En octobre 2025, d’autres propos avaient entaché le conseil communal lors d’un débat sur l’avant-projet de loi du fédéral visant à autoriser des visites domiciliaires dans le cadre de l’exécution d’ordres de quitter le territoire.
Plusieurs partis avaient alors rappelé que Molenbeek s’était engagée à être une commune hospitalière. Réponse du chef de groupe Didier Milis : « La notion de commune hospitalière ne veut pas dire cache pour truands. » Le collège avait alors promis que les propos discriminants feraient l’objet de poursuites en justice.
Et il tient aujourd’hui promesse puisqu’à l’ordre du jour du conseil communal de ce mercredi 11 février 2026 figure un point du collège : l’exécutif molenbeekois demande au conseil « l’autorisation de porter plainte et de se constituer partie civile contre X concernant les propos racistes tenus lors de la séance du 21 janvier 2026. »
Pourquoi une plainte contre X alors que l’auteur des propos est connu ? Dans la majorité, personne n’a été capable de nous l’expliquer, nous renvoyant tous vers le bourgmestre faisant fonction, Amet Gjanaj (PS). De son côté, silence radio depuis plus de cinq jours.
Certains conseillers y vont donc de leur hypothèse : « c’est peut-être pour que la plainte soit annoncée en séance publique » (et pas à huis clos si on avait cité directement un nom).
Reste encore un point qui agace certains. La plainte concerne la séance du 21 janvier 2026 mais pas celle d’octobre dernier. Les propos du MR ne sont donc pas concernés.
Sont également exclus de la plainte les propos transphobes du chef de groupe socialiste, Rachid Ben Salah, lors d’un débat sur la parité en janvier 2025 : « Nous n’avons pas de personne trans ici, ça aurait fait l’affaire ! » (sous-entendu : pour avoir à la fois un homme et une femme). Les propos de ce même élu qui avait comparé, en novembre 2024, le haut et le centre de Molenbeek à Israël et Gaza, ne sont pas concernés non plus.
« Cette plainte fait un peu deux poids deux mesures, nous glisse un élu. On laisse passer des choses intolérables pendant des mois et, d’un coup, on décide de se bouger… »
Jamel Azaoum, pour sa part, sera donc ciblé par la plainte même si elle est déposée contre X. Il rappelle « combattre toute injustice. Je suis moi-même issu de la diversité, avec une double identité africaine et européenne. Je n’ai jamais eu d’ambiguïté. Je présenterai mes excuses lors de la prochaine séance du conseil communal. J’ai dit une connerie, c’est vrai. Mais, cette plainte, c’est de l’acharnement. »
Dernier fait notable : au lendemain de la séance du 21 janvier, Rachid Ben Salah, que certains auraient aimé voir aussi ciblé par une plainte vu certaines de ses déclarations passées, nous avait contactés. Il assurait alors que si le collège communal ne portait pas plainte contre Jamel Azaoum, il le ferait lui-même.