paris, soit une peine plus lourde que celle prononcée en première instance.
Le ministère public considère Nicolas Sarkozy comme “le principal, l’unique bénéficiaire” mais aussi “l’instigateur” d’une association de malfaiteurs destinée à financer illégalement sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.
En septembre dernier, l’ancien président avait été condamné à cinq ans de prison. Cette fois, l’accusation demande également qu’il soit reconnu coupable de l’ensemble des infractions poursuivies : corruption, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens.
L’accusation évoque un “accord” avec Kadhafi
Selon le parquet général, Nicolas Sarkozy aurait conclu un “accord” avec le régime de Mouammar Kadhafi lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.
L’accusation estime que ce pacte visait à obtenir des financements occultes de la Libye en échange notamment d’un soutien sur le dossier judiciaire visant Abdallah Senoussi, beau-frère du dirigeant libyen et condamné en France dans l’affaire de l’attentat du DC-10 d’UTA.
Le parquet s’appuie notamment sur deux rencontres secrètes organisées fin 2005 en Libye entre Claude Guéant, Brice Hortefeux et de hauts responsables libyens.
Dans son réquisitoire, le ministère public estime que ces manœuvres ont contribué à “vicier le financement de l’élection suprême de la Ve République”.
Nicolas Sarkozy continue de clamer son innocence
Face à ces accusations, Nicolas Sarkozy maintient une ligne de défense inchangée depuis le début de l’affaire. L’ancien président affirme qu’”pas un centime” d’argent libyen n’a financé sa campagne présidentielle.
Son avocat, Christophe Ingrain, assure que “Nicolas Sarkozy est innocent” et affirme : “Il n’y a pas d’argent libyen dans sa campagne, dans son patrimoine”.
La défense promet désormais de démontrer “la parfaite innocence” de l’ancien chef de l’État lors des plaidoiries prévues dans les prochaines semaines.
Une affaire aux conséquences historiques
Ce procès reste sans précédent sous la Cinquième République. Après sa condamnation en première instance, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ancien président français à être incarcéré, passant vingt jours à la prison de la Santé avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Le jugement en appel est attendu le 30 novembre prochain. En cas de nouvelle condamnation, l’ancien président ne pourrait plus compter que sur un pourvoi en cassation.
Claude Guéant et Brice Hortefeux également visés
Le parquet général a aussi demandé la confirmation des peines prononcées contre les anciens proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy.
Claude Guéant, condamné à six ans de prison en première instance, est accusé d’avoir bénéficié de fonds libyens via l’intermédiaire Alexandre Djouhri.
Concernant Brice Hortefeux, l’accusation réclame une peine identique à celle déjà prononcée, assortie de deux années de prison avec sursis supplémentaires.