La Libye et la Tunisie relancent le développement de leur gisement offshore commun de Zarat, avec l’ouverture prochaine d’un appel d’offres international piloté par la société mixte Joint Oil. Détenue par ETAP et Ola Energy Holdings, la coentreprise a mandaté le cabinet américain Moyes & Co pour superviser cette nouvelle phase destinée à attirer des partenaires internationaux.

Le projet porte sur deux actifs stratégiques en Méditerranée centrale. Le premier concerne le champ offshore de Zarat, situé à proximité de Sfax et Zarzis, à environ 90 mètres de profondeur. Découvert en 1992, ce gisement de pétrole et de gaz sera développé dans le cadre d’un accord de développement et de partage de production (DPSA), avec deux phases de forage comprenant chacune trois puits, ainsi qu’une étude sur le captage du CO₂.

Le second actif concerne un vaste bloc d’exploration tuniso-libyen de près de 3 000 km², bénéficiant d’importantes données sismiques 2D et 3D et déjà exploré à travers plusieurs puits. Son exploitation sera encadrée par un accord d’exploration et de partage de production (EPSA).

Selon Joint Oil, la localisation des deux actifs dans le bassin de Sabratha-Gabès constitue un atout majeur grâce à la proximité de plusieurs champs en production et d’infrastructures d’exportation déjà opérationnelles des deux côtés de la frontière maritime.

L’appel d’offres sera ouvert le 1er août 2026 et clôturé le 30 novembre. Les résultats définitifs sont attendus pour mars 2027. Les entreprises candidates devront justifier d’une expérience dans le développement offshore.

Ce nouveau lancement intervient après plusieurs tentatives infructueuses depuis 2016. Un précédent appel d’offres lancé en 2023 n’avait pas abouti, notamment en raison des défis techniques liés à la forte teneur en CO₂ du gisement de Zarat, qui nécessite des investissements importants en traitement et en réduction des émissions.

Pour la Tunisie, l’enjeu est stratégique. La production nationale de pétrole a reculé de 13 % en 2024, tombant à environ 28 800 barils par jour. Dans ce contexte, le développement de Zarat apparaît comme un projet clé pour renforcer la sécurité énergétique du pays et relancer les investissements dans l’offshore régional.